Au cours de l’émission Questions d’actualité, L. Mende précise: « Tout n’est pas prêt pour nous amener aux élections (…) »

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*Invité d’une émission diffusée sur quelques chaines de télévision à Kinshasa, Lambert Mende, ministre de la Communication et Médias s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité. A l’en croire, le Gouvernement est obligé de constater que tout n’est pas prêt pour amener les congolais aux élections. Il a cité des problèmes de comportement qui sont extrêmement importants.  «Nous ne voulons plus revivre ce qui s’est passé en 2006 et en 2011, des problèmes de financement qui font que nous avons des moyens limités, alors que le système de votation que nous avons mis en place est extrêmement couteux. Il y a les mauvaises habitudes que certains de nos partenaires ont prises ces dernières années de vouloir se substituer à nous. Or, la substitution de souveraineté est quelque chose qui est contraire à l’auto-détermination d’un peuple », a-t-il dit

*Pour le porte-parole du Gouvernement, l’essentiel est de voir le plus grand nombre des Congolais adhérer et « nous essayons de faire en sorte que beaucoup puisse se rendre compte de la sagesse des positions que le Président de la République est entrain de nous suggérer, à moins de nous donner d’autres idées», explique le ministre Lambert Mende pour qui la seule qui puisse marcher et qui puisse nous permettre d’aller dans l’intérêt du pays et de la population, c’est celle d’un dialogue national. L’autre alternative étant des affrontements, le sang, les guerres… « Je n’estime pas qu’il y a beaucoup de Congolais qui souhaiteraient cela, sauf de petits calculateurs qui espèrent par cette voie-là échapper à la démocratie pour pouvoir arriver à captiver les espaces du pouvoir », affirme-t-il

Le dialogue politique national inclusif convoqué par le Chef de l’Etat, la messe noire de Gorée au Sénégal, les détournements, le suicide d’un Congolais craignant son transfèrement en Rd Congo, etc. étaient au centre de l’émission Questions d’actualité de la Rtnc, animée par Jean-Oscar Kabamba. Pour l’occasion, trois journalistes de certaines chaines privées ont été conviés. Il s’agit de Jules Kidinda (Rtga World), Fabien Lumbala (Télé 50) et Elysée Odia (Congo Web). Au cours d’un jeu de questions-réponses, la presse a voulu savoir pourquoi le dialogue tardait. Est-ce faute d’un consensus ou d’inclusivité ?

Pour Lambert Mende, il est normal qu’en cette année électorale, qu’il y ait de la chaleur. Mais il a aussi noté un espoir, qui doit être accompagné de la lumière. Ainsi, il faut éviter qu’il y ait plus de chaleur que de lumière. Il faut que les gens cessent de s’agiter et se concentrent sur la recherche des solutions aux vrais problèmes, parce que des problèmes, il y a en. « Nous sommes obligés de constater que tout n’est pas prêt pour nous amener aux élections. Il y a des problèmes de comportement d’abord, qui sont extrêmement importants et nous ne voulons plus revivre ce qui s’est passé en 2006 et en 2011 ; il y a des problèmes de financement qui font que nous avons des moyens limités, alors que le système de votation que nous avons mis en place nous-mêmes est un système extrêmement couteux ; il y a les mauvaises habitudes que certains de nos partenaires ont prises ces dernières années, de vouloir se substituer à nous », dit-il, car pour lui, la substitution de souveraineté est quelque chose qui est contraire à l’auto-détermination d’un peuple. Il y a tous ces problèmes-là pour lesquels le Président de la République a estimé nécessaire de nous inviter à un dialogue national, afin qu’ensemble, nous puissions voir comment mettre les mécanismes qui permettent d’avoir les seules élections qui vaillent, c’est-à-dire, des élections apaisées, transparentes et démocratiques. Parce que si une élection n’est pas démocratique, à quoi bon l’organiser ?

