Avant-même les forces internes mandatrices: La primeur des Actes réservée à…la Belgique !

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«J’ai reçu ce midi des représentants de l’opposition en République Démocratique du Congo (RDC), qui se sont réunis ces derniers jours à Genval. La Belgique salue le travail de rassemblement effectué cette semaine afin de parvenir à des positions communes de l’opposition. J’espère que cela se traduira par un réel échange entre la majorité et l’opposition, dans un cadre propice, tel que souhaité par l’Union Africaine. Cela doit s’inscrire dans le cadre de la Résolution 2277 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies en vue d’un démarrage du processus électoral». C’est qu’on pouvait lire dans le compte twitter du vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders à qui la primeur de la Déclaration du 10 juin 2016, jour même de la clôture de la conférence des forces politiques et sociales dites acquises au changement en République Démocratique du Congo avait été réservée…
Les photos sont suffisamment éloquentes : la première montre le VP libéral francophone belge entouré de quelques membres de la délégation des « conclavistes » dont Mwando Simba, Félix Tshisekedi, Kamitatu, Fayulu et Mayombe avec, en arrière-plan, les drapeaux de la RDC et de la Belgique. Il ne manquait qu’à faire entonner les hymnes nationaux.
Dans les deux dernières photos, les «conclavistes» partagent un petit-déjeuner avec les autorités belges. Preuve pour quiconque est au parfum des usages diplomatiques tatillons du protocole de l’ancienne métropole qu’ils étaient attendus de longue date au Palais d’Egmont puisque, laisse-t-on entendre, ils étaient encore debout à Bruxelles-Genval aux premières heures du matin. Un véritable parrainage assumé de la part des autorités du Royaume de Philippe Ier qui semble faire fi des règles élémentaires des conventions internationales.
Autre certitude établie : Thomas Perrielo, Envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, avait longuement reçu le parrain du conclave, M. Etienne Tshisekedi avant l’ouverture de ce forum et que dans son discours de circonstance, coïncidence fortuite ou non, le lider maximo de l’Udps avait ajouté les Usa dans le panel du quartet «Ua-Onu-Ue-Oif» du groupe d’accompagnement de la facilitation Edem Kodjo composée alors que ces 4 organisations n’avaient demandé que l’appui de la Cirgl et de la Sadc, conformément à l’Accord d’Addis-Abeba.
Même en restant convaincu que le dialogue – « valeur fondamentale en démocratie et composante de l’ADN de notre peuple, demeure, comme nous n’avons cessé de le dire, la voie indiquée pour nous sortir de la crise », et en affirmant qu’« en toute logique, nous ne pouvons donc pas nous en départir», le président de l’Udps a posé comme condition de participation à ce forum la présence d’un «panel des représentants des organisations suivantes : les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie et les Etats-Unis d’Amérique, en vue d’assurer la garantie de bonne fin des résolutions du dialogue politique». Ceci dans le discours. La non citation des organisations sous régionales Cirgl et Sadc par Etienne Tshisekedi est tout sauf banale…
Dans l’Acte final, les conclavistes de Genval ont eux aussi soigneusement évité de citer la Cirgl et la Sadc. Il y est fait mention de « la mise en œuvre intégrale de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sous la modération du facilitateur international renforcé par un panel des représentants des Nations-Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, de l’Organisation Internationale de la Francophonie ainsi que des Etats-Unis d’Amérique ».
Constitution menacée de liquidation
C’est avec beaucoup d’amertume que la plupart des Congolais, fiers de leur indépendance et jaloux de la souveraineté de leur pays, au-delà des convictions politiques ou philosophiques ont accueilli cette pantalonnade néocoloniale.
En effet, jamais, de mémoire de Congolais on n’avait assisté à pareil spectacle d’acteurs politiques – fussent-ils très montés à l’endroit des dirigeants au pouvoir – réserver à des dirigeants étrangers la primeur des actes émanant de leurs assises, et encore des actes non finalisés.
Effectivement, les actes de Bruxelles-Genval le sont en ce que les forces ayant mandaté leurs délégués n’ont pas encore eu le temps d’émettre leurs avis et considérations qu’elles se trouvent maintenant comme piégées. Elles ne peuvent pas faire des objections, même fondées, au risque d’être indexées par les puissances occidentales qui se permettent de revendiquer le pouvoir de dicter aux Congolais les priorités de leurs actions. D’ailleurs, c’est au lendemain de la remise aux autorités belges de la documentation que les « conclavistes » ont annoncé la première réunion du Conseil des sages en vue de définir le critérium de la désignation des membres pendant que la Coordination, chargée d’exécuter les résolutions de la Conférence, ne sera opérationnelle qu’à l’issue de la mise en commun de celles-ci.
Cette méthodologie de travail laisse supposer qu’à chaque étape à franchir dans l’exécution des Actes d’engagement, il va falloir rendre compte aux «parrains» et, assurément, en attendre des instructions, en fonction de leur propre appréciation de l’évolution de la situation sur le terrain. De toute évidence, ces Congolais-là ont décidé de faire sous-traiter le destin de leur pays par des étrangers, même si ces derniers se font passer pour des amis du Congo.
Manifestement un des rares à prendre conscience de cette forfaiture, M. Etienne Tshisekedi avait, lors de son discours d’ouverture fait allusion à un «sursaut patriotique comme il y a 56 ans à Bruxelles où les nationalistes congolais venus à la Table Ronde ont su taire leurs divergences, toute étroitesse d’esprit et tout égoïsme pour ne privilégier que l’intérêt du Congo », mais il ne semble pas qu’il ait été suivi par la meute conditionnée par les maîtres autoproclamés du monde. Tout indique qu’en échange de la reconnaissance de son leadership par les jeunes loups aux dents longues venus de Kinshasa et du Katanga, le vieux leader se soit senti obligé de concéder en attendant de voir venir. Etonnante par contre est l’attitude de ses compères comme Mwando Simba et Kyungu wa Kumwanza qui ont vécu comme lui les conséquences dramatiques de la sous-traitance du sort de notre peuple par l’ancienne puissance coloniale après l’indépendance, notamment avec les hécatombes des sécessions katangaise et kasaïenne, de la mutinerie de l’armée nationale, de la liquidation de la légalité constitutionnelle (neutralisation du Gouvernement Lumumba), de la première intervention de la Mission onusienne au Congo et des rébellions qui marquèrent la 1ère République justifiant l’avènement de la dictature mobutienne sans en tirer la moindre leçons.

