Arrivée à Goma de la mission de haut niveau des Nations Unies: Amina Mohamed apporte un message de solidarité et de respect à la population

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La mission de haut niveau conduite par Madame Amina Jane Mohamed, Secrétaire Générale Adjointe des Nations Unies et comprenant de hauts fonctionnaires de l’ONU dont les dames Phumzile Mlambo Ngcuka, Pramila Patten, envoyée Spéciale du Secrétaire Général en charge de la question des Violences sexuelles commises en période de conflit et Bineta Diop, envoyée Spéciale du Secrétaire Général de l’Union Africaine chargée des questions de la Femme, de la Paix et la Sécurité est arrivée à Goma le mercredi 26 juillet.

Accueillie à sa descente d’avion par le Vice-Gouverneur de la Province du Nord-Kivu, Cheller Rutahichirwa, la mission conjointe des Nations unies et de l’Union Africaine a eu une première séance de travail avec le gouvernement provincial à l’aéroport de Goma.

Après le mot de bienvenu et la présentation de l’équipe provinciale par le Vice-Gouverneur, la Secrétaire Générale Adjointe et Chef de délégation a présenté l’objet de la mission qui est celle de revitaliser la participation féminine et le leadership féminin dans le domaine de la paix, de la sécurité et du développement. Elle a aussi évoqué la rencontre avec les plus hautes autorités congolaises, dont le Président de la République à Kinshasa ainsi que des membres de la société civile telles les femmes leaders.

Pour sa part, le Vice-Gouverneur a exprimé les préoccupations de la Province en termes de sécurité et du partenariat au développement.

Au terme de cette première réunion, la délégation s’est rendue à la Maison de la Femme où un accueil haut en couleurs lui a été réservé par les nombreuses organisations féminines qui travaillent en partenariat ou sous l’encadrement de cette structure technique de la Division Provinciale du Ministère du Genre, Enfant et Famille.

A ce niveau, il faut noter que la Maison de la Femme (MDF) travaille en étroite collaboration avec les organisations féminines de la société civile à qui elle offre un cadre de concertation et de coordination. L’ONU/Femmes collabore avec la Maison de la Femme depuis son implantation dans les Kivu en 2012, notamment dans le cadre du Projet de Réponse Multisectorielle d’Assistances aux Femmes Déplacées et Refugiées en RDC. Par ailleurs, ONU/Femmes a appuyé le plan de développement stratégique de la Maison de la femme en 2015 et 2016.

 

Plaidoyer en faveur de la femme du Nord-Kivu

Prenant la parole en premier, la Cheffe de Division Provinciale du Ministère du Genre, de la Famille et Enfants, Mme Marie-Thérèse a présenté la situation de la femme au Congo et plus particulièrement en province du Nord Kivu. Pour elle, depuis la nuit de temps, les femmes, les jeunes et petites filles du Nord-Kivu ont été victimes de plusieurs discriminations dans tous les domaines de la vie, lesquelles discriminations sont principalement dues aux cultures traditionnelles qui ne favorisent pas leur plein épanouissement et atrophient leur capacité contributive au développement.  Outre ce constat, Les guerres récurrentes qui ont secoué la partie Est du pays pendant plus deux décennies ont occasionné le déplacement massif de la population, favorisé les violences sexuelles et l’expansion du VIH/SIDA.

Toujours sur cette lancée, la Cheffe de Division a fait allusion à la situation sécuritaire actuelle avec les groupes armés étrangers dont les FDLR et les ADF NALU ainsi que les milices locales qui se comportent en maitre de séant dans certaines entités en commettant nombreuses exactions sur les civils, occasionnant des morts d’hommes, des dégâts matériels et humains importants, forçant les femmes et les enfants à l’errance. Cette situation les empêche de s’occuper des travaux de la terre, d’exercer convenablement des activités génératrices de revenu, d’accéder aux soins de santé, à la formation. Bref, la pauvreté, la violence et exploitation sexuelles qui ne disent pas leurs noms sont devenus le quotidien des femmes de Walikale, Beni, Lubero, Masisi,…

Malgré ce tableau sombre, les femmes du Nord Kivu ont des compétences et expériences dans divers domaines comme l’agriculture, l’élevage, le petit commerce, la poterie, la vannerie, la coupe-couture, l’esthétique, … lesquelles peuvent booster de l’avant l’économie a-t-elle soutenu.

