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L’Assemblée nationale opte pour une mission d’enquête parlementaire

Convaincu techniquement et médicalement par les réponses du ministre de la Santé publique, Félix Kabange Numbi, le député national Emery Okundji reste du moins perplexe sur la gestion de l’hôpital du Cinquantenaire. Pour voir claire sur le fonctionnement de ce grand centre hospitalier de Kinshasa, l’élu de Lubefu a sollicité et obtenu de la plénière une mission d’enquête parlementaire qui va chercher à en savoir un peu plus sur les soins, le coût et la qualité du traitement administrés aux patients.

C’est à l’issue de la question orale sans débat lui adressée par le député national Emery Okundji, que le ministre de la Santé publique Félix Kabange était devant les élus du peuple pour fournir des réponses appropriées aux préoccupations exprimée par l’élu de Lubefu. Emery Okundji voudrait avoir du ministre de la Santé publique les circonstances de la mort de Mme Julieta Firminho, étudiante à l’Université Protestante au Congo (UPC).

Au regard des éléments des réponses fournies par le ministre de la Santé, il apert que Mme Julieta Nesengui dont la mort a ému toute la communauté estudiantine puis la communauté congolaise et angolaise, est morte à Ngaliema Médical Center dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 février 2015. Cette Clinique n’a eu qu’à enregistrer le décès de cette étudiante, quelques heures plutôt pour une hémodialyse par l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa.

Cependant, dès l’annonce de son décès, le ministre Félix Kabange a initié une mission d’enquête par ses différentes lettres et décisions, puis ordre de mission collectif en vue de recueillir les informations administratives et médico techniques relatives à ce décès. « Notons que le dimanche 15 février 2015, je me suis déplacé personnellement à l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa de 09h à 12h30 pour recueillir les informations relatives au décès. La commission ad hoc mise en place était constituée de 15 personnes dont 6 du ministère de la Santé publique, 3 du ministère de l’Intérieur et sécurité, 4 du Conseil national de l’Ordre des Médecins et 3 de l’Association des infirmiers du Congo », a-t-il indiqué.

Dans ses réponses, le ministre a indiqué qu’en date du 06 février courant, la défunte avait consulté l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa pour la première fois pour cause de saignement génital, faiblesse, vertiges et érosions au niveau du col. Le ministre souligne par ailleurs qu’aucun diagnostic n’a été retenu, mais une colposcopie avait été indiquée pour le 21 février de la même année. « Le 09 février 2015 lors de la deuxième visite médicale pour des orientations sur la poursuite ou non de la contraception, la colposcopie a été avancée au 14 février 2015 sans aucune raison. Après la réalisation de la colposcopie le 14 février 2015, la malade a présenté le tableau suivant : vomissements cataclysmiques, hémorragie génitale abondante, diathèse hémorragique, c’est-à-dire hémorragie généralisée, effondrement des paramètres hémodynamiques et coma. Le tout dans un contexte supposé d’ingestion de formol, de transfert très tardif et inadéquat, la patiente serait décédée dans un état de choc réfractaire, c’est-à-dire un choc qui n’a pas pu être corrigé à temps », a-t-il précisé.

Les observations retenues malgré les difficultés rencontrées par la commission

A l’annonce de la mort de Mme Julieta Nesengui, la journée du dimanche 15 février et lundi 16 février 2015 avaient été perturbées par les étudiants de l’Université Protestante au Congo à travers une forte manifestation suivie de dégâts matériels, sous prétexte que le médecin de l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa l’aurait administré du formol en lieu et place de l’eau dont elle avait besoin.

Le ministre de la Santé publique a souligné devant les élus du peuple que malgré les différentes difficultés rencontrées par la commission tout au long de la réalisation de la mission, 14 observations ont été retenues notamment, que la référence de la patiente Mme Julieta Nesengui s’est faite de l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa vers Ngaliema Médical Center en passant par le Centre EPU-Renal de Kintambo pour hémodialyse, car l’unité de dialyse du Cinquantenaire n’est pas encore fonctionnelle. Il faut dire que le dossier médical de Julieta qui n’a été confié à la commission que 4 jours après le début de la mission, contenait les éléments très contradictoires traduisant une falsification des données. « On note l’administration des plusieurs produits à la patiente dont certains difficiles à déchiffrer », indique Félix Kabange. De poursuivre que somme toutes, le tableau clinique de Mme Julieta Nesengui présentait une discordance criante avec les résultats des examens paracliniques présentés, ce qui laisserait croire à une manipulation des données.

La commission a soutenu que l’infirmière de la salle de colposcopie de l’Hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa a été présentée sous deux noms différents, lors de la visite d’inspection du ministre sous le nom de Mme Jency et pendant le reste des auditions sous le nom de Sabitha. La commission avait noté que Docteur Monis, Gynécologue indienne et médecin traitant de feu Mme Julieta Nesengui avec l’infirmière Sabitha qui l’assistait ont abandonné la patiente seule dans la salle immédiatement après l’examen et cela sans raison et sans aucune assistance.

« La consommation du formol serait un montage, parce qu’un adulte intellectuel et lucide ne peut jamais boire ne fut-ce qu’une goutte, même dans le cas où on le lui donnerait par erreur. Le formol utilisé pendant l’examen de colposcopie état soit disant concentré à 40%, alors que pour le besoin de conservation ordinaire, on utilise plutôt un formol de 10% ou moins. Toutefois, sur la bouteille Swista contenant du formol, il n’y avait aucune mention du pourcentage ou de concentration du produit », avait dit le ministre.

La commission note également l’observation selon laquelle, la présence des signes d’irritation liés à l’intoxication au formol est due fort probablement à une ingestion passive via la sonde nasogastrique dans le but de masquer la vraie cause. La commission observe également que les lésions de brulure chimique objectives en post-mortem dans la bouche de Julieta et rapportées par le médecin légiste n’ont été signalées nulle part depuis l’Hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa jusqu’à Ngaliema Médical Center, d’où une possible manipulation du cadavre après la mort pour masquer les vraies causes du décès. Il faut dire que le transfert de la patiente de l’HCK à Ngaliema Médical Center s’est fait très tardivement, près de 6 heures après la survenue de l’incident alors que son état de santé se dégradait davantage. La commission poursuit que l’équipe indienne avait déclaré qu’elle a pris contact avec Ngaliema Médical Center une fois seulement soit à 17h, mais Ngaliema Médical Center déclare que l’équipe de l’HCK s’est présentée à trois reprises, soit 12h, 14h et 19h.

Deux versions dans la prise du formol

S’agissant de la prise de formol qui est la cause présumée du décès de Mme Julieta Nesengui, l’hôpital donne deux versions, à en croire le ministre de la Santé publique. La première version selon laquelle l’infirmière indienne (Sabitha) a donné le formol à Mme Julieta Nesengui a été communiquée à son époux et aux autres médecins congolais de l’Hôpital du Cinquantenaire par le Gestionnaire et médecin chef de service des urgences. La deuxième version selon laquelle Mme Julieta Nesengui aurait consommé du formol en confondant les bouteilles a été soutenue tout au long des différentes auditions de la partie indienne, précise le ministre.

Félix Kabange a indiqué aussi que c’est sur son insistance que la bouteille de formol, c’est-à-dire une bouteille d’eau minérale de 1,5 litre et de marque Swista n’a été apportée dans la salle de colposcopie. Mais le nombre et l’aspect des bouteilles dans la salle de colposcopie (3 bouteilles transparentes et identiques sur le lavabo selon les gestionnaire de l’hôpital et l’équipe soignante (Dr Monis et infirmière Sabitha), alors que le constat fait dans la salle révèle la présence de trois flacons d’un litre non transparents dans l’armoire et non sur le lavabo contenant respectivement le Lugol, le Nitrate et l’Acide acétique.

En outre, le dossier médical de la patiente Mme Julieta Nesengui est sous deux versions, électronique et manuscrite, ce qui rend difficile la traçabilité. Ainsi donc, le transfert pour l’hémodialyse ayant été différé de plus de 6 heures, la patiente est arrivée à Ngaliema Center en état de choc très avancé avec une tension artérielle imprenable.

Du rapport de l’autopsie

Il ressort du rapport d’observation macroscopiques de l’autopsie réalisée le 22 février 2015 la présence de lésions labiales et linguales de type brûlure chimique ; gastrite érosive, massive et hémorragique avec présence de sang non coagulé dans l’estomac ; rein gauche petit et nécrosé ; utérus non gravide, mais présentant un col utérin avec des lésions cancéreuses et trois endroits de frottis-ponction, pâleur extrême de conjonctives bulbo-palpébrales, de paumes de mains et des plantes de pieds et absence d’urines dans la vessie.

« Notons que des prélèvements ont été réalisés pour des analyses toxicologiques et anatomo-pathologiques (sang cardiaque, bile, contenu gastrique, paroi de l’estomac, utérus et ses annexes). Les résultats partiels de ces analyses ont montré au niveau toxicologique des bases fortes présentes dans tous les prélèvements et la nature sera précisée après analyse approfondie. Ces analyses n’ont pas pu établir la présence de formol dans le sang et le contenu gastrique. Au niveau des examens anatomopathologiques, les analyses ont établi des lésions d’une insuffisance rénale aiguë », affirme le ministre de la Santé Publique, avant de préciser que Mme Julieta Nesengui est décédée dans le tableau d’insuffisance rénale aiguë sur fond d’intoxication à un produit alcalin dont la nature est encore à déterminer.

« En toute état de cause et selon toute vraisemblance, l’ingestion alléguée du formol n’a été qu’un montage pour justifier un décès de cause iatrogène consécutive à une erreur médicale. Cela étant, le Gouvernement a pris des mesures correctives allant dans le sens d’améliorer la gestion de l’hôpital par la revisitation du contrat de partenariat avec Padiyath Health Care après un an de gestion ainsi que l’amélioration de la qualité des soins dans cet hôpital de niveau tertiaire », a éclairé le ministre à la représentation nationale.

Pius Romain Rolland

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Une trentaine de femmes sortantes-retenues enfermées dans un local exigu

A l’hôpital Lisungi (traduire : Entraide) une trentaine de femmes sortantes-retenues expérimentent une situation de détenues, avec ce que cela implique de perte de dignité humaine. Il nous revient que cet établissement hospitalier d’obédience catholique est situé au quartier Cité verte, dans les périmètres de la place du Triangle, dans la commune de Selembao. Ce sont pour la plupart des mères sorties de Maternité et qui, au bout du compte, se sont révélées dans l’impossibilité d’honorer leurs factures dont la moins élevée, révèle la source, affiche cent-cinquante mille (150.000fc) francs congolais.

« Il y a des factures pour des soins de césarienne, et celles-là avoisinent trois-cent soixante mille (360.000fc) francs congolais. Comme le terme l’indique, les sortantes-retenues ci-concernées sont des déshéritées venues de Kasangulu, de Kimwenza, de Matadi-Kibala, des quartiers défavorisés de Mont-Ngafula et de Selembao. Certains bébés parmi les retenus ont déjà atteint l’âge de ramper », a témoigné un père de famille.

Pour l’heure, la gestionnaire de l’hôpital, une religieuse, n’admet pas de paiement partiel, en termes d’avance. Les maris des sortantes-retenues sont tenus de verser la totalité des frais au comptant. Face à leur cause commune, ces femmes ont développé une solidarité interne. Les rares qui reçoivent de visites partagent leur assiette avec d’autres. Survie oblige, elles se livrent et monnayent de petites occupations : nettoyer la lessive et la vaisselle d’autres malades, tresser les cheveux aux femmes qui s’apprêtent à sortir de la maternité.

Quid du phénomène sortant-retenu dans les établissements hospitaliers  

A l’instar du caméléon qui incarne des couleurs, la pauvreté, dans ses manifestations extrêmes, empêche l’individu voire les membres d’un foyer d’accéder aux soins de santé de qualité et de se prendre en charge. Dans le système éducatif congolais, l’école retourne chez eux les enfants qui ne peuvent payer les frais de scolarité. Dans le secteur des soins de santé par contre, quiconque n’honore pas la facture après un séjour hospitalier, est interdit de retourner chez lui.

« Si tu me donnes du poisson, je mangerai une fois ; si tu m’apprends à pêcher, je n’aurai plus faim », renseigne une sagesse chinoise. Faute d’agir sur les causes pour atténuer les effets, des politiciens congolais mesurent leur cote de popularité en tirant quelquefois sur la corde sensible qu’est l’expression d’une solidarité spontanée sur des sortants-retenus, partant de l’hôpital général de référence de Kinshasa. C’est alors que ces derniers sont quelquefois agréablement surpris en assistant, tambour-battant, à la solde de leurs dettes.

Quand le Chef de l’Etat en appelle à la solidarité nationale

En fin octobre 2013 devant le congrès, Joseph Kabila a prononcé un discours (dont un extrait suit), consacrant la clôture des assises des Concertations nationales. « Grâce aux Concertations nationales, demain sera différent d’aujourd’hui. L’émergence de la RD Congo exige en effet, que chacun s’engage et que, là où il sert la République, il s’améliore. Par- delà la mobilisation générale, c’est donc à un changement profond que nous sommes individuellement et collectivement appelés », a lancé le Chef de l’Etat.

(Citation) « Pour le pari de l’heure, en effet, le garant de la nation appelle à la mobilisation générale et à la prise de conscience collective. «Pour mettre en place les bases d’une société juste et bannir toute forme de discrimination afin de construire une société solidaire, nous devons assurer à nos frères et sœurs avec handicap une représentativité dans les institutions publiques et privées. Ils doivent être protégés. Je demande au gouvernement de concevoir et de mettre en application, dans le plus bref délai, un programme national relatif à l’éducation des enfants avec handicap. (…) (Fin de citation).

(Payne)

 

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L’Afrique entre la vocation des matières premières et l’impératif d’industrialisation

cloîtrées

Au moment où la Chine fait sa percée en Afrique, il s’observe que la plupart des pays qui ont ouvert les bras à la main-d’œuvre chinoise, ont ciblé les infrastructures comme secteur d’intervention. Pour l’heure, les observateurs se rendent à l’évidence que le continent fait face à plus d’une priorité, dont essentiellement l’industrialisation de son économie. Car depuis les indépendances, l’Afrique « garde » la vocation de fournisseur des matières premières sur le marché mondial. « Il faut faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale », a suggéré le Français Raymond Jarret, touriste et ami de l’Afrique. Pendant ce temps, l’urbanisation des populations est une réalité persistance à travers le continent noir. A cheval entre la volonté politique de démocratiser les institutions et des conflits armés intermittents, les gouvernements africains sentent monter en eux le besoin de pacifier et de rénover leurs espaces d’autorité. Ceci pour notamment planifier la question relative à l’industrialisation de leurs économies.

Quand la vocation des matières premières insécurise le continent

L’Afrique doit produire, pour assurer la redistribution des richesses nationales, et projeter ainsi sa sortie du tunnel. Face à la croissance démographique, les analystes redoutent un déséquilibre constant, car la vocation des matières premières tant minières qu’alimentaires, a de tout temps exposé le continent aux aléas du marché mondial, aux fluctuations des cours de change. Les gouvernements doivent contenir les conflits armés internes et ceux externes, réprimer la corruption galopante, assainir la gouvernance, promouvoir le milieu rural, contrôler les échanges transfrontaliers… Face à ces charges dont la liste n’est pas exhaustive, la dette publique devient le leitmotiv. Et comme on peut le comprendre, l’assainissement de la gestion de la dette, de tout temps un pari à relever. En son temps, feu le maréchal Mobutu Sese Seko a relevé ce qui suit dans un discours : « Le président de la République n’est pas un magicien. Seul, il ne peut rien ; avec l’appui de tout son peuple, il peut tout. Mais, nous devons éviter que les efforts du peuple soient anéantis par l’inconscience et la cupidité de certains cadres », a-t-il dit dans un discours, début décennies quatre-vingt.

La Côte d’ivoire avec son cacao, le Sénégal avec ses arachides, le Mali et le Nigéria avec leurs réserves respectivement d’or et du pétrole, la RD Congo avec sa production du manioc et d’huile de palme échappant aux statistiques, la Zambie avec son maïs, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Lybie, la Guinée équatoriale avec leurs réserves pétrolières, pour ne citer que ces cas. Dans l’un ou l’autre cas, cela va sans dire, le passage de la vocation des matières premières à l’industrialisation pourrait booster l’emploi des jeunes. Dans son livre intitulé « l’Afrique des villages »paru aux éditions Karthala (France) en 1983, le Camerounais Jean Marc Ela pose un réel diagnostic à l’échelle du continent. L’auteur, en effet, démontre que les villages pourraient bien servir de poumon à l’envol africain. La promotion du milieu rural, d’où sont puisées toutes les matières premières tant minières qu’alimentaires est une étape incontournable dans le processus de la transformation sociale

Pour le pari du développement : main dans la main : la diaspora, le gouvernement et la population locale

« En m’ouvrant aux autres, Paris m’a ouvert à ma propre connaissance », a dit en son temps, Léopold Sedar Senghor. En effet, dans plusieurs pays à travers le monde, le potentiel que représentent les diasporas pour le développement est actuellement reconnu par diverses parties prenantes. Dans le but de renforcer la cohésion et la solidarité entre les peuples, l’Union africaine (Ua) avait organisé le 25 Mai 2012 à Johannesburg en Afrique du Sud, un sommet sur la Diaspora. La RD Congo avait participé à ces assises par l’entremise du Ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda. C’était sous le thème : « Promouvoir l’unité, l’intégration africaine et de sa Diaspora », en vue de bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale, vision d’une Afrique unie et forte, fondée sur un partenariat entre les gouvernements et l’ensemble de la société. L’objectif de ce sommet historique pour la diaspora africaine, était de travailler ensemble, coopérer activement avec cette dernière dans plusieurs domaines d’intérêt commun, qui sont d’ordre politique, économique et social. La visée étant d’encourager l’établissement par les Etats membres de l’UA, des relations plus formelles avec la diaspora africaine à travers le monde. Il s’agit de promouvoir les synergies efficaces entre les programmes nationaux concernant la diaspora, pour le transfert des connaissances. Il est question de faire participer la diaspora africaine dans la prévention, gestion et règlement des conflits, la réconciliation, la reconstruction et le dialogué permanent. En bref faire participer la diaspora africaine au développement du continent africain. Nous retiendrons des conclusions de cette conférence sur la diaspora tenue à Genève les éléments suivants : Le dialogue permanent pour gérer efficacement les questions de la diaspora et des migrations dans l’intérêt de tous.

Comme on comprend, à l’heure de l’éveil historique de la jeunesse de la diaspora, le gouvernement doit utilement s’illustrer en partenaire légitime, disposé à encourager des investissements par une politique d’allocation de crédit. Car, il lui revient de canaliser vers des secteurs prioritaires, l’expertise diversifiée que regorgent les Congolais de l’étranger. Ces jeunes de la diaspora qui s’éveillent n’ont pas de parents qui aient profité de leur séjour à l’étranger pour se constituer en groupes d’affaires. Leurs parents ayant évolué en ordre dispersé, faute de lobby congolais outremer. Entre-temps, les multinationales Pourtant, les multinationales (traditionnelles) s’adossent notamment sur la communauté internationale, et les groupes d’affaires arabo-asiatiques sur leurs milieux bancaires.

Faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale

Le Français Raymond Jarret, un néo-septuagénaire, a quitté la RD Congo en 1971, après avoir servi comme cadre technique de la représentation locale de l’industriel des chaussures Bata. Il y a peu, l’homme a entrepris des voyages de touriste dans des pays subsahariens de son choix. Partout où il est passé, celui qui ne voile guère sa passion pour l’Afrique noire a véhiculé un message d’exhortation. En effet, il a appelé les gouvernants africains à prendre à bras- le- corps la question de l’emploi des jeunes. Le contraire, a-t-il redouté, constituerait une bombe à retardement susceptible de faire fragmenter ces pays de l’intérieur. Ce message de sagesse qui laisse transparaître de la compassion, est tombé comme un grain dans une terre ciblée.

En RD Congo, il a visité Kinshasa après avoir relié la Centrafrique au Congo-Brazzaville, par voie fluviale. Quelle n’a pas été son émotion de voir que le quartier N’DOLO, aux abords du fleuve Congo, n’était plus un quartier industriel. C’en était pourtant la vocation, sous l’administration coloniale belge, et aux premières heures de l’indépendance.

« Un grain jeté en terre ne pousse pas le même jour », renseigne une sagesse. Ceci laisse comprendre que l’Etat est en droit de planifier l’emploi des jeunes. Raymond Jarret qui a rappelé cette sagesse, exhorte l’Afrique à s’inspirer de l’expérience chinoise, basée sur l’union, le travail et la convergence des vues entre l’Etat, les élites et la base.

 

(Payne)

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Le projet de loi instituant un nouveau tarif des droits et taxes à l’importation déclaré recevable

Le projet de loi modifiant et complétant l’ordonnance loi du 21 septembre 2012 instituant un nouveau tarif des droits et taxes à l’importation, en application du traité du marché commun de l’Afrique Orientale et australe (COMESA), signé le 05 novembre 1993, a été déclaré recevable au Sénat. C’était à l’issue d’une séance plénière consacrée vendredi aux réponses du ministre des Finances, Henri Yav Mulang, aux préoccupations exprimées mercredi par des sénateurs.

Pour le ministre, ce projet de loi répond non seulement à un engagement pris par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, lors du sommet du COMESA en 2014 à Kinshasa, mais aussi au besoin de placer la RD Congo au diapason des autres Etats de la sous-région, en vue de profiter des opportunités qu’offre l’intégration à cette structure régionale, et d’impulser le pays vers son développement.

L’adhésion à la zone de libre échange du COMESA constitue un facteur d’émulation et de recherche d’innovation pour « nos » industries, a-t-il expliqué. Ce texte de loi constitué de trois articles sera approfondi à la Commission économico-financière et de la bonne gouvernance du Sénat.

Disons que les préoccupations des sénateurs tournaient autour de l’impact de l’adhésion de la RD Congo à la zone de libre échange du COMESA sur son économie peu compétitive, du mécanisme mis en place pour rendre l’industrie congolaise compétitive et de la balance commerciale au niveau des échanges commerciaux avec les autres pays du COMESA. La crainte de la RD Congo de devenir un simple marché de consommation des produits importés, ainsi que la question de la normalisation et de la métrologie ont été également soulevées.

La conception et l’élaboration de ce texte de loi ont pris en compte les intérêts du pays, particulièrement de son économie, a conclut le ministre des Finances, ajoutant que l’adhésion de la RD Congo à la zone de libre échange ne constitue nullement une menace pour la Direction générale des douanes et accises (DGDA).

(St. Hervé M’B.)

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La Directrice générale de la Banque mondiale visite les installations du Tribunal de commerce

En sa qualité de Directrice générale des opérations, Sri Mulyani Indrawati est responsable des opérations de l’Institution dans toutes les régions. Son agenda en Rdc prévoit la visite des installations du Tribunal de commerce de la Gombe réhabilité par la Banque mondiale. Elle sera aussi à Goma, dans la province du Nord-Kivu, dans le cadre de l’initiative Grands lacs. Ici, elle évaluera les progrès réalisés par son institution, ainsi que les défis qui restent à relever.

C’est hier dimanche 10 mai 2015 que la deuxième personnalité de la Banque mondiale a foulé le sol congolais. Visite qui s’inscrit dans l’implication du Groupe de la Banque mondiale dans la région des Grands lacs qui répond à un effort ambitieux pour s’occuper des facteurs régionaux de certains des conflits les plus difficiles à résoudre au monde, ainsi que de la pauvreté et des menaces locales et mondiales qu’ils entrainent.

Au cours de sa mission en République Démocratique du Congo, Mme Sri Mulyani s’entretiendra avec le Président de la République, Chef de l’Etat Joseph Kabila, le Premier ministre Matata Ponyo et les membres du Gouvernement sur les perspectives à long terme du développement du pays, mais aussi sur l’évolution de l’initiative pour la Région des Grands Lacs.

Cette visite, à en croire le communiqué de la Banque mondiale, confirme la continuité du soutien du Groupe de la Banque mondiale à cette initiative lancée à la suite de la visite conjointe en mai 2013, soit deux ans après, du Président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim et du Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon.

Peu avant de se rendre à Goma, souligne le communiqué cité ci-haut, Mme Sri Mulyani Indrawati va visiter les installations du Tribunal de commerce de la Gombe, qui règle les différends en matière commerciale, sans oublier l’amélioration du climat des affaires ce, en rapport avec l’Organisation pour harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada).

Quid de l’initiative des pays des Grands Lacs

C’est pour une enveloppe d’un milliards de dollars que la Banque mondiale avait annoncé en mai 2013 sa volonté d’appuyer l’accord de paix signé le 24 février 2013 par 11 pays. Un programme de financement destiné à aider les pays de la région à fournir de meilleurs services de santé et éducation, puis accroître les échanges transfrontaliers et financer des projets hydroélectriques.

Notons que l’initiative des Pays des Grands Lacs a recentré l’agenda de la fragilité autour de la prévention et de la réponse, en augmentant considérablement les axes d’intervention et l’appui financier dans les domaines tels que les déplacements et la violence sexuelle basée sur le genre, et les infrastructures connectives clé pour améliorer les moyens de subsistance.

Il faut dire que des progrès réalisés sous l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, conclu en février 2013 sont mitigés, à en croire les experts de la Banque mondiale et il semble que l’élan soit en cours de ralentissement. A ce sujet, il faille noter que des poches d’insécurité et de violence existent encore dans la partie orientale de la RDC en particulier ; puis divers groupes rebelles armés continuent à opérer et les violations des droits de l’homme persistent.

La situation humanitaire est alarmante du fait que la région abrite plus de 5 millions de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Bien que les FARDC ont d’ores et déjà lancé des actions militaires contre le FDLR, à l’est du pays, la perspective d’élections dans les pays-clés de la Région pourrait attirer plus d’attention sur les politiques internes que sur le processus de paix, et pourraient potentiellement accroître l’insécurité politique, s’inquiète la Banque mondiale.

Les projets approuvés en cours d’exécution

Trois projets attirent notre curiosité, à savoir le projet des chutes Rusumo, le projet central Africa Backbone-TIC RDC et le projet violence basée sur genre.

Le projet des chutes Rusumo dont le coût est de 340 millions de dollars, permettra de construire une centrale hydroélectrique au fil de l’eau avec une puissance installée de 80 Mw. Les résultats de ce projet permettront d’augmenter la capacité de la production, de l’électricité dans les réseaux électriques nationaux, réduction des coûts de l’électricité, promotion de l’énergie renouvelable, création d’emplois et coopération régionale en matièrede production d’électricité.

