Archiviste, documentaliste et bibliothécaire : compétences, missions et intérêts communs

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Tribune de réflexion

Archiviste, documentaliste et bibliothécaire : compétences, missions et intérêts communs

L’union fait la force, dit-on.Au Centre national d’appui au développement et à la participation populaire(CENADEP), l’on adhère nettement à cette évidence.Aussi, serait-il facile d’énumérer tous les avantages que peuvent avoir le rapprochement, la concertation entre représentants de métiers voisins, dont les compétences et les missions corroborent et, par conséquent, les intérêts, se recoupent largement.Archivistes, bibliothécaires, documentalistes ; ces métiers sont devenus distincts, mais la recherche sur leur avenir ne peut qu’être commune. Car, elle est récente et ils pourraient bien être appelés à se rejoindre, voire à se confondre à nouveau. La situation actuelle est épisodique.

Rien n’a été plus changeant que le statut de nos métiers. La condition de scribe a connu bien des vicissitudes : esclave dans l’Antiquité, sacralisé dans le monde chrétien, salarié dans le monde capitaliste et aujourd’hui ignoré parce que confondu le plus souvent avec l’auteur.

La notion d’auteur aussi est récente, elle n’est pas superposable à la condition d’écrivain, elle résiste ici mais se fragilise ailleurs, notamment dans le monde scientifique ou audiovisuel. En Chine, jadis, un texte n’avait de valeur que s’il était écrit de la main de son auteur, toute reproduction était suspecte. On peut comprendre pourquoi, après avoir inventé les caractères mobiles bien avant Gutenberg, les Chinois n’en tirèrent aucun profit.

En Occident, une signature suffit pour authentifier un acte, souvent l’imprimé fait foi. Et maintenant que le lecteur d’un document interactif devient ipso facto un de ses auteurs, qu’en sera-t-il de la validation, de l’autorité, de la pérennité d’un document dans le monde électronique ? Comment alors imaginer que nos propres définitions de bibliothécaires, documentalistes ou archivistes restent ce qu’elles ont été depuis, disons, moins d’un siècle ? Il faut donc assumer cette évolution, cette porosité de nos métiers les uns aux autres, cette souplesse qui, aujourd’hui, c’est ma conviction, les rapproche jusqu’à les confondre.

Tout cela est une évidence. Mais au-delà de ces considérations devenues banales, je voudrais souligner la communauté de nos objectifs, la solidarité de nos missions et par conséquent l’unité de nos intérêts, à l’heure du téléphone portable qui marque peut-être notre époque comme le livre a marqué la sienne.

Le livre n’a pas toujours existé et n’existe que très peu dans d’autres cultures que la nôtre. Le codex a mis quatre siècles avant de faire oublier le rouleau. Il n’est pas impensable que, dans quatre siècles, on ait oublié le livre, qui est déjà devenu un objet d’études et de curiosité, et même, depuis longtemps, un objet d’art…

On en est aujourd’hui au GPS et au téléphone portable branché sur Internet. Il faut bien suivre le mouvement, ne pas se perdre en route. Comme les alpinistes, nous sommes tous dans la même cordée et notre ascension dépend de chacun de nous, mais si nous chutons, ce sera tous ensemble.

Le public des bibliothèques françaises a cessé de croître, nous dit-on, tant dans la lecture publique que dans les universités.

Les statistiques américaines vont dans le même sens. Il faut être naïf ou mal informé pour croire qu’il s’agit d’un phénomène passager. Il ne faut pas non plus s’en indigner. Chacun sait qu’Internet offre des ressources hier impensables et désormais indispensables. Mais nous avons raison de nous interroger : que devient un bibliothécaire qui n’aurait plus ni à acquérir, ni à indexer, ni à communiquer, ni à conserver ses documents ? Le documentaliste a un sérieux rival qu’on appelle « moteur de recherche ». L’archiviste se demande ce qu’il peut et ce qu’il doit archiver. Doit-on encore parler de « collection » ou de « connexion » ?

À ces questions, je voudrais apporter des réponses certes insuffisantes et préliminaires, mais, je l’espère, positives. Nos métiers bénéficient d’un atout fondamental. Nous n’avons jamais, ni les uns ni les autres, ignoré la pluralité des médias et la diversité de leurs contenus.

Les enregistrements sonores, les images sous toutes leurs formes et, aujourd’hui, les outils électroniques font partie de notre panoplie professionnelle et sont entrés dans nos collections, parce que nous sommes attachés par nécessité, à traiter le document dans sa matérialité, quelle qu’elle soit, je veux dire quel que soit son support et quel que soit son contenu.

Nous avons même pour devoir de tout prendre en compte ou, du moins, de ne faire que des choix pertinents et si possible objectifs. Ceci n’est pas le cas du monde de l’enseignement par exemple, qui doit respecter des programmes nationaux, et qui a, parce qu’il doit d’abord enseigner la langue et l’écrit, un sérieux contentieux avec l’image ; ce n’est pas le cas de l’édition, qui peine à se reconvertir et est condamnée à mener des combats d’arrière-garde.

Pour nous, ni la forme du document ni son contenu ne sont l’objet de jugements moraux ou d’intérêts financiers. Je ne veux pas dire que nous n’avons pas de problèmes d’adaptation ni de choix, mais nous les abordons avec sérénité, voire un certain appétit. Nous ne devons pas pour autant les considérer comme purement techniques.

En conclusion, il n’existe pas un métier de documentaliste mais une multitude, fonction de la politique donnée par les personnes qui en ont la responsabilité. Politique basée sur les exigences de la direction croisée avec la réalité du secteur et l’environnement dans lequel se trouve le centre de documentation ou la bibliothèque.

(Thomas MukokoNzebele)

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