Avec la Monusco, le décompte est ouvert

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Ayant remplacé la précédente Mission d’observation des Nations Unies au Congo (MONUC) qui avait comme mission le maintien de la paix, le 1er juillet 2010, selon le mandat établi par la résolution 1925 (2010) du Conseil de sécurité du 28 mai, l’actuelle Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo (Monusco) est en sa phase de déclin au pays de Joseph Kabila. Autorisée à recourir à tous les moyens nécessaires pour mener à bien son mandat concernant, entre autres, la protection des civils, du personnel humanitaire et des défenseurs des droits de l’homme immédiatement menacés de violence physique, ainsi que le soutien du Gouvernement de la République démocratique du Congo dans ses efforts de stabilisation et de consolidation de la paix, cette mission a démontré plusieurs faiblesses, alors qu’ayant à son actif environ 20.000 soldats. Et c’est ce qui fait d’elle la plus grande mission de l’Onu dans le monde, mais qui selon Kinshasa, ne sert plus à rien. L’on a à plusieurs reprises évalué cette mission qui opère au Congo depuis plusieurs années, mais cette fois-ci, Kinshasa est catégorique. Le compte à rebours est donc ouvert pour plier bagages.

Lors de son point de presse de mardi 3 mars, le Vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu a fait savoir la détermination de son gouvernement de ne plus revoir cette mission de l’Onu sur sa terre d’ici deux ans. Bien que cette dernière vient de renouveler son mandat en RDC, avec une mission plus ou moins centrée sur le processus électoral, que Kinshasa ne digère même pas. Ainsi, le gouvernement congolais considère le nouveau mandat de la MONUSCO comme l’avant-dernier et attend de l’ONU la concrétisation de sa stratégie de retrait « échelonnée, coordonnée et exhaustive » de sa mission en RDC dans deux ans.

C’est la seule et l’unique position de la RDC quant à la résolution 2409 du Conseil de sécurité de l’ONU qui a renouvelé d’un an le mandat de la MONUSCO. Position qu’avait déjà prise le président de la République Joseph Kabila lors de son dernier face à la presse en affirmant qu’ : « il est clair que près de vingt ans après son déploiement, la force onusienne ne peut nourrir l’ambition de rester indéfiniment dans mon pays, ni d’y exercer son mandat avec le même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées ».

Contrairement à ce que prévoit la résolution 2409 sur le retrait progressif de la mission, Kinshasa, par le biais de She Okitundu ne veut plus renégocier. Par ailleurs, il compte obtenir le plus rapidement que possible le départ de la mission de l’ONU. Ainsi, l’on doit déjà ouvrir la série de jour-j-.

De la petite histoire

Le Conseil a autorisé à la MONUSCO d’avoir un effectif maximal de 19 815 soldats, 760 observateurs militaires, 391 fonctionnaires de police et 1 050 membres d’unités de police constituées, en sus des composantes civile, judiciaire et pénitentiaire appropriées.

Les reconfigurations futures de la MONUSCO seront fonction de l’évolution de la situation sur le terrain et de la réalisation de ces objectifs : achever les opérations militaires dans les Kivus et la Province Orientale; améliorer les moyens dont dispose le Gouvernement pour protéger efficacement la population; et renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Le mandat de la MONUSCO est détaillé dans la résolution 2053 (2012) adoptée par le Conseil de sécurité le 27 juin 2012.

Le 28 mars, face aux vagues de conflit récurrentes dans l’est de la République démocratique du Congo menaçant la stabilité et le développement de tout le pays et de la région des Grands lacs, le Conseil de sécurité a décidé, par sa résolution 2098, de créer une « brigade d’intervention » spécialisée pour une période initiale d’un an et dans les limites de l’effectif maximum autorisé de la MONUSCO de 19 815 hommes. Elle comprend trois bataillons d’infanterie, une compagnie d’artillerie, une force spéciale et une compagnie de reconnaissance et sera placée sous le commandement direct du commandant de la force de la MONUSCO, qui aura pour responsabilité de neutraliser les groupes armés et pour objectif de contribuer à réduire la menace que représentent les groupes armés pour l’autorité de l’État et la sécurité des civils dans l’est de la République démocratique du Congo et de préparer le terrain pour les activités de stabilisation.

