Aujourd’hui à Kinshasa: Face-à-face Joseph Kabila-Nikki Haley

L’ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley est arrivée hier jeudi 26 octobre à  Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, pour une visite de 48 heures. Et ce, après l’Ethiopie et le Soudan du Sud. A peine arrivée, elle s’est rendue à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où elle a rendu visite aux casques bleus à Goma, et a rencontré la population victime de l’activisme des groupes armés dans ce coin de la République. Son programme prévoit de rencontrer aujourd’hui vendredi dans la capitale  Kinshasa le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, Chef de l’Etat,  sans oublier certains acteurs politiques de la Majorité Présidentielle et de l’opposition, pourquoi pas de la société civile. Mais bien avant, elle aura une séance de travail avec le bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Quels messages ?

De quoi sera-t-il question lors de son face-à-face avec le Chef de l’Etat? C’est à ce sujet que des commentaires fusent de partout.  Et pourtant, les messages sont clairs là-dessus, parce qu’il ne s’agira pas d’un colonisateur et d’un colonisé. Le premier message, est celui de Trump, Républicain de son état, qui avait renversé les démocrates lors des dernières élections. Sachant que les Démocrates ont un très mauvais passé avec le régime de Kinshasa, Trump et Kabila ont intérêt à intensifier leur coopération. Il sied de souligner que cette visite arrive au moment où c’est la Chine qui l’emporte, en termes des échanges commerciaux avec la Rd Congo. Peut-être que le message sera donné à Mme Nikki afin d’encourager les investisseurs américains à venir investir en Rdc. Ceci, après le départ de la firme Firts Quantum.

Le deuxième message, à notre avis, sera le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre qui aligne l’élection  présidentielle, les législatives et provinciales au 31 décembre 2017. Ici, l’occasion sera donnée à Joseph Kabila d’expliquer à ses interlocuteurs qu’au vue des difficultés techniques de la CENI, il lui sera difficile de respecter ce timing. Raison pour laquelle l’idée de 504 jours a été émise, dans l’objectif pour la CENI de parachever toutes les opérations y afférentes et offrir des élections paisibles, crédibles et transparentes aux Congolais.

Comme pour dire qu’à l’échéance telle que fixée par l’accord, personne ne peut rassurer du respect de la date, d’autant plus que l’enrôlement est en cours dans le Kasaï et le Kasaï Central, sans oublier les territoires de Luilu et Kamiji dans la province de Lomami. Au-delà de l’enrôlement, la CENI a besoin qu’elle soit dotée par le Parlement des lois essentielles pour l’organisation des élections. La loi portant révision de la loi électorale, peut-être examinée maintenant au Parlement, mais celle portant répartition des sièges devra attendre le mois de janvier 2018, soit 90 jours après l’enrôlement dans le Kasaï. Ceci est clair comme l’eau d’une roche et il n’y a pas à chercher les poux sur la tête d’un chauve !

L’ambassadrice américaine à l’ONU ne manquera pas de revenir sur le respect des droits de l’homme, y compris les manifestations publiques. Mais elle n’oubliera pas le contexte dans lequel vit la République démocratique du Congo. Il s’agit d’un contexte qui peut exploser à tout moment, à cause d’une mauvaise interprétation de l’accord de la CENCO. Devant ceux qui tiennent mordicus à l’organisation des scrutins le 31 décembre 2017, il faut veiller à ce que les manifestations ou autres mouvements ne mettent en péril la sécurité, et/ou ne mettent en mal les acquis engrangés jusque-là. Au sujet des droits de l’homme, il est vrai que la Rdc ne pourra pas se venter d’être un bon élève, bien sûr, mais elle va démontrer que même si beaucoup reste encore à faire, la volonté de mieux faire est présente.

Au cours de son tête-à-tête présidentiel, Nikki Haley devrait évoquer aussi évoquer la mort des deux experts de l’ONU, dont Michael Sharp de nationalité américaine. Ici encore, la Rdc va démontrer sa bonne foi, en démontrant qu’elle a tout fait, en jugeant toutes les personnes présumées coupables. Surtout que les audiences ont été publiques et contradictoires à Kananga et à Mbuji-Mayi, en ce que le Gouvernement de la République n’est ni impliqué de loin, ni de près dans l’assassinat ignoble des experts onusiens. A ce sujet, plusieurs acteurs politiques malveillants à la recherche de l’instabilité du régime Kabila, occasionnent de cas de violation des Droits de l’Homme, meurtre et assassinat dans le but de fragiliser le pouvoir en place et de l’indexer.

C’est ici le lieu de rappeler à tous ceux qui fondent espoir de l’ingérence de l’Amérique dans les affaires internes du Congo, qu’il y a  divergence et approche politique opposée des Républicains par rapport aux démocrates qui portent en eux, les différents assassinats des leaders congolais, tels Patrice Emery Lumumba et ses compagnons de lutte pour la liberté et l’indépendance du Congo, sous l’administration de Kennedy ; en plus de l’assassinant de M’Zée Laurent Désiré Kabila, sous l’administration de Bill Clinton. Ce dernier, par son épouse Hilary Clinton et Barack Obama, tous démocrates, l’Est de la République Démocratique du Congo a été le théâtre des invasions de ses voisins sous leur silence coupable.

Qui est Nikki Halay ?

L’Ambassadeur Nikki R. Haley est la Représentante permanente des États-Unis auprès des Nations Unies et membre du Cabinet du Président Donald Trump. Avant son service aux Nations Unies, l’ambassadeur Haley a servi en tant que gouverneur de la Caroline du Sud et chef de l’exécutif du gouvernement de l’État avec plus de 67 000 employés et un budget annuel de plus de 26 milliards de dollars. Sous le leadership de Haley, l’économie de la Caroline du Sud a prospéré. Haley a visité des pays étrangers comme l’Inde, la Suède, la France, l’Allemagne et le Japon dans le cadre de missions de développement économique visant à créer des emplois et des investissements pour les Carolingiens du Sud. Elle a négocié avec certaines des plus grandes sociétés dans le monde et les a convaincus de faire de la Caroline du Sud leur maison.

Née à Bamberg, en Caroline du Sud, fille d’immigrants indiens, le premier emploi de Nikki Haley a été de garder la tenue de la comptabilité pour le magasin de vêtements de sa famille à l’âge de 13 ans. Elle est fière d’être diplômée de l’Université Clemson. Haley et son mari, Michael, capitaine de la Garde nationale de l’armée et ancien combattant qui a été déployé dans la province d’Helmand en Afghanistan, ont deux enfants, Rena, 19 ans, et Nalin, 15 ans.

Ayant le sang oriental dans ses veines, proche de la culture africaine, Nikki Haley se rendre compte de l’évidence et équation électorale difficile dans le contexte actuel, de rassurer les nostalgiques du chaos et adversaires politiques de Joseph Kabila, que la Ceni a toute la technicité et expertise dans ce qu’elle avance comme délai des opérations des activités électorales essentielles.

L’Avenir

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