Le dialogue, seule alternative crédible

Ici, les journalistes ont demandé au ministre de dire tout simplement la vérité au peuple, selon laquelle, il n’y aura pas élections. Pour le porte-parole du Gouvernement, il n’y a pas beaucoup de pays au monde où les initiatives qui viennent d’en haut sont partagées par tout le monde. Le royaume de l’unanimité c’est souvent le royaume de la dictature. Je doute fort que dans un pays démocratique une idée qui vienne du sommet soit obligatoirement à partager par tout le monde. L’essentiel est que le plus grand nombre des Congolais puisse y adhérer et nous essayons de faire de sorte que beaucoup puisse se rendre compte de la sagesse des positions que le Président de la République est entrain de nous suggérer, à moins de nous donner d’autres idées. Nous n’en avons pas encore reçues jusqu’à présent. La seule qui puisse marcher et qui puisse nous permettre d’aller dans l’intérêt du pays et de la population, c’est celle d’un dialogue national. L’autre alternative étant des affrontements, le sang, les guerres, etc. « Je ne pense pas qu’il y a beaucoup de Congolais qui souhaiteraient cela, sauf de petits calculateurs qui espèrent par cette voie-là échapper à la démocratie pour pouvoir arriver à captiver les espaces du pouvoir. Mais ne je pense pas qu’il soit suffisamment représentatif de l’espace sociologique congolais », martèle-t-il.

Au sujet de la position affichée par l’UDPS, le ministre de la Communication et Médias estime que le dialogue n’a pas été convoqué pour tel ou tel autre acteur congolais. « L’UDPS est un parti politique parmi la multitude qui existe dans le firmament politique de la Rdc. C’est à la demande de ce parti que le dialogue a été convoqué. Si ce parti venait à remettre en cause sa propre demande, là nous sommes dans le domaine de la posture, parce que nous n’avons pas reçu une position officielle de ce parti », dit-il, avant d’ajouter que nous avons entendu des membres de la famille prendre position, nous préférons nous en tenir aux positions qui ont été annoncées de la manière la plus officielle par les autorités représentatives de ce parti. Peu nous importe les états d’âmes ou les postures d’auto-évaluation des membres de leur proche famille.

Est-ce que Tshisekedi fils n’est pas l’interlocuteur valable ? Lambert Mende a coupé court. « Je ne me permettrai pas ici de parler de la vie des gens, tout comme je n’accepterai pas que les gens parlent de mes enfants », martèle-t-il, tout en insistant sur le fait que nous ne sommes pas là pour parler des enfants de Kabila, de Tshisekedi, nous parlons bien de l’UDPS qui a un président qui s’appelle Tshisekedi (…).

Pour lui, le Gouvernement s’est mis d’accord avec l’UDPS pour qu’il y ait ce dialogue. Pour que ce dialogue soit ce que le Président de la République a défini qu’il devait être. Nous nous sommes mis d’accord pour que ce dialogue soit convoqué par la seule autorité attitrée à le convoquer. Au sein de l’UDPS, il s’est dégagé des voies dissonantes, ne me demandez pas à moi de vous donner l’explication des dissonances qui appartiennent à un parti politique.

Et la question de savoir ce qu’ils feront si les autres partis politiques de l’opposition campent dans leurs positions, le porte-parole du Gouvernement précise : « Moi je vous parle des dissonances dans un parti et vous me parlez comme si ce parti avait pris position de manière formelle ! Je me tiens à ce qui a été convenu à la fin des pré-consultations qui ont eu lieu ; je me tiens à des positions officielles qu’exprime le Secrétaire général de ce parti. Et vous voulez donner l’importance à des propos des postures, de mise en valeur de tel ou tel autre membre d’un parti. Sincèrement, cela ne m’intéresse pas.

