Aux journées sociales du CEPAS: A. Minaku conseille l’amélioration et l’optimisation de la représentation

par -
0 298
Aubin Minaku, lors de son arrivée à Lubumbashi
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

C’est aujourd’hui que se clôturent à Kinshasa les trois journées sociales organisées par le Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS), ayant comme thème « Justice – paix – travail : fondement d’un ordre social pour le peuple ». Pour la première journée, soit le 06 mars dernier, l’honorable président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a décortiqué le paradoxe et les contours de la représentation. D’entrée de jeu, il a donné l’état des lieux de la Rdc depuis son accession à la souveraineté internationale, son histoire est jalonnée de plusieurs séquences électorales ayant conduit à l’installation des représentants du peuple au Parlement, fut-il monocaméral ou bicaméral.

Et le président de l’Assemblée nationale de rappeler qu’après les expériences des joutes électorales de 1960, la Rdc fut longtemps le théâtre de processus électoraux opposant, dans le contexte d’un régime totalitaire, des cadres et partisans d’un parti unique. Ce fut l’époque d’une démocratie piégée, les fonctions de la représentation nationale étant détournées au profit de la primauté du parti sur l’Etat. Plus tard, à l’issue des travaux de la Conférence nationale souveraine, la Rdc est passée par une longue suite de régimes de transition entrecoupés par des rébellions et ayant ignoré le bien-fondé de la démocratie représentative qui place les élections au cœur de l’action étatique.

Il a donc fallu attendre l’avènement de la 3ème République pour qu’à la faveur de la constitution du 18 février 2006, des élections répondant au standard universel, en dépit de certaines imperfections signalées, soient à nouveau tenues en Rdc. Mais à chaque fois, en 2006 comme en 2011, après l’euphorie et l’enthousiasme suscité par l’espoir de l’alternance politique renforcé par les horizons d’une redistribution des cartes, voire du renouvellement de la classe politique, se sont toujours installés des temps de désillusion et d’une frustration légitime que Mme Véronique Bertille, Maître de  conférence à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV, attribue à la dégradation de la confiance des électeurs en leurs élus.

Pour ce qui est de l’approche théorique, parler de la représentation revient aussi, indirectement, à parler du représenté donc du peuple. Mais l’élu, qui est-il ? Il n’est pas seulement le mandataire appelé à faire la volonté du peuple, mais aussi et surtout la personne qui a reçu par la voie du suffrage le pouvoir de vouloir et de faire pour le peuple, c’est un détail plus qu’important. « Quant à l’approche pratique, la démocratie représentative une fois définie, il m’a semblé intéressant d’offrir une appréciation empirique bâtie sur des pratiques institutionnelles et/ou politiques qui recadrent avec plus de clarté la thèse du paradoxe de la représentation », explique-t-il.

Des interrogations

En bref, il a épinglé la gestion déficitaire des vacances parlementaires, le système de vote facultatif, le dédoublement des buts d’un contrôle parlementaire, la question de l’assiduité des élus, le cumul des mandats, l’absentéisme parlementaire, l’absentéisme électoral, le pouvoir de vouloir pour le peuple, la fragmentation du peuple, la dictature de la rue et le déficit de représentativité de certaines catégories sociales (les femmes, les personnes vivant avec handicap, les pygmées, …).

Pour Aubin Minaku, ces pratiques soulèvent des interrogations en ce qu’elles éprouvent en fait la définition première de la représentation, voire de la démocratie, et révèlent les défauts, ou plutôt les faiblesses du système représentatif en vigueur en Rdc. Disons que les paradoxes de la démocratie ou de la représentation sont un sujet inépuisable, même s’il y a lieu de nuancer pareille conclusion. Quoi que la notion de quorum règle, dans une certaine mesure, la question de l’absentéisme parlementaire, ce phénomène prend plutôt, dans notre société, les allures d’une antivaleur. Nous sommes une société qui s’efforce de se revaloriser par le travail et l’entreprise.

Nonobstant, il y a grand intérêt à repenser les relations électeurs et élus du peuple. C’est le temps de la prise de conscience face aux enjeux démocratiques de l’heure.  Pour atténuer les effets négatifs de la connexion des élus vis-à-vis de leurs électeurs, Bertille propose la thérapie de la responsabilité : responsabilité des élus, qui passe par un investissement total dans son mandat – présence à l’hémicycle – et responsabilité des électeurs, qui passe par l’accomplissement de leur devoir citoyen – participation électorale.

Pour Minaku, il faut déjà songer à l’amélioration et à l’optimisation de la représentation. L’option devrait conduire à suggérer comme voies : la promotion de la parité homme-femme dans les Assemblées délibérantes, la suppression du système de cumul de mandats (député et membre du Conseil d’administration d’une société étatique), le renforcement du contrôle parlementaire, l’allocation aux représentants du peuple des ressources financières ou autres plus conséquentes pour favoriser des interventions d’ordre social dans leurs circonscriptions, assurer aussi bien l’effectivité de séjour dans leur circonscription en cours des vacances parlementaires que la rédaction du rapport de vacances, lequel devra comporter l’esquisse de solutions aux problèmes inventoriés à la base ; par un effort de conscientisation des forces vives de la Société civile, donner à leur mission une orientation nouvelle par rapport aux fonctions législatives et de contrôle de la représentation nationale : memoranda et pétitions contenant des « projets » de lois tenant compte des attentes actuelles du peuple ou des dénonciations faites en bon civisme pour déclencher un contrôle parlementaire.

Que les volontés du peuple soient données pour généralement sacrifiées au profit de l’un ou l’autre « pôle » de notre scène politique est un fait qui relève justement du paradoxe de la représentation : en démocratie de type occidental, celle-là même qui a inspiré la nôtre de par le fait colonial, le peuple est fragmenté. D’un côté fonctionne la majorité avec ses partisans, de l’autre se déploient les acteurs politiques de la « minorité » que la pudeur politique conseille de nommer l’Opposition.

Au fait, en démocratie, suivre la volonté du peuple, c’est le plus souvent suivre les choix de la majorité et plus rarement l’option de l’unanimité ou du phénomène, encore qu’il s’agisse chaque fois de ceux des citoyens qui ne sont pas « abstenu » de voter. Notre peuple est donc plutôt invité à une participation civique plus accrue dans la gestion de la chose publique, ce en suffisante parité homme-femme.

(Jean-Marie Nkambua)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse