Des journalistes édifiés sur la Directive du CSAC relative à la campagne électorale

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Des journalistes édifiés sur la Directive du CSAC relative à la campagne électorale

Dans la perspective des élections, les deux institutions d’appui à la démocratie : CENI- CSAC sentent venir, plus qu’hier, le besoin de consolider leur synergie, pour des raisons évidentes. L’approche du lancement officiel de la campagne électorale a donné lieu à l’opportunité d’en vulgariser la Directive que le CSAC a conçue à cet effet.  

Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, CSAC, Tito Ndombi a exhorté les professionnels des médias du secteur tant public que privé, à s’engager dès à présent, dans une logique du succès de la campagne électorale des prochains scrutins. C’était à l’occasion de la clôture, hier, d’un atelier d’information sur « la Directive relative à la campagne  électorale à travers les médias ». Les travaux ont couvert deux journées, du 02 au 03 courant, au Centre d’études pour l’action sociale, CEPAS à la Gombe. C’était avec l’appui à l’organisation de la Fondation Konrad Adenauer, représentée par Mme Nzege Kota Deborah.

« Je suis convaincu que le temps passé ensemble dans le cadre de cet atelier de deux jours nous aura permis d’avoir une même compréhension de la directive. Ensemble, nous venons d’atteindre l’objectif que le Conseil a assigné à ces assisses. Pour une meilleure couverture médiatique de la prochaine campagne électorale, je vous prie de faire ce cette directive votre credo dans le cadre de votre travail, pour en garantir le succès le moment venu », a-t-il exhorté.

A la clôture, les participants ont émis des recommandations à l’endroit respectivement du Gouvernement de la République, du CSAC et de la Commission électorale nationale indépendante, CENI. La conférence inaugurale animée par le professeur Jean-Chrétien Ekambo a eu pour intitulé : « les médias face à la campagne électorale ». Les rapporteurs respectivement de la CENI et du CSAC, Jean-Pierre Kalamba et Chantal Kanyimbo ont épilogué, l’un sur « la gestion concertée de l’affichage et du colportage par la CENI et le CSAC », l’autre «les médias publics face à la question de la neutralité électorale ». Le jour suivant, l’exposé du professeur Matumweni rendu par Mme  le rapporteur du CSAC, a porté sur « l’audiovisuel privé et médias en ligne face au pari de l’impartialité et de l’équilibre.

Accélérer le déploiement des coordinations CSAC en provinces

A la lumière de la conférence inaugurale et des différents exposés et des travaux en ateliers, les participants ont déduit notamment l’urgence que requiert le déploiement du CSAC à travers les provinces.  Au gouvernement de la République, ont-ils relevé, de mettre le paquet en vue d’accélérer l’implantation du CSAC dans les nouvelles entités décentralisées post-découpage territorial.

La conférence inaugurale a permis à l’orateur de décortiquer, pour éclairer la lanterne des participants, les soixante-onze (71) articles constitutifs de la Directive sue évoquée. « Les médias doivent être l’arbre au milieu du village. Pour cela, la Directive prévoit comment tous les candidats Présidents de la République pourront accéder aux médias publics pendant la campagne électorale. S’ils veulent servir comme outil de la campagne électorale, les médias privés devront présenter une grille spéciale qui sera avalisée, à cet effet, par le CSAC », a indiqué le professeur au cours de la conférence inaugurale.

La vulgarisation de la Directive, ont relevé les participants, est une exigence et cela inclut l’usage des langues nationales.

Le Conseil supérieur doit s’employer à sensibiliser les patrons de presse au respect de la Directive et des règles déontologiques. L’atelier a également ressorti l’avantage d’un code de bonne conduite en tripartite : CSAC – responsables des médias et acteurs politiques (ces derniers en situation d’intervenants dans les médias).

Pourvoir les institutions d’appui à la démocratie des moyens de leur mission 

L’atelier a constaté que la Directive relative à la campagne électorale n’a pas force de loi. Ce handicap l’exposant, du fait même, au mépris de certains acteurs politiques. D’où, ont estimé les participants, le gouvernement devrait jouer œuvre utile en garantissant les institutions d’appui à la démocratie de l’étroite collaboration de la Police et des cours et tribunaux.

La CENI (à travers son intervenant) déplore la manœuvre de certains candidats pressentis, qui abusent des règles du jeu, en se livrant à cœur joie à la campagne électorale précoce. « Le Congolais a imaginé autrement pour contourner les dispositions légales en vigueur, relative notamment à la durée légale de la campagne électorale. Trop de banderoles et d’affichages, à cet effet, portant des images et des messages tout ciblés », a-t-il déploré. Dès lors que les médias sont sollicités dans cette démarche et même l’administration communale et urbaine, la CENI lance un appel à la consolidation de la synergie, pour faire plier des candidats astucieux. Dans leurs recommandations, les participants ont invité la CENI à mettre du sien dans la sécurisation des professionnels des médias engagés dans la campagne électorale.

Couvrir les besoins financiers des médias privés

L’article 15 de la Directive stipule ce qui suit : le personnel des organes de presse de service public est tenu, en ce qui concerne les opérations mentionnées dans la présente Directive, aux obligations du secret professionnel et de la confidentialité.

L’article 16 : Sont exclus de la campagne électorale les chargés de communication, les attachés de presse, les chargés des relations publiques, les agents de publicité et les journalistes permanents auprès des institutions publiques. A cet effet, les responsables des médias doivent établir et acheminer au CSAC la liste de tout le personnel concerné par l’alinéa précédent.

L’article 18 de la Directive stipule que « pendant la durée de la campagne, le principe d’égalité de traitement entre candidats doit être scrupuleusement respecté dans les programmes d’information tant à la radio, à la télévision qu’à l’Agence congolaise de presse ».

Il va sans dire que les médias publics véhiculent la ligne éditoriale du gouvernement, et les médias privés, pour leur part, sont sous le contrôle des groupes d’affaires qui les financent. Partant de cette évidence contenue notamment dans l’exposé de la deuxième journée, les participants ont recommandé la subvention des médias privés à travers le pays par le gouvernement. Le cas échéant, ces opérateurs pourraient être à même, sous l’œil vigilant du CSAC, d’observer, autant que faire se peut, le principe de l’impartialité et celui de l’équilibre. Dans le même ordre d’idée, lesdits médias pourraient faire face au déficit technique les caractérisant. L’atelier a constaté un vide juridique s’agissant les médias en ligne. Toutefois, la campagne électorale à travers le net est un libre choix des candidats, mais dans le respect des normes.

 « Veiller au respect de la déontologie en matière d’information », a insisté Chantal Kanyimbo

Mme le rapporteur du Conseil supérieur (dont un extrait du discours suit), a exposé sur «les médias publics face à la question de la neutralité électorale ». Elle a mis un accent sur les textes réglementaires organisant la neutralité. A ce sujet, elle a notamment précisé : la loi organique qui fixe la composition, les attributions et le fonctionnement du CSAC lui donne pour mission de : garantir la liberté de la presse, de l’information et de tout autre moyen de communication de masse ; assurer la protection de la presse ; veiller au respect de la déontologie en matière d’information; veiller à l’accès équitable des partis politiques, associations et de toute autre personne aux moyens officiels d’information et de la communication.

Dans ses attributions, à l’article 9, point 6, la Loi organique dispose que le Conseil est chargé de veiller au respect de la loi fixant les modalités de l’exercice de la liberté de presse en République

Démocratique du Congo. L’article 36 de la loi n096-002 du 22 juin 1996 dispose: «Les médias de l’Etat doivent fonctionner dans l’indépendance, la neutralité et le respect du principe de l’égalité de tous devant la Loi. Ils ne peuvent en aucune circonstance compromettre l’exactitude et l’objectivité de 11nformation. L’article 53 de la loi sus évoquée précise: « La communication audiovisuelle publique est pluraliste. Elle ne peut, en aucun cas, être monopolisée au profit d’une seule opinion ou d’un groupe d’individus ». Les textes juridiques qui organisent le secteur de 11nformation et de la communication ont déterminé les conditions de fonctionnement des médias publics. Les médias publics qui bénéficient des subsides de l’Etat, émanation des impôts payés par la population et de la redevance payée par les détenteurs des postes radio et/ou télévision selon l’article 54 de la même loi, sont donc particulièrement concernés par la question du pluralisme et de la neutralité, surtout en période électorale.

En dehors des textes réglementaires qui recommandent les professionnels à observer la neutralité et le pluralisme dans le traitement de 11nformation, il y a aussi le Code de déontologie et d’éthique professionnelle des journalistes congolais.

A quoi donc doit tenir cette neutralité des médias publics en période électorale? La Déclaration universelle des Droits de l’Homme des Nations-Unies reconnait à chaque individu le droit à 11nformation et le droit d’être informé. L’article 51 de la loi 96-002 du 22 juin 19 86 stipule que la communication audiovisuelle est libre. Toute personne physique ou morale a le droit de produire, transmettre, recevoir tous les produits de la communication audiovisuelle et d’y participer sous réserve de l’ordre public, des droits d’autrui et des bonnes mœurs. Et en son article 13 la loi fait obligation à l’Etat d’assurer et de rendre effectif le droit à 11nform’ation et en soulignant que les moyens d’information et de communication appartenant à l’Etat sont des services publics dont le fonctionnement est régi par une structure indépendante du Ministère ayant l’information et la presse dans ses attributions. Cette structure, c’est le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication qui est, au regard de la loi 96-002 du 22 juin 1986 l’autorité compétente à veiller au respect. L’arsenal juridique de la République Démocratique du Congo a clairement fixé le cadre de la neutralité du service public de l’audiovisuel dans notre pays. A cet égard, les médias publics ont le devoir d’assurer le pluralisme des opinions. Davantage encore en période préélectorale électorale et post-électorale pour garantir la paix sociale. La Directive relative à la campagne électorale à travers les médias fixe les règles du jeu et les conditions dans lesquelles doit s’organiser la couverture médiatique de la période électorale.

(Payne)

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