Au sujet de la Crypto-monnaie: La BCC prévient contre le piège des escroqueries du genre Bindo, Nguma, Deutch International

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A la quête du gain facile, nombreux sont les Congolais qui ont été intéressés par la crypto-monnaie, qui  est un moyen d’échange numérique qui se sert du chiffrement pour sécuriser les processus impliqués dans la création d’unités et la conduite de transactions. La Banque centrale du Congo (BCC) convie la population à la vigilance et à la prudence aux fins de ne pas exposer ses avoirs aux pièges des escroqueries du genre Bindo, Nguma, Deutch International, etc… de triste mémoire, dont les souvenirs douloureux sont encore vivaces.

La Banque Centrale du Congo informe le public que certaines structures, non agréées par elle, se livrent directement ou par le biais du marketing relationnel à la collecte illégale de l’épargne auprès du public en proposant des « crypto-monnaies », indique un communiqué parvenu à la rédaction du Journal L’Avenir. Et de renchérir que ces derniers instruments sont des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs l’acceptant en paiement de réaliser des transactions, notamment de conservation et d’utilisation comme instruments d’échange, de placement et de financement, sans recourir à la monnaie légale.

Les crypto-monnaies forment un sous-ensemble des monnaies électroniques. En tant que telles, elles n’ont pas de support physique. Elles servent dans les transactions en ligne ou avec les commerçants qui les acceptent. Les transactions de crypto-monnaie dans les boutiques réelles prennent généralement la forme de paiements mobiles à l’aide d’un porte-monnaie électronique. Il existe des centaines de crypto-monnaies dans le monde, la plus connue étant Bitcoin (qui s’appuie sur Blockchain). Le protocole Bitcoin permet l’échange de gré-a-gré (Peer-to-Peer) dans un système décentralisé qui, contrairement aux monnaies classiques, n’est associé à aucun Etat ni aucune institution financière.

Les transactions en Bitcoins se déroulent sur un réseau P2P en passant par des codes de hachage anonymes à chiffrement fort. Le porte-monnaie électronique de chaque utilisateur tient le compte de ses Bitcoins. Il stocke également toutes les adresses expéditrices et destinataires de Bitcoins, ainsi qu’une clé privée connue du seul utilisateur. Le réseau P2P surveille et vérifie les transferts de Bitcoins. Parmi les autres crypto-monnaies, citons Litecoin, primecoin, Namecoin et Feathercoin.

Un taux d’intérêt de 4 à 8%

Selon les informations parvenues à l’Autorité de Régulation et de Contrôle du secteur financier, des structures telles « World Cryptocurrency International », « Standard Capital » et « Rathe Investissement Groupe » opèrent déjà en République Démocratique du Congo au travers des représentants, notamment à Bukavu, Goma et Kinshasa proposant à la population des crypto-monnaies contre leurs épargnes. Pour attirer leurs victimes, elles proposent des taux d’intérêt très élevés de 4 à 8% par jour et des marges bénéficiaires exorbitantes après 20 jours de souscription.

La Banque Centrale du Congo attire l’attention de l’opinion sur le fait que bien que les crypto – monnaies, autrement qualifiées de monnaies virtuelles, aient progressivement intégré l’économie réelle à travers le monde et soient tolérées au sein de certaines juridictions, elles demeurent des actifs hautement spéculatifs non agréés et comportent des risques de fraude ou de perte énormes auxquels les épargnants congolais sont exposés.

A cet effet, il sied de relever entre autres que les sociétés y relatives ne sont pas installées en RDC. et ne sont pas soumises aux dispositions réglementaires de notre pays, les acteurs en jeu sont non régulés et opèrent en toute liberté sur base d’un protocole informatique reposant sur une technologie cryptographique et décentralisée, appelée « blockchain », tout en gardant l’anonymat sur l’identité de donneurs d’ordre et des bénéficiaires. Comme on peut l’imaginer, ces opérations comportent des risques élevés de cybercriminalité et de blanchiment des capitaux, les crypto-actifs requièrent un minimum d’appétence technique et financière difficilement justifiable dans l’environnement congolais étant donné qu’ils s’adressent généralement à des investisseurs avertis et sont eux-mêmes extrêmement volatiles, leurs cours pouvant s’effondrer à tout moment.

De ce qui précède, la Banque Centrale du Congo rappelle au public les dispositions de l’article 19 de la Loi n° 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des Etablissements de Crédit qui stipulent notamment qu’ « aucune entreprise autre qu’un Etablissement de Crédit ou Institution de Micro Finance agréé par la Banque Centrale du Congo ne peut recevoir du public des fonds à vue, à terme fixe ou avec préavis ». De ce fait, elle convie la population à la vigilance et à la prudence aux fins de ne pas exposer ses avoirs aux pièges des escroqueries du genre Bindo, Nguma, Deutch International, etc… de triste mémoire, dont les souvenirs douloureux sont encore vivaces. La Banque Centrale du Congo invite les autorités politico-administratives et judiciaires à dissuader le public de s’investir dans ce genre de transactions et avertit d’ores et déjà les éventuels récalcitrants qu’ils s’engageraient à leurs propres risques et périls.

JMNK

 

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