Avec ses 5 conditions posées contre les élections de décembre: Le Rassop se fait hara-kiri

Après plusieurs mois passés sans se réunir ni faire le point sur cette plateforme, seul héritage de regretté Etienne Tshisekedi légué à l’Opposition avant sa mort, il s’est tenue hier mercredi 18 juillet à Limete une rencontre réunissant quelques leaders du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au Changement (Rassop). Ce, sous la direction de son président politique, Félix Tshilombo Tshisekedi. Les membres ont essayé de réfléchir sur l’avenir de leur plateforme, sur la situation politique en RD Congo en cette période électorale. Avec regret, l’on constate que tous ceux qui sont à la tête du Rassop/Limete planent encore dans le surnaturel. « Si la tête est malade, c’est tout le corps qui en fait les frais », renseigne un adage. Et comme le Rassop est mal dirigé, rien ne peut aller. Pour preuve, le G7 a même refusé de signer le communiqué final, faute de s’accorder avec le fils Tshitshi. Tout, en effet, laisse présager qu’à quelques mois des élections, on apprendra beaucoup sur cette plateforme.

Alors que l’on s’attendait à une suite favorable sur la problématique-clé qui frappe l’Opposition quant à la candidature unique pour la prochaine présidentielle, le Rassemblement/aile Limete s’est penché hier sur du ‘’déjà entendu’’. Chose que les Congolais ne veulent plus en cette période très cruciale pour l’avenir de leur pays. Malheureusement, le Rassemblement revient sur cinq conditions pour sa participation aux élections prévues le 23 décembre prochain, du reste déjà données par l’UDPS et sans issues. Alors que le go de ce processus électoral a été donné par la CENI, à travers le dépôt des candidatures dans les différents Bureaux de réception et de traitement des candidatures disséminés sur l’ensemble du territoire national, rien, voire personne ne peut se dresser en obstacle à son avancement.

Quand Tshilombo, Fayulu et consorts reviennent sur ces exigences pour mettre fin à la prétendue « gravité de la situation actuelle entretenue par les initiatives provocatrices du régime en place qui menaceraient le processus électoral, la stabilité du pays et de la région », tout porte à croire que les accusés n’ont rien à voir avec les griefs mis à leur charge. Par ailleurs, l’Opposition patauge et s’auto-exclut de ce processus électoral, fruit d’une volonté politique inavouée du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange qui tient à une alternance politique démocratique et pacifique.

Le Rassop, à l’exception du G7, parle d’une parodie d’élections, alors que toutes les composantes de cette plateforme ont déposé les listes de leurs candidats pour les prochaines législatives provinciales. Et bientôt, ils seront appelés à déposer les listes de leurs candidats députés nationaux et présidents. Qui trompe qui ? Voilà pourquoi les discussions devraient tourner autour de la candidature unique de l’Opposition, plutôt que de continuer à charger Kinshasa. Un théâtre de mauvais goût qui n’a plus sa raison d’être.

Parmi les conditions formulées, le Rassemblement exige l’extirpation du fichier électoral de plus de 10 millions d’enrôlés fictifs ; le retrait de la machine à voter, non prévue dans le calendrier de la CENI ni dans la loi électorale ; la mise en œuvre effective des mesures de décrispation ; la redynamisation de la CENI avec le remplacement du délégué de l’UDPS en lieu et place de l’actuel rapporteur et enfin, la non-représentation de Joseph Kabila pour un 3ème mandat.

Des questions qui ne trouvent leurs réponses que dans la Constitution, comme le réitère le Chef de l’Etat qui tient au respect strict de cette loi fondamentale de la République. D’autres ne relèvent que de la mauvaise foi de cette frange de l’Opposition qui tient à la violence et à la désobéissance civile.

