Au Procès Jean-Martin Mbemba et l’Etat congolais: Les parties civiles réclament 75 millions de FCFA de dommages et intérêts

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L’épouse MahoungouTekanima et sa fille qui se sont constituées partie civile au procès de Jean-Martin Mbemba, ont réclamé un montant de 75 millions de FCFA, au titre de dommages et intérêts, suite au préjudice subi lors du braquage du 18 mars 2013 à leur domicile situé au quartier Kinsoundi, dans l’arrondissement 1 Makélékélé. Cette demande a été formulée devant la barre, après la déposition du Colonel Jean-Claude Bango.

Le procès Jean-Martin Mbemba, ancien ministre congolais de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, président de la Commission national des droits de homme, jugé par contumace et poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat,  s’est poursuivi, ce 31 mai, avec la série des dépositions. Et à la barre se sont succédés, à tour de rôle, l’accusé Jean-Claude Bango et la famille Tekanima qui s’est constituée comme partie civile.

A la question de la Cour relative à l’évaluation du préjudice subi lors du braquage du 18 mars 2013 dans leur domicile, l’épouse Tekanima et sa fille, contre toute attente, ont exigé des commanditeurs,le montant de 75 millions de CFA. En effet, au cours de leurs dépositions respectives, du 29 et 30 mai 2018, elles ont signifié être victimes d’un braquage par des «  bourreaux cagoulés » qui les ont fait subir un traitement cruel et dégradant après leur avoir extorqué une somme de 900.000 FCFA et un téléphone portable.

Grâce au téléphone portable, les services de police ont remonté la filière et mis la main sur Jean-Rolland Massamba, ex-combattant du pasteur Ntoumi et pu identifier la source des armes utilisées par les  deux assaillants. Les enquêtes de police ont été formelles : ces armes provenaient de la dotation officielle de la garde du ministre Jean-Martin Mbemba.

Dans leurs dépositions, les co-accusés, Jean-Jacques Malela et Jean-Rolland Massamba,  ont confirmé, à leur tour, avoir été présents au domicile de M.MahoungouTekanima, le 18 mars 2013, pour réclamer un droit relatif à un service rendu. L’ancien Directeur financier à la Primature, MahoungouTekanima a reconnu, devant la barre,  Jean-Jacques Malela qui fut son chauffeur, mais pas Jean-Rolland Massamba qui exerçait également comme chauffeur à la Primature.

Le statu quo a demeuré jusqu’au 31 mai, dernier jour de l’instruction avec la déposition duColonel Jean-Jacques Bango, ancien Directeur départemental de la police du Pool. Ce frère du principal accusé Jean-Martin Mbembaest resté sur la même logique ; celle de tout nier,que trois autres co-accusés, à savoir Jean-Jacques Malela et Jean-Rolland Massamba, poursuivis pour vol qualifié et  Ismaël Mabari accusé d’atteinte à la sécurité d’ l’Etat et détention illégale de munitions et d’armes de guerre.

Le Colonel Bango, poursuivi également pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et détention illégale et munitions d’armes de guerre, n’a pas reconnu ses déclarations contenues dans les procès-verbaux de la police, ni le montant de 200 millions de FCFA que le ministre Jean-Martin Mbemba aurait mis à la disposition d’une tierce personne pour l’organisation du coup d’Etat, ainsi que les 400 kalachnikov retrouvés par la police dans le coffre d’une voiture provenant de l’ancien ministre congolais de la Fonction publique.

Les yeux de l’opinion sont désormais rivés sur les réquisitions du Ministère public et les plaidoiries des avocats de la partie civile et de la défense, prévues pour ce 1er juin. La stratégie de défense, celle de toute nier, optée par les co-accusés, portera-t-elle ses fruits ? Affaire à suivre.

(Roch Bouka/Correspondant de la RtgaWorld à Brazzaville)

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