En conclusion de son plaidoyer en faveur de la femme congolaise en général et celle du Sud Kivu en particulier,  Madame Marie Thérèse  voit dans la présence de la Sous-Secrétaire Générale des Nations Unies un salut qui lui a permis non seulement de briffer la mission sur les potentiels de la femme du Nord-Kivu, son état de vulnérabilité mais aussi et surtout de voir toutes les hautes personnalités de cette mission être les porte-voix au niveau des Nations Unies pour que la restauration de la paix et de la sécurité en RDC en général et en Province du Nord-Kivu soit une préoccupation de toute la communauté internationale.

 

« Je vous apporte un message de solidarité et de respect »

Pour sa part, la Secrétaire Générale Adjointe des Nations Unies, Mme Amina J. Mohammed a, au nom de sa toute sa délégation remerciée toutes les femmes présentes en ce lieu. Elle s’est dite heureuse d’être avec les femmes qui ne sont pas des victimes, mais des survivantes des violences sexuelles, des survivantes économiques, des survivantes de toutes sortes d’atrocités inimaginables…. Devant ces femmes qu’elle salue, elle se sent très humble. Toutefois a-t-elle poursuivi « moi et ma délégation, nous sommes ici avec un message de solidarité, un message et de respect afin que la dignité qui vous a été enlevée vous soit rendue, vous soit reconnue. Certes, nous avons parcouru un long chemin depuis New York pour être ici avec vous, mais sachez que les Nations Unies sont un village global ou chaque voix doit être entendue et je vous garantis que mes collègues moi ferons tout afin que votre voix continue d’être entendue comme un exemple de résilience, un exemple des survivantes ».

N’ayant jamais été à Goma, tout ce que la Secrétaire Générale Adjointe savait de cette ville était l’image d’une ville militaire véhiculée par la communautaire internationale au plus fort de la guerre. Aujourd’hui, Goma, présente un nouveau visage. Mais ceci n’est pas assez suffisant a-t-elle indiqué. Aussi, elle félicite les femmes présentes pour leur contribution à l’avènement de la paix   et demande que les femmes soient plus nombreuses dans les instances de prise de décision. C’est pour cette raison qu’elle félicite aussi le gouvernement congolais qui soutient cette vision de parité, car a-t-elle mentionné, chaque femme ici présente sait que pour réussir, il faut aussi un homme. C’est pour cela qu’elle a appelé aux hommes de s’engager dans cette vision du gouvernement pour l’égalité des genres.

Elle a profité de cette occasion pour lancer un vibrant appel aux filles du Nord-Kivu qu’elles peuvent devenir ministres. Aux femmes présentes, elle a assuré être là pour écouter les aspirations des femmes et s’assurer ensemble avec le gouvernement du Nord-Kivu, de la RDC que le Congo devienne un exemple de développement durable, et un exemple de pays en paix. Et tout cela est possible.

Elle a également évoqué la récente rencontre avec le Président de la RDC, Joseph Kabila Kabange et la volonté de celui-ci de diversifier l’économie du pays pour ne plus dépendre du secteur minier en développant d’autres filières tels que l’agriculture ou les services et en plaçant la femme au centre de ces programmes.

La Secrétaire Générale Adjointe a aussi parlé de la démocratie avec les élections à venir dans lesquelles les femmes sont majoritaires. La constitution la parité. Il est question de mettre cette parité en la consacrant par la loi. « Il y a eu des élections en 2006 et en 2011. Il y aura bientôt des élections combinées à trois niveaux, nous voulons que les femmes soient majoritaires » a-t-elle insisté. Pour ce faire, ONU-Femmes travaille en étroite collaboration avec la Ceni afin que les femmes soient enrôlées et puissent participer aux votes entant que candidates et électrices.

Madame Mohammed a aussi évoqué l’importance de la question des droits de l’homme et la pauvreté.  Pour elle, quand le peuple est aux prises avec la violence, il est dans la pauvreté, dans la souffrance. Elle a illustré cela par le cas de Boko Haram au Nigeria, son pays d’origine et particulièrement ici au Congo. Elle a donc appelé la femme à être actrice de la paix. Elle a indiqué l’importance des ressources humaines composées de plus ou moins 52 % au Congo.

Elle a terminé son intervention en rappelant son engagement d’être le porte-voix de la femme au sein de la communauté internationale, afin de permettre à la femme congolaise de faire entendre sa voix et d’exceller.

Madame Phumzile Mlambo Ngcuku, directrice exécutive de l’Onu/Femmes a salué les femmes du Nord Kivu et a affirmé qu’elle est une part d’elles. Elle a aussi salué le courage et la résilience dont ces femmes ont fait preuve dans des conditions difficiles et a demandé aux femmes de ne jamais laisser tomber ce qu’elles font. Elle a présenté aux femmes l’éducation comme étant la clé de la réussite et de l’émancipation de la femme surtout pour les générations futures de telle sorte que lorsqu’elle reviendra un autre jour, la province du Nord-Kivu puisse présenter un autre visage.