Le Conseil a également décidé que la MONUSCO renforcerait la présence de ses composantes militaire, policière et civile dans l’est de la République démocratique du Congo et réduirait sa présence, dans toute la mesure du possible pour l’exécution de son mandat, dans les régions non affectées par le conflit, en particulier à Kinshasa et dans l’ouest de la RD Congo.

Le 28 mars 2014, le Conseil de sécurité, par sa résolution 2147, a prorogé jusqu’au 31 mars 2015 le mandat de la MONUSCO en République démocratique du Congo et de sa brigade d’intervention à titre exceptionnel et sans créer de précédent ni sans préjudice des principes convenus du maintien de la paix, dans les limites de l’effectif maximum autorisé de 19 815 militaires, 760 observateurs militaires et officiers d’état-major, 391 policiers et 1 050 membres d’unités de police constituées.

Dans la même résolution, le Conseil a noté la nécessité d’une stratégie de sortie clairement définie et a décidé que les reconfigurations futures de la MONUSCO et de son mandat seront fonction de l’évolution de la situation sur le terrain et des progrès vers la réalisation des objectifs fixés conformément aux trois priorités énoncées dans le concept stratégique, à savoir la protection des civils, la stabilisation et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la République démocratique du Congo et la région.

Le 30 mars 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté  une résolution dans laquelle il proroge jusqu’au 31 mars 2017 le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et insiste sur la tenue des élections prévues à la fin de l’année.

Constatant que la situation en RDC constitue toujours une menace pour la paix et la sécurité internationales dans la région des Grands Lacs, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi une résolution prorogeant de 12 mois, jusqu’au 31 mars 2018, le mandat de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) et réduisant les effectifs militaires de la Mission de 3.600 Casques bleus.

Le 27 mars 2018, le Conseil de sécurité a décidé de proroger jusqu’au 31 mars 2019 le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) en lui fixant comme priorités stratégiques d’assurer la protection des civils et d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral.

Adoptée à l’unanimité en application du Chapitre VII de la Charte, la résolution 2409 (2018) a fixé ces priorités stratégiques suite aux recommandations présentées par le Secrétaire général dans son rapport sur l’examen stratégique de la Mission. Le mandat de la Mission doit être exécuté « sur la base d’une priorisation des tâches » détaillée dans le texte de la résolution.

En matière de protection des civils, les priorités sont notamment d’assurer une « protection efficace, dynamique et intégrée » des civils menacés de violences physiques dans le cadre d’une « approche globale », notamment en dissuadant et en empêchant tous les groupes armés et toutes les milices locales de commettre des violences contre la population ou en intervenant pour y mettre fin.

Le Conseil « condamne fermement tous les groupes armés » opérant en RDC, exige qu’ils mettent immédiatement fin à toutes les formes de violence et demande que les Forces armées de RDC et la MONUSCO mènent des opérations conjointes pour les neutraliser.

Dans ce cadre, la résolution proroge également, « à titre exceptionnel et sans créer de précédent ni remettre en cause les principes convenus régissant les opérations de maintien de la paix », le mandat de la Brigade d’intervention de la Mission. Chargée de « neutraliser les groupes armés », celle-ci est désormais placée sous le commandement direct du commandant de la force de la MONUSCO.

Outre un rapport trimestriel sur l’état d’exécution du mandat de la MONUSCO, de mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral, le Secrétaire général devra aussi tenir le Conseil « informé par écrit tous les 30 jours » des progrès réalisés aux niveaux politique et technique vers la tenue des élections. Il devra également procéder, d’ici à septembre prochain, à un « examen complet des performances de toutes les unités de la MONUSCO », y compris dans le cadre de la politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles.

(Bernetel Makambo)

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