Après l’expulsion massive et illégale des Congolais d’Angola: She Okitundu rassure : « Pas de réciprocité »

Tout en reconnaissant à la République d’Angola son droit d’expulser des étrangers résidant sur son territoire conformément à ses lois nationales, le Gouvernement de la République, à travers le Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et intégration régionale, Léonard She Okitundu condamne la manière la plus véhémente de ce modus operandi d’expulsion aux antipodes des valeurs africaines de fraternité, d’accueil et d’assistance mutuelle. Toutefois, la Rdc prévient qu’elle ne tombera pas dans le piège de la réciprocité, comme le souhaite une certaine frange de la population. A l’en croire, ce principe ne joue que sur le plan diplomatique et non sur les questions relatives aux droits humains. « Il ne s’agit pas des diplomates qui ont été expulsés », précise-t-il, avant d’ajouter que comme ce principe ne s’impose pas, nous n’allons pas commettre la même faute lourde que la République d’Angola. Au même moment, l’Ambassadeur d’Angola a été convoqué aux Affaires étrangères et la note verbale d’indignation et les vives protestations du Gouvernement de la République ont été transmises par voie officielle, conformément aux us et coutumes diplomatiques. Voilà pourquoi l’Angola est invité à mettre fin à ces pratiques indignes qui ne reflètent pas l’excellence des relations entre les deux pays. A défaut, la Rdc se verrait dans l’obligation de saisir les instances internationales compétentes.

« J’ai donc convoqué ce jour l’Ambassadeur de la République d’Angola qui est malheureusement absent de Kinshasa. J’ai transmis par voie officielle la note verbale d’indignation et les vives protestations du Gouvernement de la République conformément aux us et coutumes diplomatiques », a indiqué hier le Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale, Léonard She Okitundu, qui s’exprimait devant la presse tant nationale qu’internationale. C’était en présence du vice-ministre des Affaires étrangères et du ministre des Congolais de l’étranger.

D’un ton sec, She Okitundu, avec des instruments juridiques en appui, a relevé que toute mesure de reconduite à la frontière nécessite impérativement une information préalable des autorités du pays d’origine et partant l’identification effective des personnes concernées. C’est ici que le Gouvernement a déploré que cela n’ait pas été le cas en l’espèce et tient à rappeler au Gouvernement de la République d’Angola, qu’en son temps, la Rd Congo avait offert l’hospitalité à ses frères et sœurs angolais victimes des affres de la colonisation et des différentes guerres qui ont émaillé son histoire.

Fidèle à sa tradition de terre hospitalière, des milliers d’Angolais ont choisi la Rdc comme pays de résidence. Ils y vivent allègrement et en toute dignité. « Présidente de la Troïka politique, sécurité et défense de la SADC dans un passé récent, structure dont elle est toujours membre, l’Angola a suivi de près l’évolution de la situation, notamment le processus électoral actuellement en phase finale et la situation sécuritaire et humanitaire désormais stabilisée dans les provinces du Kasaï après l’éradication du phénomène terroriste Kamwina Nsapu. Ainsi, l’opportunité d’une telle action d’expulsion massive de nos ressortissants en ce moment, pose un questionnement sur les motivations profondes des autorités angolaises », s’interroge le VPM, avant d’inviter ce pays voisin à se ressaisir et à diligenter des enquêtes approfondies pour rétablir les responsabilités de ces actes condamnables.

Soucieux de préserver la paix dans la sous-région et de respecter le principe de règlement consensuel des conflits, édicté par l’Union africaine, le Gouvernement de la République invite le Gouvernement d’Angola à revenir à l’usage des canaux diplomatiques traditionnels afin de convenir d’une solution idoine devant mettre fin à ces pratiques indignes qui ne reflètent pas l’excellence des relations qui unissent fort heureusement et depuis longtemps les deux pays frères. A défaut, le Gouvernement de la République se verrait dans l’obligation de saisir les instances internationales compétentes.

La Rdc est armée politiquement et diplomatiquement

Après le mot du VPM She Okitundu, il s’en est suivi une série de questions-réponses, où la presse a voulu savoir pourquoi la Rdc n’appliquerait-elle pas la réciprocité, vu que l’Angola et la République du Congo sont des récidivistes ? Ne voyez-vous pas qu’il y a un complot contre la Rdc ? N’est-ce pas le laxisme des autorités congolaises ? N’êtes-vous pas complexé par l’Angola ? Au sujet de la réciprocité, She Okitundu a expliqué que ce principe ne joue que sur le plan diplomatique et non sur les questions relatives aux droits humains. Il ne s’agit pas des diplomates qui ont été expulsés. Comme ce principe de la réciprocité ne joue pas, nous ne pouvons pas commettre la même faute lourde que l’Angola. Et d’ajouter que la Rdc est un Etat de droit et nous n’allons pas tomber dans ce piège.

Tout en revenant sur l’attitude de la Rdc, qui avait jugé que la France, le Rwanda et l’Angola ne pouvait pas parler de la Rdc sans elle, le Vice-premier ministre estime que de là imaginer qu’il existerait un complot, c’est non ! Et de rassurer que les autorités congolaises sont armées politiquement et militairement pour ne pas subir ces genres de provocations. Il pense toutefois que ce comportement de l’Angola doit susciter en nous un questionnement, même si on est mieux que chez soi. Et ce, lorsqu’on sait que la Constitution autorise aux Congolais de s’installer où ils veulent. « Nous allons user de tous les moyens diplomatiques pour trouver solution. La Rdc se réserve le droit de saisir les institutions internationales », dit-il.

Ainsi, la Rdc n’est pas complexée, surtout qu’il faut être diplomate et afficher la fermeté. A l’en croire, si on ne reçoit pas d’explication et que ces actes ne donnent pas lieu à une enquête pour rétablir les responsabilités, nous allons saisir les instances internationales. She a toutefois déploré aucune réaction des Ong. Voilà pourquoi il entrevoit une rencontre avec les instances internationales pour qu’elles se saisissent elles-mêmes. Et ce, avant qu’une plainte ne soit déposée en bonne et due forme.

Si 160.901 Congolais sont rentrés volontairement de ce pays voisin au cours de ces dernières semaines vers la province du Kasaï,  27.971 compatriotes ont été expulsés brutalement vers cette province mitoyenne de l’Angola, 1.966 vers la province du Kwango ainsi qu’un nombre non encore déterminé qui ont été expulsés vers le Kwilu dans des conditions très précaires. A cette occasion, le Gouvernement est décidé d’actionner le Fonds Spécial d’Assistance humanitaire en faveur des compatriotes aussi brutalement expulsés et de dépêcher des délégations de haut niveau sur tous les sites où ils se trouvent déployés à ce jour.

JMNK

 

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