Artiste-Avocate

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Grace Marielle : « la femme doit donner à l’humanité ce qu’elle a de plus nécessaire que son corps (…) »

Elles sont de plus en plus rares dans le mouvement hip hop. Les femmes veulent plus apparaitre dans les clips vidéo que chanter devant les micros. Parmi celles qui résistent encore figure Grace Marielle, rappeuse, militante des droits des femmes. Avocate au Barreau de Matete, GMLK 13.04 (son nom de scène) faisant partie du Collectif Waram Girls, affirme, dans cet entretien dont l’intégralité suit, que la femme possède la force et l’intelligence requises pour être compétitive dans tous les domaines de la vie.

Pour vous, la musique est-elle une passion, un héritage ou un cursus scolaire ?

C’est d’abord une passion. Puisque je le fais depuis que je suis très jeune. Et aussi dans la famille, on a beaucoup de gens qui ont fait et qui font de la musique. Au-delà de cela, c’est une passion, je n’ai pas étudié la musique mais je suis née avec.

Quelle analyse faites-vous de la musique hip hop congolais ?

En tout cas, il y a beaucoup de pas à faire. C’est vrai qu’aujourd’hui, la musique hip hop est totalement machiste c’est-à-dire que la plupart des artistes dans ce genre de musique au pays sont masculins, difficile de trouver de filles qui fassent du rap. Mais il y en a comme moi, je fais cela depuis un bon moment mais on reste moins connu, puisque le milieu est plus dominé par des hommes.

Des dames comme Abeti Masikini, Tshala Mwana,… n’ont pas été frustrées par la présence masculine pour émerger dans la scène?

Nous non plus. Voilà pourquoi c’est un combat. Le rap, qui est une musique importée même si elle tire ses origines en Afrique, la plupart des gens ont un regard indifférent face à cette catégorie de musique, disant que c’est la musique des jeunes voyous. Et pourtant, c’est une musique militante et qui sert à réclamer plusieurs droits librement. Le rap, c’est tout abord une musique d’engagement et de revendications. Donc, avec le rap, on réclame nos droits en rappant.

Vous arrive-t-il de faire une différence entre l’avocate et GMLK 1304 l’artiste ?

(Rire !) Cette différence dans ma vie, est vraiment palpante.

… A quel niveau ?

Quand je suis sur scène, là je suis artiste 1304, j’ai des revendications, je crois soutenir une vision noble, celle du combat du genre féminin. Puisque la femme est assez marginalisée dans ce sens qu’elle-même a accepté cette marginalisation. Quand elle prend la parole, c’est pour se plaindre mais j’estime avoir un combat noble dont la constitution congolaise me donne le plein droit. Il faut que la femme dise à la femme de cesser de pleurnicher. Le temps est venu d’appeler la femme à prouver de quoi elle est capable, qu’est-ce qu’elle peut apporter à sa société et ce, dans tous les domaines : politique, artistique, juridique…

Il faut que la femme s’affirme avec ferveur, en apportant à l’humanité ce qu’elle a de beaucoup plus nécessaire que son corps. Elle a de la force et la tête. Dès qu’elle-même commence à comprendre, c’est le début d’une gloire. Et quand je suis avocate, là c’est une autre personne, rassurez-vous.

Comment se présente votre collectif Waram Girls ?

Oui, nous sommes un Collectif d’artistes féminins, je ne dirais pas qu’il n y a que de filles. Des hommes font aussi partie du groupe ; mais les filles sont mises en exergue. Nous avons voulu créer ce collectif puisqu’il n’y a pas beaucoup à Kinshasa, surtout dans le secteur de la musique hip hop. Ce collectif regroupe beaucoup de filles, généralement nous sommes cinq artistes, dont moi rappeuse et quatre chanteuses. A part les danseuses, les autres sont les membres du bureau entre autre notre Manager, Maitre Kevin Ngimbi. L’on travaille également avec un auteur compositeur Andy Kabangu et nous évoluons au sein du label Ultimatum République. Bref, nous voulons valoriser l’art féminin. Actuellement, nous cherchons des peintres.

Combien d’œuvres avez-vous sur le marché du disque ?

Sur le marché, on n’a pas encore d’album, parce qu’on veut aller mollo. Mais nous avons déjà enregistré plusieurs chansons comme : « le patronat », « jeune d’Afrique », « Sine qua none », nous avons également des opus individuels comme « Béatitude », « Aksanti » de mon ami Mebor, « Si l’amour était ». Ça passe souvent aussi à la radio et sur internet. Sur facebook, on peut nous trouver sur Waram Girls. Nous sommes actives sur terrain et sur les réseaux sociaux. C’est la troisième fois que nous allons faire le Festival aiR D’iCi. Dans nos fiefs tels que Matete ou Lemba, les gens écoutent nos chansons, et le problème de distribution ne nous permet pas d’atteindre un public large.

Perspectives de Waram Girls ?

Des projets, il y en a beaucoup. Pour l’instant, nous sommes au niveau de la sensibilisation et d’enregistrement. Pour le moment, nous sommes constamment au studio pour enregistrer nos chansons écrites question qu’un jour, dès qu’on a les moyens, on sorte en album. Cet album aura pour titre « Le Patronat », des chansons seront titrées pour faire cette playlist. Avec le chef de notre label, nous envisageons un voyage au Bas-Congo. Nous l’avions fait l’année passée, mais cette fois-ci nous comptons arriver jusqu’à Matadi.

(Par Onassis Mutombo)

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