Au dialogue politique national et inclusif: La MP cède la Primature

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Il ne sert à rien de spéculer sur la capacité démocratique duPrésident de la République Joseph Kabila, Chef de l’Etat qui, pour l’intérêt supérieur de la nation, a concédé à toutes les exigences de l’opposition, en bon père de la Nation. Là où les enfants se disputent autour du sexe des anges, le Chef de l’Etat a coupé la poire en deux, bien que c’est lui qui soit visé en premier lieu.

La Majorité présidentielle a tout cédé : la séquence des élections, la Primature à l’opposition, malgré sa position de voir la Ceni convoquer le scrutin de la base au sommet, l’opposition a tout obtenu. Reste à elle de prouver la capacité mobilisatrice des finances pour l’organisation des élections dans le délai raisonnable fixé par les délégués au dialogue. Somme toute, la MP n’a obtenu que la refonte totale du fichier électoral, un élément essentiel, du fait que ledit fichier a été déclaré corrompu, infecté, indigeste voire inadapté.

Plus de trois semaines durant, les délégués au dialogue politique se sont concentrés sur les questions qui divisent l’opposition et la Majorité présidentielle. Après avoir décidé des séquences des élections, de la refonte totale du fichier électoral, du financement et de la sécurisation desdites élections, le nœud du problème politique restait la signature de l’Accord politique entre les deux camps, sous l’œil vigilant de la Société civile et des personnalités politiques.

Il se dégage de la rencontre du samedi 15 octobre 2016 au Pullman Hôtel, entre les représentants de la Majorité présidentielle et ceux de l’opposition politique, la rencontre dite de la dernière chance devant le Facilitateur Edem Kodjo, en présence du Groupe de Soutien à la Facilitation, que le point de divergence qui les opposait a été surmonté, en ce que les  20 délégués de chaque composante politique se sont harmonisés sur la gestion du Gouvernement de la République. A en croire le co-modérateur Alexis Thambwe Mwamba qui a affirmé au passage que dès ce samedi, les 20 délégués de chaque composante se sont convenus que la Primature soit confiée à l’opposition et que ledit Accord fasse l’objet de débat à la plénière d’aujourd’hui lundi 17 octobre 2016. « Je voudrais avec mon co-modérateur de l’opposition, vous signaler que nous sortons d’une réunion avec le Facilitateur. Celui-ci nous a fait part des conclusions auxquelles sont parvenues les équipes de travail qui devraient discuter sur un certain nombre de questions restées en suspens. Effectivement, ces équipes du travail sont arrivées à la conclusion toute à fait heureuse qui permette d’espérer que notre Dialogue va pouvoir aboutir comme nous le souhaitions. Il est normal que les conclusions soient d’abord apportées à la plénière du Dialogue qui aura lieu le lundi. Ce qu’on peut vous dire maintenant, c’est que nous sommes arrivés effectivement, nous allons vers un Accord qui va être soumis à la plénière du Dialogue », a dit Maitre Alexis Thambwe Mwamba, aux sortir de la réunion. Ceci étant, il reste aux délégués de la Cité de l’Union Africaine de mettre les bouchées doubles pour clôturer en beauté le Dialogue, en opposition avec la Conférence nationale souveraine (CNS) de triste mémoire, qui s’était clôturée en queue de poisson.