Le second projet central Africa Backbone-TIC RDC dont le coût est de 92 millions est conçu pour améliorer la connectivité de la Technologie de l’Information et de la Communication à l’intérieur de la RDC grâce à une nouvelle structure en fibre optique, et pour étendre la connectivité internationale grâce à des sous marins vers les réseaux des pays voisins et des câbles sous marins.

Et enfin le Projet Violence Basée sur le genre dont le coût est de 107 millions de dollars, approuvé le 26 juin 2014. Ce projet consiste à étendre la fourniture des services pour atténuer les effets à court et moyen termes de la violence sexuelle et basée sur le genre, étendre l’usage de mesures d’intervention sanitaires destinées aux femmes pauvres et vulnérables. Ce projet régional comprend le Burundi 15,15 millions de dollars ; RDC 73,86 millions pour le compte du Nord et Sud Kivu et le Rwanda enfin, 14,95 millions et la CIRGL 3 millions de dollars.

(Pius Romain Rolland)

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La Rdc n’est pas opposée à une intervention séparée de l’ONU contre les FDLR

Les forces de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) se préparent à agir séparément contre les rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), car la coopération avec Kinshasa est toujours bloquée, a indiqué jeudi un haut responsable de l’ONU.

« Pour le moment, le gouvernement congolais ne veut pas créer les conditions qui nous permettraient de soutenir à nouveau les FARDC (forces gouvernementales) et d’opérer conjointement » dans l’est de la RDC, a déclaré à la presse le patron des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous. « Il faut aller de l’avant », a-t-il affirmé en soulignant que le Conseil de sécurité autorisait la Monusco (Mission de l’ONU en RDC) à « agir unilatéralement ». « Nous menons des préparatifs à cet effet », a-t-il ajouté sans donner de détails.

La Monusco a suspendu depuis février son soutien aux opérations de l’armée congolaise contre les FDLR, l’ONU reprochant à Kinshasa d’avoir nommé pour mener cette offensive deux généraux coupables de violations des droits de l’homme. Cette brouille a freiné le travail entre la Monusco et les FARDC sur le terrain alors que la situation sécuritaire se dégrade dans l’est, et plus particulièrement dans la province du Nord-Kivu, où plusieurs dizaines de groupes armés – dont les FDLR – sévissent.

  1. Ladsous, qui venait de rendre compte au Conseil de sa récente visite en RDC, a déploré ce « blocage » persistant. « J’ai offert aux Congolais un certain nombre de solutions (..), car il faut reprendre et intensifier les actions contre les FDLR et les ADF (rebelles ougandais) mais, pour le moment, le gouvernement congolais n’accepte pas », a-t-il expliqué. Il a reconnu que même pour opérer séparément, la Monusco « avait besoin d’un minimum de coopération de la part de l’armée congolaise ».

La RDC pas opposée

Pour sa part, la République démocratique du Congo a déclaré vendredi qu’elle n’était pas opposée à une offensive séparée des Casques bleus contre les rebelles hutu rwandais actifs dans l’est du pays, faute d’accord entre Kinshasa et l’ONU pour combattre ensemble ces assaillants. « Nous n’avons pas interdit à la Monusco (Mission de l’ONU en RDC) d’accomplir son mandat, et une partie de son mandat permet cela », a déclaré à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

  1. Mende a affirmé qu’il « n’y a pas de mauvaise volonté » de la part de Kinshasa, mais que « les raisons pour lesquelles on a interrompu cette collaboration ont continué à subsister ». La RDC espère que la Monusco, avec qui le dialogue se poursuit, fera un « effort » pour entendre les « préoccupations » congolaises, a-t-il ajouté.

Même si la résolution qui prolonge le mandat de la Monusco pour une année lui autorise d’opérer seule ou avec les FARDC, il convient d’indiquer ici qu’une mission étrangère, peut importe qu’elle soit de l’ONU, ne peut jamais opérer seule dans un pays étranger. Autoriser cette mission à opérer seule, c’est comme on lui donnait carte blanche, soit une autorisation à tout faire. Sinon, personne ne pourra la contrôler et elle ne fera son rapport qu’à sa hiérarchie qui se trouve à New York. Danger !

(JMNK)

 

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Julien Paluku plaide en faveur d’une réunion de la Troïka stratégique sur la sécurité

Dans un communiqué de presse du 10 mai 2015, Julien Paluku, Gouverneur de la province du Nord-Kivu explique que sa province fait face à une escalade de violences aussi bien à Rutshuru, Walikale, Sud Lubero et surtout à Béni. À Rutshuru et à Goma, il a été enregistré plus de cent cas de kidnapping des femmes, jeunes, enfants et vieux dont la libération a été souvent obtenue par le paiement de rançons. Cette pratique s’est répandue sur l’ensemble de la province au point de faire des victimes et affecter ainsi l’économie de la province.

Par ailleurs, à la date d’aujourd’hui, explique-t-il, plus de 300 personnes ont été sauvagement tuées par les rebelles de l’ADF dans le territoire de Beni après des opérations réussies menées par les Fardc depuis le mois de janvier 2014. Ces tueries à la machette, à la houe, à la hache et parfois à la kalachnikov ont causé la mort à plusieurs de nos vaillants soldats pour qui l’ensemble du peuple congolais garde et gardera une pensée épieuse pour d’inlassables engagements qui les ont conduits jusqu’au sacrifice suprême. Ces tueries ont même atteint les casques bleus de la MONUSCO déployés dans la Brigade d’intervention dont les derniers tombés sur le champ d’honneur sont les deux soldats tanzaniens décédés dans la soirée du 05/05/2015.

À côté de cette recrudescence des violences, plusieurs informations font état des incursions d’hommes armés sur le sol congolais et même de la création des nouveaux mouvements rebelles par les anciens membres du M23 qui errent librement dans les pays signataires de l’Accord Cadre signé à Addis-Abeba le 24 février 2013. Au regard de cette nouvelle donne qui se développe particulièrement au Nord-Kivu, il est plus que temps, pour le Gouvernement Matata II, de se concentrer sur les aspects sécuritaires sans lesquels aucune projection économique pour le bonheur du peuple ne peut être envisagée.

Pour cela, il est utile que la Troïka de chaque lundi consacrée aux questions économiques du pays cède place à la Troïka sécuritaire qui réunirait autour du Chef du gouvernement, le Vice-Premier ministre en charge de la Sécurité et le ministre de la Défense. A ce sujet le Gouvernement mettrait en place des mécanismes de mobilisation des moyens humains, matériels, intellectuels et financiers pour stopper le cycle de violence de la même manière qu’il a réussi à freiner l’inflation.

