Au quatrième jour des consultations: Joseph Kabila à l’écoute d’Azarias Ruberwa et de Clément Kanku

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Au quatrième jour des consultations initiées par le Chef de l’Etat Joseph Kabila, deux membres de l’opposition ont été reçus. Il s’agit d’Azarias Ruberwa Maniwa, qui conduisait la délégation du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et de Clément Kanku, président du Mouvement pour le renouveau (MPR). Le premier à être reçu, c’est Azarias Ruberwa accompagné de sa délégation. Tout juste après cet échange, il a indiqué que nous venons d’avoir une rencontre avec le Président de la République, l’objet bien évidemment, c’est le dialogue politique. Et de renchérir qu’il y a quelques temps, nous avons reçu son émissaire de l’ARN à qui j’avais parlé de la nécessité pour le président d’organiser un dialogue politique par rapport à la situation actuelle et à venir. Il y avait des questions sur lesquelles nous devrions réfléchir et lui apporter des réponses. C’est ce que nous avons fait ce matin, dit-il, tout en soulignant qu’il l’a vu et a échangé autour de la nécessité du dialogue, mais également a répondu aux questions qui avaient été posées. « Nous n’avions pas des préoccupations particulières. Nous avons tout simplement relevé notre conviction de la nécessité d’un dialogue, étant donné qu’il y a des questions qui ne peuvent pas être réglées sans dialogue politique », dit-il.

Quelles sont ces questions ?

Ici, il a répondu que le pays doit organiser, selon le calendrier publié par la CENI, sept élections qui constituent tout le cycle électoral, dans l’espace d’une année, soit d’octobre 2015 à novembre 2016. Raisonnablement, il n’est pas possible de tenir un tel cycle électoral, martèle-t-il. D’abord, par rapport au facteur temps, ensuite, au facteur budget ; c’est 1 milliard de dollars qui n’existent nulle part aujourd’hui. Mais aussi les tensions résultantes de toutes ces élections peuvent causer d’énormes crises politiques. La deuxième question, c’est le découpage. « Nous sommes pour le découpage, mais seulement voilà depuis 2006, on n’a pas implémenté, on n’a pas mis en œuvre les nouvelles provinces. Conséquence, on se retrouve avec un programme, au cours de ce mois de juin, de disposer de 26 provinces », explique-t-il. Pas raisonnablement possible, selon lui, car nous avons d’autres questions liées au débat par rapport au respect de la Constitution ou non et notamment vis-à-vis de l’élection présidentielle. Nous avons des questions des jeunes devenus majeurs. Nous avons des questions liées au fichier électoral.

Le RCD considère que le dialogue politique, entre principalement les acteurs politiques, est la chose la bienvenue et il n’est pas à confondre avec les Concertations nationales, qui elles se sont justifiées dans le temps et ont donné lieu à des résolutions qui doivent être mises en œuvre, mais qui n’a pas abordé le climat apaisé attendu pour éviter les tensions et les guerres.

La finalité de ce dialogue, prouve-t-il, c’est d’organiser un cycle électoral réaliste, c’est-à-dire qu’il y a des élections qui devront être probablement être reportées en 2017-2018, celles notamment dont la non-tenue n’offense pas la Constitution. Bien plus, vous voyez ce qui se passe au Burundi, il y a mort d’hommes au jour le jour depuis des semaines, s’il y avait eu un dialogue politique, je parie qu’il n’y aurait pas autant de morts quasi journalièrement.

Je pense qu’il faut aller vers le dialogue, qui est une culture politique. Notre pays a connu des dialogues à Antananarivo, à Coquilathville, à Sun City et la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Il n’est pas moins démocratique le dialogue. C’est la grandeur d’organiser le dialogue, lorsque vous considérez qu’en cas de divergence, qu’il y ait des tensions et la guerre, faire des compromis, parce qu’il s’agit de la vie de la nation. Il faut donc desentimentaliser la question du dialogue et y aller sur base des principes et les valeurs, sachant que c’est la Nation qui gagnera. A partir du moment où vous avez un calendrier qui fixe l’élection présidentielle pour le mois de novembre 2016, ce calendrier respecte la Constitution. Maintenant, s’il y a des craintes qu’il peut y avoir des dépassements, il n’y a pas meilleur endroit de le dire que dans un dialogue.

Clément Kanku pour la libération des prisonniers politiques

Clément Kanku, président du Mouvement pour le renouveau (MR), est un parti qui est toujours rattaché à l’ordre démocratique et a toujours prôné la décrispation de l’atmosphère sur le plan politique. Le MR a toujours demandé que les gens, du moins les politiciens se parlent. « Nous avons été consulté, c’est vrai par le Chef de l’Etat sur des questions qui touchent à la Nation et nous avons pensé qu’il fallait venir le voir pour lui dire ce que nos bases respectives pensent », soutient-il. Une des premières choses que nous avons dite au Chef de l’Etat et nous avons trouvé que lui-même était déjà dans ce sens là, c’est le respect de la Constitution. Comme vous savez, on n’est pas venu ici pour comploter contre la République, nous sommes venus pour construire et non pour comploter. Et donc, il y a besoin de respecter la Constitution.

Et de renforcer, nous avons pensé que le dialogue tel que proposé, hier souhaité par certains collègues de l’opposition, aujourd’hui refusé par les autres, doit avoir lieu. En démocratie, le dialogue est une vertu. Mais dialogue, il faut que les termes de référence soient bien connus et qu’on sache exactement où est-ce qu’on va atteindre. Nous avons donc proposé au Chef de l’Etat qu’il soit un dialogue inclusif ; Sinon, ce serait contre-productif en ayant un dialogue avec un seul groupe d’opposants et nous reviendrons à la case départ comme ça été le cas aux concertations nationales.

« Je crois qu’au MR, nous avons toujours pris position pour que la question qui touche aux élections, qu’on ait un calendrier consensuel. Et nous avons toujours pensé qu’il fallait libérer certains opposants. Nous en avons parlé au Chef de l’Etat à qui nous avons demandé la libération des prisonniers politiques pour décrisper le climat politique », dit-il, avant d’ajouter que nous avons aussi demandé au Chef de l’Etat de faire en sorte que les médias proches de l’opposition soient ouverts et nous avons déposé un mémorandum pour ce. La question du consensus n’a pas commencé aujourd’hui et nous avons commencé ce travail avec l’opposition. Nous avons déjà vu d’autres collègues comme les membres de l’UDPS sur l’opportunité ou pas du dialogue et aujourd’hui nous attendons un autre groupe pour discuter.

(Jean-Marie Nkambua)

 

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