Assemblée: nationale Regard sur les prestations législatives des députés nationaux

par -
0 793
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

La République Démocratique du Congo est à sa deuxième expérience législative, en cette troisième République. Après le scrutin de 2006 qui consacrait la première expérience démocratique, celle de 2011 est venue cimenter cette démocratie. Cette dernière se caractérise à l’Assemblée nationale par la volonté du président de cette Chambre législative de faire de son institution un temple de la démocratie. Ainsi, les députés nationaux ont une liberté de s’exprimer sur tous les sujets de leur choix. Ce qui peut permet d’apprécier la production législative de chaque député, ainsi que des arguments constructifs.

C’est dans cette optique qu’une mini-enquête a été effectuée par les fins limiers du Journal L’Avenir, afin d’en savoir un peu plus sur les meilleurs députés nationaux qui se font remarquer par leur prise de parole. Sur les 500 députés nationaux qui composent la chambre basse, une cinquantaine se fait remarquer positivement pendant les 3 ans de travaux parlementaires.

Il est vrai que les journalistes et la population n’assistent pas aux travaux en Commission, mais fondent leurs critiques aux travaux des séances plénières ouvertes au public. Le Président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko, celui qui assure la direction des débats, est exclu de cette catégorie des députés nationaux prolifiques, étant donné qu’il est au centre de tous les débats en ce qu’il oriente ceux-ci. Co-auteur de la proposition de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour des comptes, Aubin Minaku, avec son collègue Jean-Marie Bamporiki, membre de l’opposition, sont également exempts de ce sondage.

  1. Crispin Mbindule Mitomo

Elu de la ville de Butembo dans le Nord-Kivu, il fait partie du Groupe parlementaire UNC et Alliés à l’Assemblée nationale. Très sensible aux préoccupations qui relèvent de la sécurité dans cette partie de la République Démocratique du Congo, dans sa partie orientale, le député national Crispin Mbindule Mitomo est moins bavard à l’Assemblée nationale, mais efficace dans ses interventions en ce qui concerne le contrôle parlementaire. A son actif, il a trois initiatives, notamment une question orale avec débat adressée au Directeur  général de la Régie de Distribution d’Eau (Regideso) ; une question écrite au adressée au Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab, en ce qui concerne les cas avérés d’insécurité publique dans la Ville de Butembo, où plusieurs paisibles citoyens furent massacrés par les terroristes des ADF/NALU ; et une question d’actualité toujours au même Vice-Premier ministre sur les cas de kidnapping monnayé des populations civiles en RD Congo, plus précisément à l’Est du pays. L’on note que sa question orale avec débat adressée au Dg de la Regideso a suscité une attention particulière par les organismes internationaux qui ont financé en vue de faire de recherche sur la pollution de l’eau. Donc, c’est lui qui a mis la puce à l’oreille de ces organismes quant à la santé de la population. Pour ses prestations législatives, on lui colle une note satisfaisante dans ses interventions, soit 65,5%.

  1. Matadiwamba Kamba Mutu

 Ce bâtonnier national est le patron de tous les avocats de la République Démocratique du Congo. D’une voix limpide, mais intelligente, il est co-auteur de la proposition de loi modifiant et complétant l’ordonnance-loi n079-028 du 28 septembre 1979 portant organisation  du Barreau, du Corps de défenseurs judiciaires et du Corps des mandataires de l’Etat. Outre ses qualités d’avocat et de député national, il est expert au Comité de sage de l’Assemblée nationale, membre de la Commission Politique Administrative et Juridique, il est parmi ceux qui ont apporté leur expertise à l’amendement éventuel du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Pétrie d’expérience, il est l’un des avocats les plus sollicités dans son domaine. On lui colle une note satisfaisante de 65,4%.

