Assemblée nationale: L’Opposition divisée sur sa participation à la session extraordinaire

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Conformément à la Constitution en son article 116, l’Assemblée nationale sur proposition du bureau et/ou de l’une des institutions de la République ou soit de la moitié de ses membres, peut convoquer une session extraordinaire lorsque les matières à examiner requièrent un caractère urgent. C’est le cas de le dire en ce qui concerne le projet de loi portant répartition des sièges de circonscriptions électorales. Deux camps se dessinent au sein de l’opposition. L’Opposition parlementaire n’est pas unanime pour le boycott de la session extraordinaire devant traiter de cette loi. Après la lettre des présidents des groupes parlementaires adressée au président de l’Assemblée nationale et la déclaration des Forces politiques et sociales appelant au boycott, des voix se lèvent pour exiger un débat interne avant toute option.

Vouloir une chose et son contraire constitue une inconstance et l’immaturité politique. En effet, depuis la nuit des temps, l’opposition qui veut l’alternance politique prêche parfois dans le désert. Allant de compromissions en compromissions, l’Opposition politique congolaise laisse le champ libre à la Majorité présidentielle qui, du moins sait ce qu’elle fait. Vouloir la sauce de la viande du porc et refuser de manger le porc est une inconstance. C’est à ce jeu que joue l’Opposition politique. Du dialogue voulu et souhaité, au calendrier partiel puis global, en passant par l’organisation des élections, constituent le met délicieux et parfois indigeste de l’opposition. La question que l’on puisse se poser est celle de savoir si réellement l’Opposition et/ou la classe politique congolaise dans son ensemble voudrait réellement aller aux élections ? Si oui, comment pouvons-nous aller aux élections sans répartition des sièges ?     On est loin d’avoir une voix commune de l’opposition parlementaire sur la question de sa participation à la session extraordinaire devant traiter prioritairement de la répartition des sièges.

Ainsi donc, la correspondance des présidents des groupes parlementaires de l’Opposition parvenue au président de l’Assemblée nationale, le samedi 20 juin 2015, pour lui signifier que leurs députés ne participeraient pas à une session extraordinaire, tout comme la déclaration des Forces politiques et sociales réunies dimanche 21 juin à la paroisse Notre dame de Fatima à Gombe, appelant au boycott dans le cadre de la Dynamique pour l’Unité d’action, sont mises en cause. Et ce, faute d’un débat interne en amont.

Pour le député du Parti travailliste (PT) Steve Mbikayi, personne n’a le monopole d’engager toute l’Opposition sans un débat interne préalable.« L’option levée au niveau de notre parti politique est celle de la participation à la session extraordinaire. Les députés qui tiennent à boycotter une session, à notre point de vue, doivent carrément démissionner de l’Assemblée nationale. Ne pas participer ou quitter la salle en laissant la Majorité prendre des décisions, c’est faire son jeu. Le projet de loi sur la répartition des sièges a été renvoyé au gouvernement pour correction sur base d’une motion incidentielle d’un député de l’Opposition. Et donc nous ne devons pas laisser la Majorité faire ce qu’elle veut… On n’a pas été élu pour rester dans la rue plutôt pour travailler dans notre institution. Vous verrez que beaucoup de députés d’ailleurs vont être là ».

Steve Mbikayi préside qu’il est favorable pour un débat interne au sein de l’Opposition. Malheureusement, il y a un groupe de députés qui pensent prendre l’Opposition en otage. Pourtant, l’Opposition est plurielle. Au nom de l’Opposition nationaliste, nous sommes prêts à nous engager pour un débat interne de l’Opposition parlementaire pour prendre une position commune autour des matières. Dans ce cas là, si c’est le boycott qui se dégage, nous allons nous impliquer. « La session extraordinaire n’est pas inconstitutionnelle. La Constitution est claire sur cette convocation qui peut émaner du président de la République, du Gouvernement ou de deux Chambres. Le RCD-K-ML avec ses députés compte prendre part à cette session extraordinaire. Nous restons solidaires sur le fait qu’il y a un point qui dérange l’esprit de la démocratie. C’est la question du conflit lié à un glissement. Nous pensons que le point ayant trait à la répartition des sièges qui n’est pas possible d’être résolu par le gouvernement en dix jours au regard des préoccupations soulevées par les députés lors de l’examen de ce projet de loi en session ordinaire de mars 2015, il est important pour toute l’Opposition de ne pas prendre part à ce débat là. Néanmoins, il faut un débat interne au sein de l’Opposition pour une harmonisation des points de vue. Nous sommes unanimes que c’est la loi sur la répartition des sièges qui pose problème. Et dans la mesure où d’autres lois ne posent pas problème, je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas participer à leur examen », a dit le député Juvénile Munubo.

Un député élu ne peut que représenter le peuple au sein de l’Assemblée nationale

Au regard de points de vue divergent autour de la participation ou non à la session extraordinaire, plusieurs voix se sont levées pour la participation à la session extraordinaire de juillet 2015.Dans ce lot, figurent celles qui exigent et réclament la démission de l’Assemblée nationale de députés élus car, disent-ils, un député ne peut jamais grever du travail pour lequel il est payé par le contribuable. Parmi ceux-là qui exigent la participation à la session extraordinaire, Steve Mbikayi hausse le ton, puis rejette la décision unilatérale de ses collègues qu’il qualifie de moins intelligent et d’irrationnel.

Réunis en session extraordinaire le dimanche 21 juin au siège du parti, le bureau politique du Parti Travailliste a décidé de participer à la session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour de raisons suivantes: « Un député n’est pas élu pour rester dans la rue avec les militants. Il doit se battre dans les institutions pour faire entendre la voix de la base ; une opposition responsable ne fuit pas le débat, elle affronte les adversaires sur le plan argumentaire dans une démarche dialectique ; plusieurs fois, nous sommes sorties de la salle, les travaux ont continué et les décisions prises en notre absence nous sont appliquées », indique le Sms reçu.

A en croire le président national du PT et initiateur de la Nouvelle Classe Politique et Sociale, s’ils boycottent la session extraordinaire, la loi sur la répartition des sièges sera votée sans eux et ils participeront aux élections sur base de la même loi. Et de préciser que c’est moins intelligent de faire le jeu du pouvoir en lui laissant l’occasion de faire passer tous ses points de vue. « Nous demandons à tous nos collègues de l’opposition d’ignorer cette décision irrationnelle qui, d’ailleurs a été prise en l’absence de la majorité des députés concernés », affirme le président national du PT.

(Pius Romain Rolland)

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