Au sujet de la liste des personnalités détentrices de la double nationalité: Le démenti de la DGM

Un document prétendument de la Direction Générale des Migrations (DGM), et portant comme titre « Liste des personnalités congolaises détentrices de la double nationalité », et dont la CENI a accusé réception, le 25 juillet 2018, a été largement partagé sur les réseaux sociaux comme de petits gâteaux. Des contacts établis, il s’avère que c’est un faux, d’autant plus que certains noms qui ont été cités ont déjà renoncé à leurs nationalités d’emprunt, pour recouvrir la nationalité d’origine, celle de la RD Congo. En plus, le document n’a ni signature de l’autorité qui l’engage, ni un cachet de l’institution concernée.  « Le document dont question est un faux patent qui ne porte ni date, ni référence et n’indique aucun destinataire et  ne comporte pas de sceau ni signature de l’Autorité de la DGM », indique un communiqué de presse signé hier par M. Djoko Bale Kongolo, Directeur de cabinet du Directeur général de la DGM.

Qui sont alors à la base de ce Fake news et pour quel intérêt ont-ils voulu le mettre en exergue le jour où la CENI a ouvert les Bureaux de réception et de traitement des candidatures (BRTC), pour recevoir tous ceux qui veulent se présenter à la présidentielle et aux législatives nationales ? C’est là où les services de sécurité et d’intelligence, avec en tête la DGM elle-même, doivent dire toute la vérité à la population sur l’origine de ce document et retracer au même moment tous ceux qui auraient concouru non seulement à son dépôt à la CENI, mais aussi à sa publication sur les réseaux sociaux. A cette question, la DGM, dans le même communiqué, répond que « les investigations se poursuivent pour que les auteurs de cette œuvre répréhensible soient recherchés et traduits en justice pour répondre de leur forfait ».

Semer la confusion

Si le Secrétariat de la DGM ne reconnait pas avoir déposé un tel document à la CENI, les rédacteurs de ce faux doivent avoir joué avec la psychologie de la population kinoise. Nombreux sont les Congolais qui savent les ennuis actuels du candidat auto-proclamé d’Ensemble, et dont jeuneafrique, dans l’une de ses éditions avait publié un document démontrant qu’il avait la nationalité italienne et que de ce fait, il avait perdu la nationalité congolaise, conformément à la Constitution. Qui ne dit pas que ces fausseurs veulent, à travers ce document, créer une confusion et démontrer la politique de deux poids deux mesures qu’appliqueraient les autorités congolaises. Ils veulent, à travers ce Fake News, faire croire que tout ce qu’on accuse cet ex-gouverneur de la province du Katanga n’est que montage et procès d’intention pour lui empêcher de concourir aux élections. Cela suffira-t-il au patron du Tout Puissant Mazembe de se disculper, lui qui a annoncé son retour au cours de ce mois d’août? Pas évident que cela puisse émouvoir quelqu’un. Surtout lorsqu’on sait que c’est un magazine qui avait divulgué cela et que le gouvernement de la République n’avait rien à voir.

Force est de constater que le document en soi est un Fake News. Est-ce que pour autant que toutes les informations y publiées sont fausses ? C’est la question qui mérite d’être posée, surtout lorsqu’on se rend compte qu’il existe un moratoire au niveau de l’Assemblée nationale, qui ne concerne que les députés nationaux. Si ces derniers n’ont jamais voulu se défaire des nationalités étrangères, c’est tout à fait normal qu’ils soient répertoriés sur une certaine liste. Qu’à cela ne tienne, des députés nationaux figurant sur cette liste seront toujours couvert par le moratoire, aussi longtemps qu’il n’a pas encore été levé.

Dans ce contexte, il convient aussi de se demander, quelle va être l’attitude de la CENI, elle qui a reçu ce faux document ? Va-t-elle fermer l’œil et considérer que c’est un Fake News, et ou jeter quand même un coup d’œil lorsqu’il faudra statuer sur les conditions à remplir pour être élu à la députation nationale ou à la présidentielle ? Disons que même si ce document est faux, il va quand même éveiller la curiosité de la CENI qui devra être rigoureuse dans le traitement des candidatures qui lui seront présentées. Signe que le contentieux électoral sera au rendez-vous et que les uns et les autres devront se munir de tout ce qu’il faut, le cas échéant, pour prouver son appartenance à la nation congolaise.

Peut-être que cette liste va raviver le débat sur la nécessité ou pas de l’exclusivité d’une nationalité, après les élections du 23 décembre 2018. Le souhait étant de permettre au prochain parlement de se prononcer définitivement sur cette question et de permettre à tous ceux qui ont une double nationalité d’œuvrer pour le développement du pays. Le monde sportif a prouvé qu’on peut avoir deux nationalités et mouiller le maillot pour la nation congolaise. Pourquoi ne pas élargir cet avantage à tout le monde, pour leur permettre de contribuer significativement au succès de la Rdc ? Peut-être que la constitution va réserver certains postes exclusivement à ceux qui ont la nationalité d’origine, et à certains d’autres à ceux qui en ont d’emprunt. Et ce, avec comme espoir que cela arrête la tricherie ou la fraude et que les investissements accroissent au pays, pour le bonheur de tout le monde.

Sinon,  en ce 21ème siècle, on devrait permettre à tout le monde de contribuer au développement du pays, chacun en ce qui le concerne et peu importe sa catégorie sociale. Raison pour laquelle la balle est dans le camp du prochain parlement, lui seul devra statuer sur cette question et permettre à ce que la nationalité ne soit plus un handicap pour investir ou pour s’engager dans le développement du pays.

L’Avenir

 

 COMMUNIQUE OFFICIEL

La Direction Générale de Migration, DGM en sigle, informe l’opinion tant nationale qu’internationale qu’une liste des personnalités congolaises qui seraient détentrices de la double nationalité circule sur les réseaux sociaux.

La Direction Générale de Migration porte à la connaissance de l’opinion qu’elle n’a jamais établi une pareille liste.

Le document dont question est un faux patent qui ne porte ni date, ni référence et n’indique aucun destinataire et ne comporte pas de sceau ni signature de l’Autorité de la DGM.

Les investigations se poursuivent pour que les auteurs de cette œuvre répréhensible soient recherchés et traduits en justice pour répondre de leur forfait.

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