Au cours de ces 56 ans, aucune explication valable n’est jusqu’ici été donnée aux Congolais pour expliquer pareil déchaînement des faits assimilable à la fatalité.
En toute logique, Bruxelles-Genval aurait dû être l’occasion d’interpeller les «parrains» sur leur volonté réelle par rapport au Congo. Hélas !, elle a plutôt tracé le retour au schéma des séditions et des sévices au simple motif, d’un côté, de rejeter l’arrêt de la Cour constitutionnelle en interprétation de l’alinéa 2 de l’article 70 et, de l’autre, de ne même pas évoquer les articles 75 et 76 de la Constitution, pourtant surmédiatisés par l’Opposition pour soutenir la thèse du vide juridique en cas de non-tenue de l’élection présidentielle au plus tard le 19 ou le 20 décembre 2016.
En un mot, les «conclavistes» brandissent la menace de la liquidation de la Constitution. Et comme par un concours des circonstances planifié, le leadership sous lequel se place prétendument «la lutte du peuple congolais au service de l’alternance et de l’Etat de droit» est celui du principal donneur d’ordre du boycott du référendum constitutionnel des 18 et 19 décembre 2005, c’est-à-dire de l’homme qui n’a jamais trouvé son compte dans la Constitution du 18 février 2006.
«Parrains» et «filleuls» qui se sont retrouvés à Bruxelles-Genval le savent. L’autre question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si tous ont la même capacité d’avaler l’autre «patate chaude», celle connue de tous les observateurs avertis de la scène politique congolaise : Etienne Tshisekedi est d’une imprévisibilité à nul autre pareil. Il ne tient aucun des engagements qu’il prend ni dans son propre parti, ni dans des familles politiques auxquelles il fait adhérer l’Udps depuis 1990. C’est sa marque déposée ! Moins avertis, certains «conclavistes» finiront bien par l’apprendre à leurs dépens. D’autres, mieux avertis, entendent s’en servir pour se servir…
Omer Nsongo die Lema

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