Il est vrai que le Gouvernement de la République a réussi à stabiliser le cadre macroéconomique et le taux de change, mais il est aussi vrai qu’à côté de cette stabilité et de la croissance proche de deux chiffres, le taux de croissance en termes de morts a atteint trois chiffres au Nord-Kivu.

Voilà pourquoi, le Gouvernement de la République ferait œuvre utile en relisant le discours du Président de la République à la Nation devant les deux chambres réunies en Congrès lorsque le Chef de l’Etat constatait en son temps qu’il y a contraste entre la croissance tant vantée et les conditions de vie de la population.

Se réunir hebdomadairement pour des questions sécuritaires du pays serait compatir avec la population qui est lassée des atrocités commises par les forces négatives dans un environnement à taux de croissance économique élevée face au taux exponentiel des morts dans la partie Est de la RDC. Ceci vaut un SOS comme disent les anglais Save Our Souls.

(JMNK)

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A la suite de la question orale avec débat initiée par le député national Clément Kanku Bukasa relative à une forte invasion des faux médicaments et des médicaments périmés mettant ainsi en danger la santé de la population, le ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi devrait répondre aux trois préoccupations soulevées notamment sur l’état de lieux du secteur des médicaments importés et fabriqués sur place ; les dispositions que le Gouvernement prend pour protéger le peuple contre les faux médicaments, les charlatans, les médicaments périmés et les médicaments mal conservés et vendus par des personnes non habilitées, et enfin les dispositions à prendre pour réglementer l’exercice de la vente des médicaments à travers les pharmacies et d’autres dépôts pharmaceutiques.

Le ministre a brossé succinctement l’aperçu historique de la RD Congo depuis la colonisation jusqu’aux années 70, qui avait un secteur pharmaceutique bien régulé par l’ordonnance loi n°27 bis Hyg de 1933 portant exercice de la pharmacie qui avait contribué très efficacement à la prise en charge des maladies pour une meilleure protection de la santé et du bien-être de la population. « Ce système disposait de deux réseaux d’approvisionnement et de distribution qui étaient le réseau public non lucratif et le réseau privé lucratif. Le réseau public s’approvisionnait et distribuait les médicaments à travers le Dépôt Central Médico-Pharmaceutique (DCMP) qui était implanté dans toute la colonie et servait les hôpitaux et les centres de santé de l’Etat », a-t-il précisé, avant d’ajouter qu’après la transformation du DCMP en une entreprise publique en 1987, il sera liquidé après faillite en 2002.

C’est dire que le réseau privé lucratif quant à lui était constitué des dépôts pharmaceutiques et d’une industrie pharmaceutique locale qui alimentaient les pharmacies ouvertes au public, les pharmacies internes des sociétés, les hôpitaux et centres de santé privés. « Au cours de la décennie 70, au lendemain de la zaïrianisation, les dépôts pharmaceutiques et laboratoires ont été cédés aux personnes n’ayant pas qualité et la vente illicite des médicaments sur la place publique a commencé à être signalée. Cette vente illicite des médicaments s’est généralisée avec les pillages des années 90, période pendant laquelle on a noté l’ouverture anarchique des pharmacies. La liquidation du DCMP en 2002 n’a fait qu’empirer la situation », indique le ministre.

Etat des lieux du secteur du médicament

Il est évident que l’arrivée dans le secteur des opérateurs économiques asiatiques, a entrainé l’importation des médicaments dénommés « for export only » de qualité douteuse à bas prix. La conséquence ce que, dans le domaine pharmacologique, la loi est obsolète et lacunaire car, héritée de la colonisation. C’est alors que l’Etat éprouve beaucoup de difficultés pour faire régner l’ordre dans ce secteur. Pour pallier à cette difficulté, le ministre de la Santé publique a annoncé du haut de l’hémicycle qu’il sera déposé incessamment le projet de loi portant exercice de la pharmacie. « Le Gouvernement a initié la réforme du secteur de la santé qui a abouti à la formulation de la Politique pharmaceutique nationale (PPN) en 1997, à la création du Programme National d’Approvisionnement en Médicament Essentiels en juillet 2002, à la création du Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle en nombre 2002, et la promulgation du plan Directeur Pharmaceutique National (PDPN) en 2005 », a reconnu le ministre. Partant de cette réforme, entre 2003 et 2005, 10 Centrales de distribution régionales ont été implantées qui sont de structures chargées de l’acquisition dénommée Fédération des Centrales d’Approvisionnement des Médicaments Essentiels (FEDECAME). Mais à ce jour, 16 Centrales sont implantées sur les 23 prévues pour la couverture totale du territoire national. C’est ainsi qu’à travers la politique pharmaceutique nationale, le Gouvernement a pris l’engagement d’assurer la qualité des médicaments, d’améliorer l’accessibilité aux médicaments de bonne qualité et de promouvoir la production locale.

L’Asie plaque tournante d’importation des médicaments douteux

Le ministre soutient que parallèlement au réseau public, le privé lucratif qui rend disponible près de 80% de besoins en médicaments du pays et constitué des importateurs, des distributions répartiteurs qui importent 90% des médicaments essentiellement génériques en provenance de la Chine et de l’Inde et 10% des spécialités pharmaceutiques en provenance de l’Europe. Les fabricants locaux fournissent 20% des besoins en médicaments du pays. Cette production locale repose sur 26 laboratoires dont 19 à Kinshasa, 3 à Lubumbashi, 2 à Bukavu, 1 à Mbuji-Mayi et 1 à Luozi. « Ce réseau est caractérisé par la prolifération des établissements pharmaceutiques non conformes, la concurrence déloyale, l’absence de l’éthique et le non respect de la règlementation en vigueur. Face à cette situation, le ministère de la Santé publique a initié depuis 2013 une mission de contrôle des bonnes pratiques de fabrication dans le secteur de la production afin d’amener l’industrie locale à réunir les conditions minimales devant lui permettre de fabriquer des médicaments de bonne qualité », a indiqué le ministre.

Quant à la prolifération des établissements pharmaceutiques, le ministre de la Santé qui a été attentif à la réglementation et très rigoureux pour n’avoir autorisé que 14 établissements sur 48 dossiers de demandes d’autorisation d’ouverture reçues en 2013 et 2014. C’est alors que pour renforcer le contrôle et la lutte contre les médicaments contrefaits, des kits de minilab ont été mis à la disposition de toutes les provinces, et pour faciliter la traçabilité du médicament délivré et la détection automatique des lots contrefaits et non autorisés, le ministère de la Santé grâce à un partenariat public-privé va mettre en place un système d’estampillage en apposant sur tout médicament circulant en RD Congo une étiquette holographique de sécurité à 3 niveaux.

Mesures prises

Pour la protection de la population contre les faux médicaments, les charlatans, les médicaments périmés et les médicaments mal conservés et vendus par des personnes non habilitées, le Gouvernement par le ministère de la santé a pris des dispositions de renforcement du contrôle de qualité des médicaments à travers les laboratoires certifiés ; saisi des lots des médicaments identifiés comme faux ou contrefaits à travers les grandes villes du pays. « Ces opérations se font avec le concours de la Police Nationale Congolaise. Une unité spéciale de la police a été détachée au ministère de la Santé pour mener les activités de saisi sur terrain. En collaboration avec le ministère de la Santé de l’Inde, plus de 400 échantillons ont été prélevés sur les produits importés de l’Inde ou produit par les indiens en RDC en attendant les résultats », confie le ministre.

Ainsi donc, l’assainissement du secteur pharmaceutique exige des actions multidisciplinaires, à tous les niveaux et des moyens conséquents. Et la lutte contre les charlatans qui évoluent comme tradi-praticiens, leur enregistrement se fait à deux niveaux pour arrêter le charlatanisme, notamment l’enregistrement professionnel d’une part qui se fait au niveau des associations des Tradi-praticiens reconnues et d’autre pars l’enregistrement administratif qui se fait à la Direction des établissements de soins à l’issue duquel une licence d’art de guérir de la médecine traditionnelle est délivrée au tradi-praticien ayant rempli les conditions requises », précise Félix Kambange.

C’est aujourd’hui lundi 11 mai que le ministre de la Santé publique va fournir des explications aux préoccupations soulevées par 19 députés nationaux pour plus de 50 questions et recommandations aux élus du peuple. Préoccupations relatives à la gestion de l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa, les autres formations médicales, la contrefaçon des produits pharmaceutiques aussi bien la réglementation dans le secteur de la pharmacie.

(Pius Romain Rolland)

 

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L’AFPDE et la Monusco forment les éducateurs communautaires sur le mode préventif

Dans le cadre de la lutte contre le Virus du SIDA, l’Unité VIH/SIDA de la Monusco et l’Association des femmes pour la Promotion et le Développement Endogène, ont organisé dernièrement à Sange une formation des Paris éducateurs communautaires dans la lutte contre le VIH et le SIDA. C’était dans le but de former des personnes capables de sensibiliser les populations dans le cadre de la prévention de ce virus et de lutter enfin contre la stigmatisation et la discrimination dont les Zéros positifs sont souvent victimes.

Le contexte

Le problème de la santé et l’extension du virus Sida demeure toujours une préoccupation majeure et un défi à relever pour la rd Congo. Dans ce sens, plusieurs services des organismes nationaux et internationaux de la santé travaillent pour pallier à ce problème, c’est le cas de l’Ong AFPDE. AFPDE est une Association œuvrant dans le secteur local d’Uvira dans la province de Sud-Kivu. Elle travaille en collaboration avec le Bureau Central de la Zone de Santé de Ruzizi et le Programme National Multisectoriel de Lutte contre le VIH/SIDA(PNMLS).

Plus de trente personnes venues de différentes couches de la communauté d’Uvira ont pris part à cette formation. Entre autres, les militaires des FARDC, des jeunes, des femmes, des policiers, et des représentants des confessions religieuses (catholiques, Protestants, Musulmans….).

C’est alors que l’unité VIH/SIDA de la Monusco rappelle que dans le cadre de la résolution ce fléau, 1983 conseillers de sécurité des Nations Unies ont rejoint le gouvernement de la République Démocratique du Congo et d’autres acteurs nationaux et internationaux engagés dans la lutte contre le VIH/SIDZA pour contribuer à la fin de l’épidémie d’ici 2030.

La Police de la Monusco aussi s’engage et s’intègre

Toujours dans cet ordre d’idées, la police de la Monusco du secteur de Dundu a animé en avril dernier des séances de sensibilisation sur le VIH/SIDA, suivies de la distribution des préservatifs pour hommes. C’est ainsi que trois (3) structures ont été visitées.

Au commissariat de Dungu, le personnel a été entretenu sur le port correct du préservatif et convié à faire le test sérologique afin de connaître leur statut. Au total, cent personnes ont été sensibilisées et deux cartons de cinquante paquets de préservatifs ont été distribués à ces hommes. C’est alors qu’aux centres de dépistage volontaire (CDV) de l’Hôpital général de référence et du quartier Uyé, les policiers de la Monusco se sont entretenus avec les personnes vivant avec le VIH. Ces derniers ont reçu également des conseils sur le port obligatoire du préservatif afin d’éviter de nouvelles contaminations.

Juste après leur intégration, la 9è Rotation de Police constituée de Bangladaises « BANFPU », a enchaîné avec la formation MTT, «  Mobile Training Team », à Kinshasa depuis avril dernier.

Les modules dispensés dans cette formation ont porté sur le tir, l’armement, la fouille à corps, la sécurité rapprochée, la garde statique, la gestion des manifestations, l’utilisation des engins blindés lors des manifestations, la progression tactique entre autres. Cette formation a afin permis à ladite Unité d’être pleinement opérationnelle.

 

(Charlie Muepu/Stagiaire)

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Matata Ponyo en a posé la première pierre

*Le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, a procédé, hier jeudi 7 mai 2015, dans la commune urbano-rurale de Maluku, à près de 100 km de Kinshasa, à la pose de la première pierre pour la construction du Marché International de Kinshasa (MIK). Plusieurs membres du Gouvernement ont fait le déplacement de la capitale dont le ministre de l’Industrie, Germain Kambinga. Coût des travaux qui vont s’étaler jusqu’en 2016, 100 millions de dollars américains. Il s’agit d’un marché moderne, qui évoluera en étroite collaboration avec le Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo

* Après avoir connu, en particulier entre les années 1980 et 1990, une évolution économique chaotique, la Rdc sort de son sommeil léthargique. C’est ainsi qu’elle connaît une croissance économique que beaucoup de pays à travers le monde envient. Sous l’impulsion du Président de la République, le gouvernement de cohésion nationale ne se satisfait pas de ces statistiques et veut une croissance à deux chiffres, caractéristique de la création de richesses nettes pour la population

Après avoir offert aux Congolais, surtout aux Kinois et aux Bandundois le Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, le président de la République Joseph Kabila se propose d’ajouter à ce lot un Marché international de Kinshasa (MIK), qui sera le lieu par excellence pour la commercialisation des produits du parc. Quoi de plus normal pour une ville de Kinshasa habituée à importer des produits qu’elle devait elle-même produire !

Et pour poser la première pierre de ce grand projet, c’est le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon en personne qui l’a fait hier jeudi 7 mai 2015, dans la commune urbano-rurale de Maluku, à près de 100 Km de Kinshasa. Plusieurs membres du Gouvernement ont fait le déplacement de la capitale dont le ministre de l’Industrie, Germain Kambinga. Coût des travaux qui vont s’étaler jusqu’en 2016: 100 millions de dollars américains. Selon notre source, le Gouvernement a décidé d’implanter sur le site de Maluku, à l’Est de Kinshasa, un marché moderne, qui évoluera en étroite collaboration avec le Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.

