Attribution des nouvelles concessions forestières: Greenpeace exige l’annulation des contrats de Somifor et Fodeco

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Vue générale de forêts en République démocratique du Congo. © AFP PHOTO / Junior D. Kanna
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Dans son rapport d’enquête publié hier, Greenpeace Afrique accuse, une fois de plus, le Gouvernement congolais d’avoir violé « secrètement » le moratoire sur l’attribution de nouveaux titres d’exploitation forestière qu’il a lui-même mis en place en 2002. Ce, pour avoir accordé trois concessions forestières d’une surface totale de 650.000 ha en 2015 à deux sociétés étrangères, en l’occurrence SOMIFOR et FODECO. Greenpeace exige, à cet effet, l’annulation des contrats de ces concessions.

Une enquête de Greenpeace Afrique révèle que le gouvernement congolais a accordé, en 2015, trois concessions d’une surface totale de 650.000 hectares à la Société la Millénaire forestière Sarl (SOMIFOR) dans les provinces de l’Equateur et de la Tshuapa, ainsi qu’à la société la Forestière pour le développement du Congo Sarl (FODECO) dans la province de la Tshopo.

L’Ong internationale de protection de la nature considère que par l’octroi de ces trois contrats de concessions, le Gouvernement congolais a ainsi violé secrètement le moratoire qu’il a lui-même mis en place en 2002, sur l’attribution de nouveaux titres d’exploitation forestière.

Les chercheurs de Greenpeace affirment s’être procurés de ces contrats signés en 2015 par M. Bienvenu Liyota Ndjoli, alors ministre de l’Environnement et du Développement durable de l’époque. Dans ce rapport publié hier, Greenpeace présente aussi les preuves qui indiquent qu’avec ces attributions faites dans le secret, le Gouvernement congolais contourne le moratoire avec l’intention de le lever avant que les conditions préalables ne soient remplies, menaçant ainsi la deuxième plus grande forêt tropicale au monde.

« Nous exigeons du gouvernement congolais de non seulement annuler immédiatement les contrats des concessions de Somifor et de Fodeco présentés par Greenpeace, mais aussi de déterminer s’il y a eu d’autres violations du moratoire et de s’assurer que les officiels impliqués dans ces illégalités soient punis », déclare Irène Wabiwa Betoko, responsable de la campagne Forêt à Greenpeace Afrique.

Le communiqué nous parvenu rapporte que dans une lettre datée du 09 juin courant, Greenpeace a demandé des clarifications sur ces violations flagrantes du moratoire au ministre de l’Environnement, mais jusqu’à ce jour, l’Ong n’a pas reçu de réponse. Ce dossier sera également transmis au Procureur général de la République de la Rdc, afin qu’il puisse enquêter sur ces affaires, assure la source.

Les forêts congolaises pour la survie de la planète

Pour rappel, les forêts congolaises, d’une superficie de 155 millions d’hectares, représentent environ un dixième de ce qu’il reste de la forêt tropicale dans le monde. Elles abritent des éléphants de forêts, des gorilles, des bonobos, des okapis, des centaines d’espèces d’oiseaux et des milliers de plantes.

Environ 40 millions de personnes trouvent leurs moyens de subsistance dans les forêts congolaises, comme leur nourriture ou leur bois de chauffage. La seule couverture forestière de la Rdc permet de stocker 7 % des émissions mondiales de carbone, devenant ainsi l’un des plus importants réservoirs au monde de carbone.

La Rdc a violé à maintes reprises le moratoire

L’on signale que le moratoire a été décrété en 2002, juste après la fin de la guerre, pour empêcher le pillage de ces immenses forêts et protéger ainsi leur biodiversité. Avec l’appui de la Banque mondiale, explique Greenpeace, la Rdc était supposée transformer son secteur forestier en une industrie durable qui devrait générer des milliards de dollars de revenus et des milliers d’emplois, tout en protégeant la forêt.

« Au lieu de mettre en place les mesures auxquelles il s’était engagé, le Gouvernement congolais a violé, à maintes reprises, le moratoire en accordant de nombreux titres illégaux, alimentant la corruption et créant d’énormes dommages économiques et sociaux », souligne la source. Celle-ci ajoute que pour s’opposer à la levée du moratoire, Greenpeace et d’autres organisations environnementales et de lutte contre la corruption se sont réunies dans une coalition début 2016.

« Le gouvernement congolais doit maintenir ce moratoire sur l’attribution de nouvelles licences d’exploitation forestières tant que les conditions définies par la loi ne seront pas remplies », a recommandé Irène Wabiwa.  L’exploitation forestière industrielle n’a rapporté que 8 millions de dollars américains au Trésor Public en 2014, les autorités devraient donc explorer et promouvoir des alternatives comme la foresterie communautaire », conclut-elle.

(Lepetit Baende)

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