Artiste musicien Mista Poa plaide pour la paix au Grand Kivu

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De son vrai nom, Poa Kasereka, ce jeune artiste qui évolue à cheval entre la partie Est de la RDC et d’autres pays de la Région des Grands Lacs s’est confié au Journal L’Avenir, pour parler de sa carrière au grand public, à travers cette interview réalisée à Goma. Invité au Festival Amani III et s’attardant plus sur l’insécurité dans son fief à Beni-Lubero-Butembo, sa plaidoirie pour une paix durable, sa carrière artistique, Mista Poa est resté s’est dit favorable à un dialogue politique en RDC pour décrisper la situation.

Vous faites quel genre de musique et depuis quand ?

Je suis un artiste musicien depuis plus de 8 ans en carrière solo. Ma musique est une fusion de l’afrobeat et du reggae. Les deux donnent un son particulièrement africain. C’est ça l’accent que j’ai donné à ma musique. Compte tenu de mon milieu où les armes chantent l’hymne de la mort presque chaque jour, avec le reggae, le message passe très bien.

Vous avez un album sur le marché de disque ?

Bien sûr, j’ai plus de trois albums sur le marché de disques avec des chansons qui cartonnent dans l’Est du pays. Le premier album « Akia Mwalimu » c’est à dire « Droit de l’enseignant » ; le deuxième « Touliya » et le dernier « Schima ». On essaye de faire les choses bien malgré qu’on n’a pas assez de producteurs comme nos amis de Kinshasa mais on résiste avec nos petits moyens.

Beni-Butembo, ces régions congolaises font objet d’insécurité à répétition, vous êtes artiste, comment vous vivez tous ces moments de turbulences ?

Merci, en effet nous les peuples de Beni, Butembo, Lubero,… du Grand Nord ou du Grand Kivu, nous avons connu autant de problèmes d’insécurités surtout l’année passée,… nous qui sommes restés en vie c’est par la grâce du tout puissant. Ceux qui partent passent, ceux qui restent sont en vie. Dans le sens humanitaire, nous qui sommes restés, il y a des problèmes, des violences, des conflits de terres, tuéries… alors bon ! (il ferme les yeux tout en restant silencieux pendant quelques secondes), je pense qu’il faut que le gouvernement fournisse beaucoup d’efforts pour mettre un terme à tous ses problèmes. Nous avons vu les enfants fuir sans où aller,… il faut que la paix revienne chez nous, si on a la paix on a tous. Actuellement, les gens s’interdisent d’aller dans des villages, au risque de se faire égorger. Or, c’est dans des villages qu’il y a de l’agriculture et l’élevage. Et c’est le village qui nourrit les villes, maintenant, il y a carence. Je me répète, le gouvernement doit nous venir en aide, puisqu’on souffre sérieusement.

Au-delà de la casquette d’artiste, vous êtes jeune, comment organisez-vous pour affronter toutes ses situations ?

Nous, les jeunes, avons tout d’abord un message d’amour. Puisque ce qui tue le peuple c’est toujours le peuple. Je ne crois pas que toutes les tueries dans ces régions sont mises sur la tête d’un animal. Entre nous, les jeunes du terroir, avons créé une philosophie d’amour, de tolérance, et du pardon. Parce qu’on s’est dit, si on garde toujours la vengeance dans nos cœurs, la paix ne reviendra pas. Cette philosophie nous permet de rester en bon terme avec soi-même. Imagine-toi que tu te réveilles un bon matin que tu trouves personnes dans ton entourage en vie… toutes mortes devant toi massacrées. Mais cette initiative là nous aide déjà à surmonter tous ses coups là …

…Vous, êtes-vous prêts à pardonnez celui qui a tué les membres de ta famille ?

Oui, je suis prêt, parce que même je ne pardonne pas, nous, tous, sommes de passagers. Personne ne demeurera ad vitam eternam. Tout le monde va passer, tout le monde va mourir.

Je profite pour lancer un message à tous les rebelles là, vous tous qui faites souffrir le peuple du Grand Nord, ne pensez pas que vous allez rester éternellement. Il y a une punition d’un Dieu quelque part. Nous avons appris dans l’histoire que l’Africain fut un homme divin, un homme qui respecte Dieu et l’autre, mais actuellement l’homme africain vie comme un animal. Il faut qu’ils cessent avec toutes les actions qui ne l’honorent pas. Qu’ils déposent les armes, approchent le gouvernement pour intégrer l’armée régulière. Mais rester dans la forêt pour tuer des paisibles citoyens, c’est un mauvais choix.

Actuellement, c’est le « Dialogue » qui est en vogue, quelle en est votre réaction ?

Je crois que le dialogue est un bon message. Quand il y a des problèmes, il faut quand même que les gens puissent dialoguer. Je pense qu’il y a des gens qui sont à Kinshasa ou à l’Ouest de la République ne sont pas en train de comprendre qu’il y a des sérieux problèmes chez nous. Le dialogue peut nous permettre de résoudre certaine situation compliquée, surtout régler nos différends. Entant qu’artiste engagé, je trouve que c’est une bonne philosophie que les gens de la majorité ou de l’opposition se mettent autour d’une table pour se parler franchement sur la situation de notre pays, et je ne peux que soutenir cette initiative.

Quels sont vos projets ?

D’abord, ma « Fondation Poa Kasereka » basée à Beni, est ONG qui apporte du soutien aux enfants de la rue et aux personnes vulnérables généralement. Avec les membres de ma fondation, nous avons un programme mensuel qui s’intitule « Un geste, un sourire ». On intervient tant soit peu chaque mois avec nos maigres moyens dans des prisons, hôpitaux, orphelinats, on assiste aussi des blessés de guerre. Nous sommes aussi ouverts à tout appui pour amener au bon port ce projet.

Mon plus grand projet, c’est de devenir une grande star. Etre le numéro Un de toute la planète. Tout ce que j’ai besoin, c’est de voir mon peuple vivre dans une paix sans inquiétude.

(Par Onassis Mutombo)

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