Le compromis trouvé sur toutes les questions

Même réaction du côté de l’opposition, lorsque Vital Kamerhe, l’un des co-modérateurs au Dialogue, a confirmé les propos de son prédécesseur, lorsqu’il affirme en ces termes : « Je confirme donc, le Co-modérateur de la Majorité, mon collègue Alexis Thambwe Mwamba vient de dire. Il vous souviendra que nous avions déjà trouvé un compromis, le consensus comme nous l’avons dit la fois passée sur le fichier électoral, c’est-à-dire la refonte totale ; nous avions aussi trouvé le consensus et le compromis sur la séquence des élections : coupler la Présidentielle, les législatives nationales et les législatives provinciales et si les moyens les permettent, les locales. Il restait la question majeure qui faisait l’objet de négociation. Il s’agissait notamment du calendrier puisqu’il est question du processus électoral ; de la question de la gestion des institutions pendant la période intérimaire ainsi que d’autres mesures d’accompagnement. Je voudrais donc confirmer ce que le Ministre Thambwe vient de dire, le compromis sur toutes les questions qui ont été trouvées et que le lundi effectivement, les compromis trouvés vont être soumis à la plénière et après, nous allons signer l’Accord. Donc, nous pouvons annoncer à l’opinion nationale et internationale que l’Accord a été trouvé, mais il faut d’abord que tous ces compromis passent par les formalités de la plénière du Dialogue », a affirmé pour sa part Vital Kamerhe.

C’est officiel, le Dialogue prend exactement fin demain mardi 18 octobre 2016, après 59 jours, pendant qu’il était prévu pour 15 jours avec probable prolongation. La Cité de l’Union africaine sera fermée officiellement après la dernière plénière consacrée à l’adoption de l’Accord trouvé entre la Majorité présidentielle et l’opposition politique. Aucune divergence n’oppose les deux camps, ont affirmé les deux co-modérateurs Alexis Thambwe Mwamba et Vital Kamerhe, respectivement chefs des délégations de la Majorité présidentielle et de l’opposition. Raison pour laquelle le consensus politique trouvé est soumis à la plénière de ce lundi, telle est la conclusion de la mini-plénière de 20 membres, représentants toutes les composantes, qui s’était tenue le samedi 156 octobre à Pullman Hôtel autour du Facilitateur de l’Union africaine Edem Kodjo.

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Si l’Accord politique est adopté à la plénière, la clef de la Cité de l’Union africaine sera sous ses paillassons. Pour rappel,  le compromis porte sur la date de la présidentielle fixée en avril 2018, la gestion consensuelle de la Primature par l’opposition, le maintien du Président de la République dans ses fonctions jusqu’à l’élection présidentielle ; la restructuration du Bureau de la Commission électorale nationale indépendante et le respect de la Constitution.

Ce compromis respecté, il reste la fixation du nouveau locataire aux termes de l’article 78 de la Constitution. Par cette disposition constitutionnelle, le Président de la République nomme le Premier ministre conformément à la nouvelle Majorité parlementaire devant choisir le nouveau Premier ministre.

Il faut dire que l’ancienne résidence de Patrice Emery Lumumba est la convoitise des délégués membres de l’opposition qui ont pris part active au Dialogue ce, malgré leur caprice politique de monter les enchères jusqu’à l’obtention de la Primature.

Vital Kamerhe, Samy Badibanga, Jean-Lucien Busa, Steve Mbikayi, Florentin Mokonda Bonza, Azarias Ruberwa, Moîse Nyarugabo vont se bousculer à la porte de l’ancienne résidence du premier Premier ministre du Congo indépendant.

En tout cas, qu’on se le dise, c’est ici où le Président de la République, Joseph Kabila, Chef de l’Etat use de son pouvoir discrétionnaire, en nommant un Premier ministre qui ne va pas lui poser, ni l’amener à la crise entre institutions. Ce qui sera plus pire si jamais l’on arrivait à ce point de crise interinstitutionnelle de triste mémoire qui a vu naître, en 1961, le conflit entre le Président de la République Joseph Kasa-Vubu et son Premier ministre, Patrice Emery Lumumba, crise qui a profité au groupe dit de Binza, appelé Commissaires généraux. L’on se souviendra que ce conflit les a affaiblis, donnant ainsi à Joseph Mobutu l’opportunité de les neutraliser tous les deux.

Que cela n’arrive pas avec cette ‘’cohabitation volcanique’’, qui risque de faire la passe en or à l’Occident qui n’attend que l’embrasement du pays. Comme pour dire que le Congo a besoin d’un Premier ministre non conflictuel susceptible d’être accepté par toute l’opposition au Dialogue, nonobstant les radicaux qui refusent tout, y compris le reniement de leur propre signature.

(Pius Romain Rolland)

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