  • Coco Jacques Mulongo Nzemba

Fils d’un ancien commissaire du peuple, Mulongo Misha Kabange, l’élu de Lubumbashi, dans le Haut Katanga est celui qui a dévoilé à l’Assemblée nationale l’insécurité qui avait élit domicile dans son ancienne province du Katanga. Insécurité orchestrée par un dignitaire de la Majorité présidentielle qui préside une institution provinciale au Katanga. Lors de la prise de parole pour défendre sa motion d’information, il avait dit du haut de la Tribune que si jamais cette pratique, laquelle qui a causé l’insécurité par les éléments et/ou milice d’un opérateur politique, continuait de rançonner la population, il n’hésiterait pas un seul instant de citer son nom du haut de la Tribune de l’Assemblée nationale. On lui reconnait également son intervention musclée lors de l’intervention du ministère des Affaires étrangères par rapport aux traitements inhumains qu’avaient été victimes les compatriotes en Afrique du Sud. C’est lui qui a demandé à l’Assemblée nationale la résolution dans le sens de boycotter les produits sud-africains. Horrifié par le comportement du Roi Zulu qui avait incité les sud-africains, le député national Coco Jacques nous a fait cette confidence : « Ce que le Roi Zulu a suscité en informant la population sud-africaine par rapport à l’étranger, a fait à ce que le  sud-africain qui n’a pas d’argent et qui vit dans le Township, qui n’a pas de travail se sent révolté contre l’étranger qui est venu prendre soi-disant son boulot. Ce qui n’est pas vrai. La vérité est que cet étranger qui a permis aux sud-africains d’être libre devant l’Apartheid de l’homme blanc. Alors, pour le cas du Congo, c’est un cas tout à fait simple. Je pense qu’il est temps de travailler sur les statistiques des Congolais qui vont à l’extérieur. Il n’est pas interdit au Congolais d’aller chercher le travail ailleurs, mais lorsque vous devait aller à l’extérieur pour ne rien faire, en ce moment-là, vous êtes considéré comme un criminel, parce que fin de fin vous allez tomber dans le trafic de la drogue puis être dans le viseur de la police. Ce qui n’est pas bien pour nos compatriotes ». Pour s’être rangé du côté du bon sens, on lui colle une note satisfaisante de 65,4%.

  1. Martin Fayulu (Ecidé)

 Le patron de l’Ecidé est un homme intelligent, mais son extrémiste et son radicalisme dans certaines questions lui attire les critiques de certains de ses collègues même de l’opposition. Très tranchant, toute question qui touche à la Constitution lui colle à la peau. C’est parmi les députés aussi prolifiques de cette législature en dépit de son radicalisme. Il s’est battu bec et ongle à l’Assemblée provinciale en ce qui concerne la gouvernance de la ville province Kinshasa, sa circonscription électorale. Sinon, très courtois envers la couche sociale, il est celui pour qui les Kinois peuvent compter pour la prochaine législature, la troisième. On lui colle une note satisfaisante dans ses interventions, soit 63,6%.

  1. Christian Badibangi (USC)

Lorsqu’on cherchait le radicalisme dans son essence, l’on pouvait le dénicher auprès de ce parton de l’Union Socialiste Congolaise (USC). Cet ancien ministre des Affaires Etrangères du Gouvernement Etienne Tshisekedi est un député national intelligent et sage. Malgré sa peau d’homme politique de l’opposition, il a également des amis dans la famille politique autre que la sienne. Il est connu pour avoir mis mal à l’aise la Majorité présidentielle qu’il qualifiait de « mangeoire », « Tchoptchop », terme qu’il a su imposer dans le langage politique, c’est-à-dire la corruption. Vice-président de la Commission PAJ à l’Assemblée nationale, il est celui qui a été dans la délégation de Kinshasa quant aux Accords du Gouvernement et l’ex-M23, sous la médiation de Kampala. Témoin de l’agression de son pays par les armées étrangères, Christian Badibangi qui n’avait pas sa langue en poche, n’est plus ce que le peuple de l’opposition attendait de lui au Parlement. Les réalités sociologiques de la politique sont dynamiques. Depuis qu’il fait partie du bureau de la Commission PAJ, rare sont ses interventions politiques. L’homme a recouvré son identité d’homme d’Etat ; Rare, il intervient dans les médias comme ce fut avant les élections. On lui colle une note satisfaisante dans ses interventions, soit 63,5%.

A suivre…

(Pius Romain Rolland)

 

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse