Arrivé fin mandat après deux ans de travail en Rdc

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Martin Kobler s’en va

Satisfecit, fierté et remords

*Le patron de la Monusco dit quitter la Rdc avec trois sentiments : une profonde satisfaction par rapport au travail achevé au cours de son mandat en Rdc ; une fierté pour la performance sur terrain de la Force de la Monusco et enfin, une frustration pour la coopération bloquée entre les FARDC et la Monusco dans le cadre de l’opération Sukola II visant la neutralisation des FDLR

*Confiant en l’avenir du processus électoral en Rdc, Martin Kobler recommande la publication d’un calendrier électoral réaliste, la fiabilisation du fichier électoral et l’inclusion des nouveaux majeurs. Surtout, insiste-t-il pour que l’espace soit donné à l’opposition politique et à la société civile en vue d’un processus électoral paisible et transparent

Hier, c’était la toute dernière participation à la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies à Kinshasa du représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, M. Martin Kobler. Puisque, comme d’aucuns ne l’ignorent, le patron de la MONUSCO est fin mandat et quitte la Rd Congo déjà demain vendredi.

Dans son speech, il a dit au revoir aux Congolais dans l’espoir de revenir un jour. « Je ne dis pas adieu. Je dis au revoir. Parce que, je vais revenir. C’est difficile de partir, parce que j’ai laissé une partie de mon cœur ici en Rdc », a dit M. Kobler.

Satisfait et fier

Entrant dans le vif du sujet, il a indiqué qu’il quitte la Rdc avec trois sentiments. Le premier est celui de profonde satisfaction. Notamment pour le travail achevé pendant les deux années. « Le défi était au début avec le M23. La première fois que j’étais à Goma, on m’avait lancé deux pierres à la voiture. Mais, ensemble avec les FARDC, nous avons poussé le M23 à sa chute. C’était une véritable dynamique. C’était pour la première fois que les Nations Unies utilisent la Brigade d’intervention contre un groupe armé », a déclaré Martin Kobler en donnant beaucoup d’exemples des îlots de stabilité.

Deuxièmement, Martin Kobler dit avoir un sentiment de fierté. C’est pour la performance sur terrain de la Force de la Monusco ainsi que de la Brigade d’intervention partout à travers la Rdc. Une performance, a-t-il commenté, qui a changé l’image de la Monusco aux yeux de la population congolaise. Il dit être fier par rapport aux civils qui sont dans cette Mission onusienne, au Gouvernement de la Rdc et particulièrement aux Forces armées de la Rd Congo (FARDC). « J’ai la fierté de coopérer avec le Gouvernement, fierté de coopérer avec la Société civile », a-t-il dit.

La frustration de Martin Kobler

Le représentant de Ban Ki Moon en Rdc dit également avoir un sentiment de frustration. Notamment par rapport à la coopération bloquée entre la MONUSCO et les FARDC dans le cadre de l’opération Sukola II, qui vise la neutralisation des rebelles hutu-rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Pour M. Kobler, l’union fait la force. Et la planification conjointe, les renseignements conjoints, les opérations conjointes, sont beaucoup plus efficaces.

« Je suis profondément frustré pour ce blocage de coopération avec les FARDC pour l’opération contre les FDLR. Pourtant, nous sommes prêts à coopérer et nous sommes bien équipés pour le combat et pour le besoin de la logistique », a confié hier aux journalistes venus nombreux à cette conférence de presse des Nations Unies tenue au siège de la Monusco à Kinshasa.

En outre, il se dit aussi frustré par rapport à certaines choses qui n’ont pas été achevées. Sa frustration, c’est aussi par rapport au départ de l’ancien directeur du Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme (BCNUDH), M. Scott Campbell, à cause d’un rapport sur l’opération « Likofi ».

Des avancées du dialogue stratégique

Dans cette même ligne d’idées, Martin Kobler a fait part des avancées majeures dans le dialogue stratégique entre la Monusco et le Gouvernement. Il a noté que les trois points de l’évaluation du mois de mai dernier sont la réduction de la menace, la restitution de l’autorité de l’Etat (lutte contre l’impunité) ainsi que la situation générale dans le pays, plus particulièrement le processus électoral, le dialogue politique en vue et la situation des droits de l’homme.

« Nous sommes ici pour servir le peuple congolais, l’aider à améliorer la situation sécuritaire… Pour moi, le respect des droits de l’homme est un élément extrêmement important. Tout le monde doit respecter les droits de l’homme et l’Etat de droit… Je le répète encore que nous sommes impartiaux mais pas neutres. Nous sommes basés sur notre mandat et les valeurs des Nations-Unies », a affirmé le patron de la Monusco.

Kobler dénonce la dégradation environnementale en Rdc

Au-delà de son mandat à la tête des Nations Unies en Rdc, Martin Kobler a fustigé la dégradation environnementale en Rdc, une déforestation très inquiétante. Il dit avoir une grande préoccupation parce que la Rdc est aujourd’hui l’oxygène de la planète avec le Brésil. « La déforestation est grave en Rdc. J’encourage les jeunes à comprendre que l’environnement est en danger en Rdc », explique M. Kobler.

Avant de répondre aux préoccupations de journalistes de Kinshasa et de Goma (Nord-Kivu), il a salué la coopération avec les Envoyés spéciaux des Etats-Unis d’Amérique, de l’Union africaine, de l’Union européenne dans la région des Grands lacs, pour établir le cadre légal des investissements privés et l’état de droit. La paix étant la base de tout.

Pour un calendrier réaliste qui soit financé

Répondant aux diverses questions lui adressées par les hommes et femmes des médias, il a indiqué qu’il a confiance à l’aboutissement du processus électoral en Rdc, « puisque nous avons encore le temps jusqu’en novembre 2016 ». Il estime, quant à lui, qu’il faut un calendrier électoral réaliste qui soit financé. Il faut fiabiliser le fichier électoral et inclure les nouveaux majeurs, exige-t-il.

Il a fustigé la limitation de l’espace politique et a insisté pour interpeller les autorités congolaises à donner de l’espace à l’opposition politique et à la Société civile pour un processus électoral paisible et transparent. Selon lui, la période électorale sera très importante pour son successeur. Voilà pourquoi, il le conseille déjà de continuer avec l’approche des principes. Aussi, de maintenir le contact avec tout le monde et continuer à offrir ses bons offices.

« La Monusco n’a pas un agenda caché »

Kobler dit avoir créé beaucoup de relations amicales avec les membres du Gouvernement. Bien qu’il y ait eu des divergences de vues dans certains points comme par exemple la réduction des effectifs de la Monusco. « Nous n’avons pas un agenda caché… La Rdc a besoin d’avoir ses propres idées de développement. Elle ne doit pas tout attendre des Nations-Unies. Les Nations-Unies ne feront pas tout… La Rdc doit contrôler les réseaux criminels par rapport aux minerais, renforcer la justice et terminer les exploitations illégales des minerais », a-t-il conseillé.

Répondant à une question sur les FDLR, il indique que le problème des Fdlr est une profonde frustration. Mais comme c’est un problème militaire, la Monusco n’attend que le feu vert du Gouvernement de la Rdc, puisqu’elle est vraiment prête de revenir à apporter son appui tant opérationnel que logistique aux FARDC pour la neutralisation des FDLR.

« En deux ans, je suis vraiment convaincu que nous avons remplis correctement notre mission. On a stabilisé le pays au cours de ces deux années. Mais on doit aller au-delà de la stabilisation. Il faudrait poursuivre l’amélioration de la Force de la Monusco », a rassuré M. Kobler. Il a en outre remercié la presse congolaise et internationale pour son accompagnement et a demandé aux journalistes de garder leur indépendance et de continuer à accompagner la Monusco.

Lepetit Baende      

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