Prenant la parole, Germain Kambinga, ministre de l’Industrie, a loué l’œuvre magnifique du chef de l’Etat Joseph Kabila, un projet ambitieux qui est une des manifestations de sa vision de la Révolution de la modernité. « Il me paraît de saluer ici, le partenariat tissé entre l’Etat congolais et la société sud-africaine Africom, maître d’œuvre du MIK, présente en RD Congo depuis peu. Ce qui est, à mon humble avis, le gage des bonnes relations que nous entretenons avec un géant économique, membre comme la RDC, de la Communauté économique des Etats d’Afrique Australe, la SADC, je veux parler de l’Afrique du Sud », a dit le ministre de l’Industrie.

La RD Congo, un géant qui se réveille

Pour lui, la RD Congo dispose d’indéniables atouts, à commencer par son potentiel démographique de plus de 73.000.000 d’habitants. Elle a une forêt connue pour être la deuxième forêt tropicale au monde, après celle de l’Amazonie et ses ressources naturelles sont parmi les plus importants. « Après avoir connu, en particulier entre les années 1980 et les années 1990, une évolution économique chaotique, ce géant africain sort de son sommeil léthargique. C’est ainsi qu’il connaît une croissance économique que beaucoup de pays à travers le monde envient. Puisque, notamment ces cinq dernières années, le taux de croissance annuel moyen est de 7%, réputé être de deux points au-dessus de celui des pays Africains au sud du Sahara », a-t-il affirmé.

C’est à juste titre qu’il précise que pour autant, à l’instigation du Président de la République, Chef de l’Etat, le gouvernement de cohésion nationale ne se satisfait pas de ces statistiques. La pauvreté est encore trop importante et il implique de la réduire significativement. Aussi convient-t-il de consolider une croissance à deux chiffres, caractéristiques de la création de richesse nette.

Au fait, l’industrialisation est donc au cœur de cette nouvelle orientation car, outre qu’elle augmente la chaîne de valeur des produits, elle est susceptible de créer beaucoup plus d’emplois. Ce qui contribuera indéniablement, à réduire de façon drastique la pauvreté. Pour ce faire, il importe que la RDC bénéficie d’investissements massifs à l’instar de ce qui s’est fait en Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale, et en Asie à la fin des années 150. « Le gouvernement ne bénéficiant pas de tels moyens et en raison des priorités, est obligé de recourir aux partenariats public-privé. Pour faciliter l’entrée d’investissements massifs, le pays désormais recourt à des Zones économiques spéciales que l’on doit percevoir comme des outils de planification, susceptible d’aider au développement économique », a indiqué le ministre.

Après avoir fait un bref rappel de l’existence des Zones économiques spéciales en Afrique puis le fait que les Etats mettaient déjà à la disposition des négociants et investisseurs des sites qui échappaient aux règlementations en vigueur sur les échanges commerciaux, le ministre a souligné combien est important de tirer de l’exemple le modèle chinois par le développement extraordinaire de Shenzhen sur une période relativement courte qui offre au monde une alternative pour sortir de la pauvreté généralisée grâce à la stratégie de croissance déséquilibrée.

Germain Kambinga a souligné que ce marché se fera par le biais d’un projet pilote qui est appelé à se dupliquer sur l’ensemble du territoire national. « Ce projet ambitieux nécessite un relais près des industries de transformation et d’emballages, ainsi qu’un marché pour écouler la production des biens agricoles transformés », a-t-il dit.

Les contraintes et objectif du marché

Pour le ministre de l’Industrie, il s’agit de la proximité avec un site industriel à développer sur l’espace de Maluku d’une part, et d’autre part, la proximité de la plus grande zone de consommation de la RD Congo, estimée à plus de 12.000.000 d’âmes.

Quant à l’objectif, il est avant tout de satisfaire la demande locale, puis écouler le surplus des produits sur les marchés internationaux. En ce sens, le marché international de Kinshasa apparaît d’ores et déjà comme un hub qui permettra à la RD Congo de marquer sa présence dans l’espace produit que constitue aussi bien la SADC que le Comesa.

Un des objectifs principaux de la création de zones économiques spéciales franches est d’accroître les exportations, la plupart d’entre elles sont des enclaves bien délimitées, exonérées des droits nationaux à l’importation et à l’exportation, ou fonctionnent officiellement en dehors de l’espace douanier de leur pays d’accueil. « Les Gouvernements ajoutent souvent à ces privilèges d’autres avantages, tels que des incitations fiscales, réglementaires, administratives et financières », ajoute Germain Kambinga.

Par ailleurs, il souligne que la Zone économique spéciale de Maluku se caractérise par ce qui se fait de plus en plus à travers le monde, notamment à la stratégie classique de développement fondée sur les zones franches industrielles d’exportation, se substitue désormais une stratégie multisectorielle. « Ici, il s’agit d’une Zone économique spéciale, en ce sens qu’elle est fondée par une stratégie plurisectorielle, d’une part ; orienter aussi bien vers le marché intérieur que vers les marchés extérieurs, d’autre part. Aussi offre-t-elle un large éventail d’incitations, sous forme d’infrastructures, d’exemptions fiscales et de droits de douane, ainsi que des procédures administratives simplifiées », a-t-il renchéri. Il reste, affirme le ministre, que le gouvernement de cohésion nationale a bien conscience de ce que les zones économiques spéciales ne sont pas la panacée. Il aurait même plutôt tendance à faire de l’agriculture le creuset du renouveau congolais. Toutefois, cette agriculture doit être capable d’assurer la sécurité alimentaire de la RD Congo et d’induire des revenus substantiels ; d’où le choix du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.

De l’indemnisation des expropriés

Germain Kambinga a insisté sur quelques aspects qu’il convenait de retenir et qui font à la fois la fierté de leur gouvernement dirigé par le Premier Ministre Matata Ponyo, et la particularité de cette démarche. « Contrairement à ce qui fonde souvent les inconvénients de ce genre d’aires économiques spéciales, la Zone dévolue au marché international de Kinshasa a fait l’objet d’un gentleman agreement. Les personnes affectées par le projet ont certes été expropriées, il faut le dire pour cause d’utilité publique, mais elles seront indemnisées de façon juste et équitable. En outre, la zone est dite intensive en travail, c’est-à-dire que nous avons privilégié une activité qui va donner du travail aux populations de la zone qui sont prioritaires. Cette démarche s’inscrit donc dans le droit fil de la volonté du gouvernement de réduire sensiblement la pauvreté ». Ce marché deviendra une référence internationale ; il sera ultramoderne et devrait bénéficier des dernières avancées en la matière, tel que présenté par le représentant du maître d’œuvre.

(Pius Romain Rolland)