Laissez au Gouvernement de prendre des précautions

Au cours de l’émission, il a été demandé au ministre de savoir, en quoi la démarche de Gorée au Sénégal est infractionnelle, étant donné qu’il s’agissait d’un atelier de réflexion que d’autres ont qualifié d’un apprentissage des techniques insurrectionnelles ? Et le ministre de préciser : « vous parlez de Filimbi, une structure que nous pouvons qualifier d’objet juridique non identifié. Il n’existe pas juridiquement en Rdc », rétorque-t-il, avant de mentionner que la constitution implique qu’on puisse obéir aux lois. Il n’est pas possible de poser un acte dans un pays de droit sans avoir une identité. Vous devez exister pour poser un acte, précise-t-il. C’est pourquoi la constitution oblige tout auteur d’un acte quelconque à exister légalement. Pourquoi elle n’existe pas ? Parce qu’elle veut faire de la subversion en Rdc. Donc, aller dans une initiative d’un groupe comme celui-là qui veut faire de la subversion, pour nous, c’est déjà suspect, indépendamment de tout le reste. En suite, il y a les initiatives de financement par l’étranger, il y a le passé de Filimbi, je dis que la sécurité de notre pays est en cause. Lorsqu’il y a eu mort d’hommes, si nous avons eu beaucoup de critiques, c’est parce que nous avons utilisé beaucoup de précautions. Donc, laissez au Gouvernement prendre ses précautions face à toute menace contre la sécurité, car c’est ce qui s’est passé à Gorée menace la sécurité des Congolais. Pour le reste, ils sont libres de se fédérer. Ils l’ont toujours fait, pourquoi n’avons-nous toujours pas réagi et pourquoi réagissons-nous maintenant? Pourquoi l’Eglise catholique s’est retirée s’il n’y avait rien à se reprocher ? Dites vous bien qu’il y a anguille sous roche et la justice nous permettra très bientôt pour que les pots au rose soit découvert. Mais la sécurité de cet Etat est en jeu et ne demandez pas au Gouvernement de rester bras croisés face à cette menace.

C’est ici qu’il a précisé que dans le même ordre d’idée , que Filimbi, Lucha et autres, cette 4ème voix n’a aucune existence légale en Rd Congo. Si c’est MM. Lumbala ou Kabamba qui veulent poser un acte, nous le saurons. Il ne faut pas vous cacher derrière une fiction, quelque chose qui n’existe pas. Il y a aussi des actes de recrutement des personnes pour rééditer les tristes exploits que nous avons vécus au mois de janvier ici et que le Gouvernement tient absolument à ne plus revivre. Que l’on puisse aller piller les commerces, tuer les policiers, détruire les commissariats, que l’on puisse tuer des innocents, nous n’accepterons pas. Or, c’est ce que ce fameux fondateur de la 4ème voix s’était occupé à faire. Les services de renseignement qui ont transmis les informations à la justice et qui sont entrain de s’en occuper. « Ne me poussez pas à vous dévoiler les conclusions d’un dossier qui est encore en instruction judiciaire », répond-t-il.

Pas de substitution au peuple congolais

Selon le ministre, il y a des gens qui souchetaient rééditer les tristes exploits de janvier 2016 et qui se glorifient d’avoir incendié des commerces dans cette ville, d’avoir assassiné des policiers, d’avoir assassiné des innocents et voudraient rééditer cela. Le Gouvernement ne va jamais organiser une manifestation. Mais dans tous les cas, il est informé de ce que les partis politiques nationalistes, patriotes ne veulent plus que cette expérience soit rééditée et sont prêts eux-aussi à se lever pour dire non. C’est un débat démocratique que nous voulons. Nous allons mettre bon ordre de part et d’autre.

Et les élections qui doivent avoir lieu en 2016 sont des élections fixées dans un texte que nous appelons des lois. Ces textes sont les fruits soit du peuple congolais directement par référendum, soit du peuple congolais indirectement par ses représentants qui votent des lois. Au nom de quoi pourrions-nous nous substituer au peuple congolais pour décider ? D’où la décision de pouvoir mettre le peuple congolais, à travers ses représentants autour d’une table pour revisiter ces défis. Pourquoi nous en faire des reproches ?

(Propos rendus par Jean-Marie Nkambua)

 

 

 

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