Artiste rappeur, LM Soldat : « Je suis la relève de la musique congolaise (…)»

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« To tekuta, tika biso to tetuka», LM Soldat est l’auteur de cette chanson qui fait bouger les coins chauds de la capitale congolaise et au-delà des frontières nationales. Pour faire découvrir cet artiste talentueux, le quotidien Journal L’Avenir est descendu dans son fief dans la commune de N’Djili, pour échanger avec Gloire Lamba Mundeti, de son vrai nom.

 Pouvez-vous parler de votre rencontre avec la musique et vos prestations les plus marquantes?

Je suis heureux de votre visite. La musique pour moi, c’est une passion. Depuis mon enfance, j’ai chanté dans des chorales de mon église et c’est à l’école je suis devenu amoureux de la musique hip hop. A ce jour, 9 ans déjà, je suis actif dans ce mouvement.

« Tout début a toujours été difficile », dit-on. Toutefois, j’ai eu à partager la scène avec Youssoupha, Gradur, Kaaris, Colonel Réel,… C’est parmi mes grandes scènes. J’ai presté deux fois au Festival AiR D’iCi qu’organisent Lexxus Legal et Racine Alternative, deux fois finalistes du concours Incroyable Talents, J’ai qu’à même un bon.

Quelle analyse faites-vous de la musique hip hop congolais ?

Si nous reculons un peu, les jeunes de « Fatima Cia », qui sont comme des précurseurs de ce mouvement hiphop en RDC, n’ont pas eu davantage d’engouement que nous. Bien sûr, ça va avec le temps qui a changé. A cette époque-là, la musique rap était réservée aux enfants de bourgeois. Au gré de l’évolution, dans toutes les maisons, il y a au moins un enfant qui s’intéresse à ce genre de musique. Cela contribue à la richesse thématique, l’on est en présence d’une diversité de sujets chantés. Preuve qu’il y a, certes, un avancement mais nous devons encore batailler dur.

Pour décoller, qu’est-ce qu’il faut à la musique hip hop ?

Des bons mécènes. Dans le mouvement hip hop, il y a manque de soutien aux artistes qui émergent. On ne veut pas soutenir la relève de la musique congolaise. Je suis actuellement la relève de la musique congolaise, ma chanson fait bouger tout le monde. La jeunesse congolaise actuelle s’en passe des chansons de Werrason, JB, et les reste. Leurs albums passent comme des lettres à la poste. Les choses ont changées.

Moi j’attribue la faute plus aux mécènes puisque pour eux pour se faire de l’argent il faut rouler avec Fally, Ferre, … or nous faisons les tubes qui cartonnent comme « To tekuka » ; « Tshangu c’est le Barça ».

Etes-vous enregistré à la SOCODA ?

J’ai eu à m’informer sur ça, j’ai été désolé d’apprendre que si un artiste s’affilie à la SOCODA automatiquement à la SACEM, il ne bénéficiera pas de ses droits au niveau international puisque la SACEM ne reconnait en RDC que la SONECA. Ma musique n’est pas locale, ma vision est internationale, donc je ne trouve pas d’intérêt de m’enregistrer à la SOCODA. Les musiciens congolais qui s’y sont affiliés, qu’est-ce que cette structure leur apporte ? Rien. Elle-même est déjà ruinée par des conflits inutiles.

Vos œuvres sont téléchargées, vendues en cd, Vivez-vous de vos œuvres ?

A Kinshasa, il est difficile qu’un artiste vous dise qu’il vit de la vente des CD, même pas musiciens locaux de renom. « To tetuka », est téléchargeable sur internet gratuitement, au titre promotionnel. Mes prochaines œuvres seront vendues sur iTunes, google,… pour les mélomanes de l’extérieur, mais vendre les œuvres musicales à Kinshasa, le vocabulaire n’est pas encore maitrisé.

J’arrive à vivre avec mon équipe. La plus grande équipe, nous détenons les données du Congo. J’ai toujours à mes côtés : MMP, DJ Gatuzo, Migler Mavuzi, Gilson Mbaki, Geordi Tshibangu, Godson Aherado. Tous croient en moi et me financent, puisque jusque-là, la musique ne remplit pas mon frigo.

Comment se passe les relations entre vous les Enfoirés ?

Les Enfoirés, c’est un collectif de cinq leaders qui sont en bons termes entre eux. Quand il y a un projet, l’on se met ensemble pour discuter autour des enjeux. Notre collectif est composé en grande partie de pacifistes !

Après « to tetuka », Quels sont vos projets ?

Personnellement, je suis chaud pour un album. Mais l’album exige d’autres normes. Mon message s’adresse aux mécènes, tous ceux qui produisent de grands shows. Ma musique touche tout le monde, elle est vraiment inclusive. Avec peu de moyens, nous avons réalisé des œuvres que le public a appréciées. Nous avons besoin de son attention et de son soutien pour faire encore mieux. L’album qui arrive sera intitulé : « Mauvaise graine », et comptera 10 titres et deux bonus. Il n’y aura pas de collaboration avec d’autres musiciens.

 

(Par Onassis Mutombo)

 

 

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