Après trois jours de Conclave sur les enjeux politiques: Les Pionniers exhortent l’UDPS à se désolidariser du Rassemblement

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Au cours de trois jours du Conclave des pionniers de l’UDPS sur les enjeux politiques et leur position, la clôture est intervenue samedi 28 janvier 2017 à Africana Palace, de la Commune de Lingwala. Trois orateurs se sont succédés, ont exposé tour à tour sur les sujets notamment sur l’autopsie de l’UDPS à l’aube de l’année 2017, (Richard Mubiayi Bambula), Le Combat des pionniers de l’UDPS (Kawaya Musingi Léonard) et Corneille Mulumba a exposé sur la face cachée du Dialogue du Centre Interdiocésain.

Pour ceux qui ne le savent pas, les pionniers du l’UDPS sont ces filles et fils qui se sont dévoués pendant la grande dictature du Maréchal Mobutu, ont bravé la peur, ont accepté la torture, les humiliations et châtiments corporels, par le simple fait qu’ils avaient admis de faire véhiculer le fameux document de  pages, œuvre de Joseph Ngalula Pandanjila, auquel s’est joint les 12 élus nationaux de la législative de 1977 mono-parlementaire.

Prenat la parole sur l’autopsie de l’UDPS à l’aube de l’année 2017, Richard Mubiayi Bambula a rappelé l’historique de la création de l’UDPS qui remonte exactement au 15 février 1982, à l’origine de la lettre de 52 pages initiée par Joseph Ngalula Mpandanjila, communément appelé la lettre de 13 parlementaires à l’époque du MPR, arrêtés et dispersés dans diverses prisons du pays. « Les auteurs de la Lettre Ouverte sont libérés une année plus tard. Pendant leur emprisonnement, des jeunes patriotes se mobilisent, dans l’intérieur du pays, comme  à l’étranger, pour faire connaitre au monde le précieux document », avait-il dit.

Les faits historiques renseignent qu’en date du 17 janvier 1988, revenu de Belgique, et n’ayant pas obtenu le poste de Premier ministre comme convenu entre le Groupe et le Président du MPR Mobutu, Etienne Tshisekedi convoque une manifestation au Pont Kasa-Vubu. Les autres fondateurs jadis du parti boycottent la manifestation. « Ceux que l’on appelait à l’époque Groupes d’actions, les bases et les cadres du parti permettront néanmoins une mobilisation qui fera réussir l’opération. Il y eut beaucoup d’arrestation, de blessés et de mort ».

Arrêté également, à sa libération, en septembre 1988, il déclare ce qui suit : « Les Fondateurs ont été vaincus par l’usure. Moi, aussi, je suis fatigué et j’abandonne la lutte pour m’occuper de mes affaires privées et j’appelle la jeunesse à prendre la relève ». Ces propos d’Etienne Tshisekedi  permirent la naissance de la Direction Politique Rénovée en novembre 1988. Grâce à elle, l’UDPS survécue et joua un rôle déterminant jusqu’au 24 avril 1990, pendant que les dirigeants originels de l’UDPS, à l’exception d’Etienne Tshisekedi, avaient réintégré les structures du MPR, et le 24 fut l’avènement du multipartisme lancé par le discours du Président Mobutu à N’Selé. « Avec l’avènement du multipartisme ce fut le retour au bercails des fondateurs de l’UDPS, eux qui venaient de prêter serment en qualité de garants et dépositaires du Mobutisme. Ils se réapproprient le parti et dote celui-ci  d’un directoire à 4 têtes, organe n’existant nulle part dans les statuts du parti », dénonçaient au préalable les pionniers de l’UDPS.

La dérive totalitaire et les égarements de l’UDPS

La DPR, ancêtre des Pionniers de l’UDPS, condamne les méthodes dictatoriales dans la gouvernance du parti par les fondateurs. Il en est notamment ainsi de la décision de créer l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale et Alliés, véritable blanchisserie pour les Mobutistes, l’équivalent du Rassemblement aujourd’hui. La DPR déclarera cette décision nulle et nul effet pour ses membres. Elle évoluera loin des alliances contre nature de l’UDPS avec l’USORAL. Ainsi donc, les revenants ont noyauté l’UDPS et la lutte pour le changement menée par la DPR a échoué. Mobutu est resté au pouvoir pendant 7 ans encore, aux dépens de l’UDPS et du peuple, jusqu’à l’arrivée de la Laurent Désiré Kabila. Ce dernier fera le profil bas tout au long du parcours de l’AFDL, mais révélera son patriotisme et son nationalisme après avoir occupé le fauteuil présidentiel.

Autopsie amère

Partant de sa lourde faute de ne pas accompagner  son digne fils Laurent Désiré Kabila, l’UDPS ne participa ni à la gestion de la transition sous Mobutu, ni à la gestion en partenariat avec M’Zée, ni à la gestion post Sun City, ni aux élections de 2006. « Notre parti refusa de reconnaitre ses propres députés après les élections de 2011, alors qu’il constituait le plus grand parti de l’opposition à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, l’UDPS combat un gouvernement dirigé pourtant par un de ses fils, qui contient au total 6 de ses membres », déplore-t-il.

A l’avis de pionniers de l’UDPS, ce parti est à refonder ; rebâtir, réorganiser et restructurer en vue de relever les défis électoraux et de gouvernance. Au lieu d’organiser à l’interne le parti, Etienne Tshisekedi convoque une réunion des opposants en Belgique et surprend l’opinion avec la naissance du Rassemblement des forces acquises au changement semblable à l’Union sacrée de l’opposition, de triste mémoire sans consultation au sein du parti. Pour cette faute lourde, les pionniers forts de leur expérience du passé, invite l’UDPS à ne pas brader sa crédibilité dans les alliances dont les partenaires sont des marionnettes des puissances étrangères dans lesquelles le peuple congolais a tout à perdre.

Accord de la Saint Sylvestre et recommandations du conclave

Les pionniers de l’UDPS, forts de leur expérience, insistent pour dire que l’Accord du Centre Interdiocésain est une bombe, une sorte de boîte d’allumettes capable d’exploser à tout instant. Pour les pionniers de l’UDPS, l’Accord du Centre Interdiocésain est une imposition des puissances étrangères, au regard de la déclaration du vice-premier Ministre, ministre des Affaires étrangères belges en date du 19 septembre 2016.

De ceux qui précède, l’UDPS a tout à perdre avec l’Accord du Centre Interdiocésain car, espérant l’organisation des élections en décembre 2017, l’UDPS sera sans doute laminée car, désorganisée en l’interne. « L’UDPS a aujourd’hui 6 ministres au Gouvernement Badibanga, un vice-président de l’Assemblée nationale, et un Rapporteur à la Ceni, donne à capitaliser, si on fait preuve d’un peu d’intelligence. Et en cas de troubles, le parti risque de tout perdre », a dit l’orateur Corneille Mulumba. En conséquence, et  dans l’intérêt de l’UDPS et du peuple congolais, les Pionniers de l’UDPS demande à l’UDPS de quitter le Rassemblement.

(Pius Romain Rolland)

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