Après sept mois de procès: Le Tribunal entend le 36ème prévenu

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Au cours de la 54ème audience, soit sept mois après l’ouverture de cette affaire qui oppose le Ministère public aux prévenus Kamuina Nsapu, le Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, qui siège en audience foraine à la prison militaire de Ndolo a entendu le 36ème accusé, Bakenga Tujibikile, présenté comme le précurseur de ce mouvement terroriste à Kinshasa. Arrivé le 19 février 2017 à Kinshasa en qualité de représentant de cette milice Kamuina Nsapu, il avait pour mission de recruter des adeptes, les scarifier pour qu’ils deviennent invulnérables devant les forces de l’ordre. A cette occasion, le Ministère public a présenté une quantité de fétiches utilisés par le prévenu.  Ces fétiches réconfortent les terroristes, les rendent invulnérables et les poussent à commettre des actes de terrorisme. Après cette étape, le Tribunal se propose d’exploiter les relevés téléphoniques et les rapports médicaux demandés pour certains prévenus (le Commissaire Mpoyi, Kabasele, etc.). Mais étant donné que les prémices ont été posées pendant  ces 7 mois, le procès ne prendra pas beaucoup de temps.

Hier, le Tribunal a terminé une étape très  importante, parce qu’il a entendu chaque prévenu, prenant le soin de lui rappeler chaque prévention mise à sa charge et l’assistance des prévenus chacun par leurs conseils a été garantie, l’occasion de présenter les moyens de défense. Pour chaque prévenu, en effet, le Tribunal a non seulement rappelé les préventions mais il a  aussi présenté les moyens de preuve. C’est un combat loyal, reconnait le Ministère public, colonel Limbaya, qui ajoute qu’à l’occasion, le Ministère public a présenté ses moyens de preuve et la défense, ses arguments. Et tous ces moyens sont laissés à l’appréciation du Tribunal. Au moment opportun,  les juges auront suffisamment le temps d’apprécier ces moyens et de se prononcer.

A l’occasion, la défense a formulé des observations, tout en posant aussi des questions. La défense a constaté que le Ministère public et ses parties jointes n’ont apporté aucun élément pour prouver la culpabilité du prévenu. Elle a aussi posé la question de savoir pourquoi le prévenu a été bien appréhendé avant les attaques reprochées à d’autres ? En plus, le prévenu a-t-il été interrogé normalement et devant un interprète ? En réponse à ces questions, le Ministère public a fait voir que la défense a été incapable de renverser les pièces à conviction présentées par lui. Ces pièces font allusion à une cérémonie de scarification, avant toute attaque.

La suite du procès

L’étape qui reste, à en croire l’Organe de la loi, tournera autour des relevés  d’appel. Il a rappelé que lors de la première étape, des questions avaient été  posées aux prévenus sur leurs contacts téléphoniques, pour savoir si tel a appelé tel autre. Les parties avaient exprimé le vœu que le Tribunal recoure aux sociétés de télécommunication pour avoir les relevés des appels autour des périodes suspectes. C’est ce travail-là que nous allons faire, explique l’Organe de la loi.  Combien de temps va-t-il prendre? On ne sait pas, c’est le Tribunal qui a la police d’audience. Mais rassurez-vous, parce que les prémices ont été posées pendant 7 mois, je ne pense que ça prendra beaucoup de temps.

Au sujet des fétiches qui ont été présentées à l’audience, le Ministère public a reconnu que ce sont les éléments importants. Ce prévenu a été arrêté, il est arrivé au mois de février 2017 à Kinshasa et avec un objectif clair. Les services n’ont pas été distraits, ils ont mis la main sur Bakenga et il est parvenu quand même à installer ce mouvement et ses fétiches ont été saisies entre ses mains, pendant l’enquête préliminaire et ont fait l’objet de questions. Il a expliqué la nature et la finalité de tout ce qu’il avait comme fétiches. C’est  ainsi que le prévenu a reconnu un cahier reçu de ses ancêtres.

Et d’insister sur le fait que les prévenus que le Ministère public a présenté devant le juge sont dangereux, parce que la quasi-totalité a réussi à semer la terreur dans la ville province de Kinshasa. Lors de l’attaque de la prison de Makala, des pères de familles ont été décapités. Le Ministère public était convaincu que ce sont eux les auteurs. « Mais l’audience aussi apporte sa dynamique, nous attendons les réquisitoires du Ministère public et la décision qui sera rendue », rassure-t-il.

Les fétiches ont permis de commettre les infractions

Après cette affaire, la presse est revenue sur la défense qui ne reconnait pas certaines preuves présentées, notamment les fétiches. Et le Bâtonnier Diamano, avocat de la partie civile Rdc de rétorquer que des preuves foisonnent. Il y a ses propres déclarations sur procès-verbal. La contestation des procès-verbaux établis par les Officiers de police judiciaire (OPJ) et aussi par les Officiers du Ministère public (OMP) n’est pas un moyen évident pour les prévenus de se couvrir. Il y a un procès-verbal de constat de ces fétiches, auquel la loi attache une force probante. Déjà, il ne faut pas rechercher d’autres preuves. Il y a non seulement  les déclarations de Bakenga lui-même qui attestent qu’il est féticheur ; même celles d’autres prévenus.

A l’en croire, le féticheur est ici exploité dans le cadre du mouvement insurrectionnel et terroriste Kamuina Nsapu. Il s’agit des fétiches qui réconfortent les terroristes, les rendent invulnérables et les poussent à commettre des actes de terrorisme. C’est dans ce contexte-là que les fétiches servent de moyen pour atteindre un objectif, qui est celui de renverser les institutions de l’Etat.

Et d’ajouter que Bakenga, c’est  quelqu’un qui, après avoir assumé des responsabilités au sein du mouvement originelle de Kamuina Nsapu au Kasaï, l’a importé à Kinshasa. C’est quelqu’un qui a emmené le mouvement pour l’installer ici, scarifier des gens et déstabiliser le pays. S’il n’avait pas été arrêté le 31 mars 2017, la ville province de Kinshasa ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, révèle-t-il.

(JMNK)

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