Enfin, la Ministre Provinciale du Genre, de l’Education et la Jeunesse, Madame Adèle Bazizane Maheshe est intervenue pour remercier la mission qui s’est déplacée depuis New-York. La Ministre Provinciale en Charge du Genre a sollicité un fond spécial pour aider les femmes « à oser ». Oser participer aux élections en tant que candidates à tous les niveaux et électrices afin de permettre  à la femme d’accéder aux postes de décision.

Visite au Camp de déplacés internes de Mugunga

Jeudi 27 juillet 2017, la mission conjointe Nations Unies-Union Africaine de haut niveau a effectué un déplacement à Mugunga dans l’objectif de se pénétrer de la situation humanitaire.

La mission s’est entretenue en premier lieu avec les responsables de ce camp qui compte 1.273 ménages comprenant 3.998 personnes. L’organisation du camp a été expliquée à la délégation ainsi que les divers aspects touchant à la vie quotidienne dans ce camp depuis son ouverture en décembre 2008.

Accompagnée par des Agents de OCHA et de la Maison de la Femme, la mission s’est entretenue avec les femmes bénéficiaires des interventions d’ONU-Femmes par le canal de la Division Provinciale du Genre et son service technique, la Maison de la Femme dans le cadre du projet de Réponse Multisectorielle de Lutte contre les Violences Faites aux Femmes et aux Enfants en province du Nord Kivu.

« Nous prenons l’engagement de tout mettre en œuvre pour trouver des ressources nécessaires pour soutenir le programme d’autonomisation des femmes qui ont commencé dans ce camp afin que cette période de transition ne soit pas une nouvelle épreuve pour ces femmes », a déclaré Mme Amina Mohammed.

Ouvert depuis 2008, ce camp est en transition et sa fermeture est prévue pour le 28 juillet 2017. Devant cette situation, les réfugiés internes ont exprimé leur émoi dans la mesure ou selon leurs dires plus de 75 % des habitants de ce camp ne savent pas où aller étant donné que la situation sécuritaire dans leurs milieux d’origine demeure fragile et précaire d’une part et d’autre part, durant leur période de vie dans ce camp, certaines des femmes ont reçu un appui de la part de l’ONU-Femmes en vue d’assurer leur autonomie financière pour leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs familles.

En réponse à tant de détresse, Madame Amina Mohammed, au nom de toute sa délégation très touchée par cette situation a affirmé avoir écouté les femmes et a compris effectivement que le camp est en transition et que les personnes qui vivaient là, et plus particulièrement les femmes et leurs familles vont commencer à aller vers d’autres sites. Elle a demandé à ce que cela se fasse dans la dignité et le respect des besoins des personnes qui vivaient à Mugunga. Elle également soutenu avoir écouté tous les problèmes lui exposés dans le domaine des micro-crédits et le renforcement de l’autonomie économique des femmes. Elle souhaite, a-t-elle poursuivi que la transition et le retour ne se fassent au détriment de cette autonomie. Ainsi donc, elle veut que ce travail d’autonomisation des femmes déplacées et leurs familles continue là où elles vont aller afin qu’elles continuent d’intégrer l’économie réelle, de travailler et de soutenir les besoins de leurs familles. Elle a insisté sur le fait le départ de ce camp ne soit pas la fin du programme de micro-crédit et ne doit pas faire en sorte que le retour de ces femmes soit une épreuve supplémentaire. C’est à ce titre qu’elle a fait la promesse qu’elle va demander aux agences qui travaillent à Mugunga, au-delà de l’ONU-Femmes et des autres de pouvoir aller chercher les ressources nécessaires pour continuer ce programme. Elle va, elle-même pousser les membres de sa délégation qui sont des femmes Africaines et qui comprennent la souffrance des femmes qui sont dans ce camp. Elles seront leurs ambassadeurs, leur porte-voix au niveau international pour dire à la communauté internationale que les femmes qui vivent ici, les femmes déplacées ont besoin d’être soutenues et que ce ne serait pas une charité, mais un droit, leur droit de pouvoir recevoir l’assistance pour vivre dans la dignité et ensuite d’avoir la sécurité pour elles-mêmes et pour leurs familles.

La mission s’est terminée par la visite de tout le camp de Mugunga.

(Bernetel Makambo)

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