Après l’exploitation des relevés téléphoniques: Les miliciens Kamuina Nsapu bientôt confrontés à leurs propres vidéos

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Le Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, qui siège en audience foraine à la prison de Ndolo, n’a pas dérogé à sa règle. Il a poursuivi hier avec  l’exploitation des relevés téléphoniques pour savoir comment les prévenus qui disent ne pas se connaître se sont appelés à plusieurs reprises. Cette étape était suffisamment diseuse. Il y en a qui ont reconnu certains appels, d’autres ont avancé que les relevés sont montés de toutes pièces par le Ministère public ainsi que ses OPJ. Cette étape étant terminée, le Tribunal, lors d’une prochaine audience, se propose de confronter les prévenus à leurs propres images vidéos. C’est-à-dire que le Tribunal va montrer autre chose, pour que ceux qui ont encore des doutes sur le caractère délinquant de ceux qui sont poursuivis, soient enfin fixés.

Il y a eu plusieurs prévenus hier pour lesquels les relevés téléphoniques ont été confrontés, le plus important demeure Mukengeshayi, enseignant de son état, présenté comme donneur d’ordre à partir de Kananga. Le concernant, le Ministère public a analysé ses appels émis du 06 avril au 22 mai 2017, pour constater que plus de dix appels ont été émis et reçus. Et cette période correspond à l’attaque de la prison centrale de Makala et l’attaque du point chaud en face de l’UDPS. Et Mukengeshayi était encore à Kananga où il donnait des ordres à Mputu. L’organe de la loi a aussi analysé la période du 6 janvier au 21 avril 2017, pendant laquelle il est noté des contacts abondants et sans cesse entre les deux.  Ce sont des périodes préparatoires d’attaques et d’implantation du mouvement terroriste Kamuina Nsapu à Kinshasa. Il a terminé par dire que Mukengeshayi n’était pas un enfant de cœur, mais il a donné les ordres de ce qui allait être fait à Kinshasa. En complément au Ministère public, la partie civile Rdc a rappelé que le prévenu a été arrêté à Kananga, le 16 août 2017 avant d’être transféré à Kinshasa le lendemain.

La défense du prévenu et le prévenu lui-même a indiqué que tous ces numéros lui étaient inconnus et il qualifie les relevés téléphoniques comme des informations simples d’enregistrement de la machine. A la question de savoir pourquoi vous insistez sur la date du 15 août pendant que le Ministère public et les parties civiles parlent de 16 août, Me Christian Sutiene explique que c’est parce que cette date-là vient juste après la commission de toutes les infractions.  « Il (le Ministère public) prétend que  notre client aurait donné des ordres en date du 15 août 2017, pendant qu’il était déjà aux arrêts. En plus, les infractions pour lesquelles ils sont poursuivis ont été commises antérieurement, c’est-à-dire d’avril à juillet », dit-il, avant de conclure que s’il y avait des instructions à donner, elles le seraient avant la commission des infractions. Mais curieusement, le Ministère public fait allusion à la date du 15 août 2017, date à laquelle il aurait donné des instructions à la bande Kamuina Nsapu. Voilà pourquoi nous disons que c’est impossible, parce que les instructions devaient être données avant la commission des faits.

Et d’ajouter que par rapport à la localisation, quand nous avons analysé les données techniques, on ne reprend pas les antennes de prises en charge. On s’est retrouvé devant deux pièces. Malheureusement, l’on nous a produit une autre pièce que celle que nous détenons. Voilà pourquoi nous avons posé la question pour qu’on nous précise. Est-ce Mukengeshayi qui a appelé ou sont-ce les autres qui l’ont appelé ? Voilà pourquoi il faut qu’il y ait des précisions sur les dates de la commission des infractions.

La satisfaction de la partie civile

Interrogé quant à l’évolution de ce procès, le Bâtonnier Ambroise Kamukunyi, avocat de la partie civile Rdc, s’exprime : « Vous êtes là en train de découvrir les caractéristiques de la délinquance. Quand  quelqu’un opère dans le noir, ne l’appelez pas à se mettre au grand jour pour se détruire de plus. Et nous assistons à l’un des scenarii qui démontrent que nous sommes-là en face des criminels. Devant les OPJ, même devant le Tribunal, on leur demande s’ils reconnaissent les numéros, on découvre que les numéros sont enregistrés aux noms des personnes qu’ils ne reconnaissent pas.  Qu’est-ce que nous avons à dire ? Parce que vous dites vous-mêmes que c’est votre numéro qui est en même temps collé à votre photo. C’est ça qui démontre la preuve de la délinquance », dit-il.

Et de soutenir qu’ils ont été amplement  satisfaits parce que beaucoup d’ombres sont tombées. Parce que les personnes qui  déclaraient ne pas se connaître, se sont appelées des centaines de fois. Et vous comprenez que les nuages du début ont eu tendance à s’épaissir. Voilà que le Tribunal  renvoie l’instruction de cette affaire à une semaine, contrairement à ses habitudes. Et le Tribunal vient de nous promettre une autre démonstration. C’est-à-dire qu’il va nous montrer autre chose, pour que ceux qui ont encore le doute sur le caractère délinquant de ceux qui sont poursuivis, soient cette fois-là fixés une fois pour toutes. Vous verrez même les gens, on lui montre son image, il dira que ce n’est pas moi !

Alpha Limbaya conseille d’attendre le réquisitoire

Pour sa part, le Ministère public, le Colonel Alpha Limbaya a synthétisé l’essentiel de près de sept mois d’instruction: « Nous sommes à la phase d’instruction à l’audience. Mais cette phase  comporte deux étapes. La première étape, nous étions focalisés dans l’analyse des procès-verbaux, des déclarations des différents prévenus faites devant l’OPJ et l’OMP. La quasi-totalité a rejeté le contenu des procès-verbaux. Pendant que la première étape était analysée, nous avions formulé une requête, celle de  demander les relevés d’appel des prévenus, que nous venons de finir. Cette étape était suffisamment diseuse. Il y a eu qui ont reconnu certains appels, d’autres ont avancé des arguments comme quoi, les relevés sont montés de toutes pièces par le Ministère public ainsi que ses OPJ », dit-il, avant d’ajouter que vous avez constaté que les appels qui ont fait l’objet d’analyses ont été émis avant que les prévenus ne soient interpellés.

A la question de savoir si les six prévenus qui n’ont pas été confrontés aux relevés téléphoniques seront innocentés, l’organe de la loi a indiqué qu’il ne fallait pas mettre la charrue devant le bœuf. « C’est  difficile à ce stade de demander au Ministère public sa lecture. Comme je vous l’ai rappelé, dans la phase de l’instruction à l’audience où on a analysé les déclarations et les procès-verbaux, le Ministère public instruit à charge et à décharge. Et si le Tribunal a constaté qu’il n’y a rien, c’est une preuve que nous n’inventons pas les choses », indique-t-il. Et de se demander : est-ce qu’ils sont coupables ou innocents ? Vous aurez la réponse lors de nos réquisitoires. N’oubliez pas qu’il y a non seulement les relevés téléphoniques, mais aussi les procès-verbaux. Dans notre réquisitoire, nous allons requérir, s’il y a des gens qui n’ont rien fait, nous allons tirer les conséquences.

(Jean-Marie Nkambua)

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