Car, à en croire Corneille Nangaa, président de la CENI qui intervenait aux travaux de la tripartite Gouvernement-CNSA-CENI, extirper les enrôlés « fictifs » constituerait une violation flagrante des dispositions légales et réglementaires qui ont bel et bien prévu la possibilité de l’inscription sans empreintes de certains électeurs. Ces inscriptions ne devraient donc susciter aucune inquiétude dans la mesure où, elles ont toujours été précédées de l’identification desdits électeurs.

Dès lors, il ne peut nullement s’agir d’électeurs fictifs ; mais des personnes bien vivantes, préalablement identifiées au vu des pièces d’identité probantes, consignées dans la fiche d’identification et disposant des photographies dans la base des données. A ce sujet, il y a lieu de relever que la recommandation du rapport final d’audit suggérant la radiation des électeurs inscrits sans empreinte concerne uniquement les électeurs ne disposant ni d’empreintes ni de photographies et dont le total s’élève à huit mille six-cent trente-quatre (8.634) à l’échelle nationale.

Si le Rassop estime que le fait d’avoir déposé les listes de ses candidats aux élections provinciales prouve à suffisance sa bonne foi ainsi que sa détermination d’aller aux élections en décembre, il ne doit pas pour autant se comporter en accompagnateur de la Majorité présidentielle. Et comme dans un match de football, l’arbitre ne pourra que constater le « forfait », et l’adversaire sera sacré champion.

Par ses affirmations, le groupe de Limete envisagerait-il déjà un boycott des élections ? Aucun cadre n’a voulu se prononcer officiellement quant à ce, rapporte une consœur journaliste. Toutefois, le Rassemblement invite à une mobilisation de la population congolaise pour obtenir la tenue des élections libres, crédibles et transparentes en 2018.

Rassop et Ensemble, la guerre ?

Soulignons que la déclaration publique lue par le docteur Bwasa a été marquée par la non signature du G7, l’un des regroupements des Katumbistes au Rassemblement. Oui, si aujourd’hui ou demain, l’on ne saura pas analyser ce boycott, l’option est claire : il s’agit plutôt d’une guerre entre deux frères qui veulent bénéficier de la bénédiction du père. Dans le contexte biblique de l’ancien testament, Jacob l’a fait à Esaü, et le résultat est connu de tous. Moïse Katumbi, loin du pays, sait que son proche Félix Tshilombo manigance, pour rester le candidat unique que recherche l’Opposition. Et ce, bien que Kamerhe s’annoncerait, et que  Bemba menacerait. Ainsi, il faut trouver des remèdes pour le stopper à la régulière. Ça commence déjà et ça va se savoir. Les acolytes de Katumbi dont Pierre Lumbi, alors président du Conseil des Sages du Rassop, n’ont pas apposé leur signature sur ce document. Ils ont préféré dépêcher des délégués, avec un mot d’ordre venu de la Belgique.

L’Alternance pour la République était représentée par Bertrand Ewanga, et le G7 par Didier Molisho, alors qu’à l’ouverture de ces réunions lundi, Félix Tshisekedi avait présidé pour quelques minutes avant de céder la présidence à Martin Fayulu, à cause d’un déplacement jugé urgent. Espérons qu’il y aura une prochaine rencontre pour parler candidature unique. Pour l’heure, en effet, les Congolais sont déçus et continuent d’observer le jeu de cache-cache qui règne chez les radicaux.

De l’autre côté de la barre, le Front Commun pour le Congo (FCC), nouvelle méga plateforme lancée il y a peu par le président Joseph Kabila Kabange, son Autorité morale,  continue de mobiliser les Congolais soucieux de préserver l’héritage Congo, notre patrimoine commun. C’est dans ce sens que quiconque adhère à la Charte du FCC, s’engage à respecter la discipline entendue comme : une candidature unique à la présidentielle et un programme commun à défendre par tous. Une façon pour cette mégastructure de fédérer plusieurs forces déterminées à gagner haut-la-main les prochaines élections. Et cela, à tous les niveaux.

(Bernetel Makambo)

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