Après les consultations: Kabila fixe l’opinion via le Congrès

Le président Joseph Kabila, dans son cabinet de travail/Ph. Kokolo

Le président de la République, Joseph Kabila Kabange, fait aujourd’hui son discours sur l’état de la Nation, à travers l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès. Le discours du chef de l’Etat est très attendu, d’autant plus qu’il devra donner des réponses claires au peuple congolais, après l’échec de la mission de bons offices confiée à la CENCO. Ce discours intervient au moment indiqué, soit après que le président de la République ait consulté la classe politique et social du pays, en vue de dégager un consensus pour finaliser l’arrangement particulier et donner plus de chance à l’organisation des élections dans les délais prévus par l’Accord de la Saint Sylvestre.

Soulignons que bien avant ce discours, les portes du Palais de la Nation étaient largement ouvertes à la classe politique et sociale du pays, qui est venue faire des propositions au chef de l’Etat, pour sortir de l’impasse, et conduire à l’organisation des élections au pays. Une présence la plus emblématique fut celle de Valentin Mubake, ancien conseiller politique d’Etienne Tshisekedi, invité par le président de la République en qualité de personnalité politique. Cette présence de Mubake est d’autant symbolique qu’elle intervient au lendemain du communiqué du Rassemblement aile Félix Tshilombo, dans lequel il rejette l’offre du président de la République.

« J’ai été reçu suite à l’invitation me lancé par le président et qui m’a été transmise par son protocole d’Etat, entant que personnalité. Je ne suis pas ici représenter un groupement politique quelconque », dit-il, avant d’avouer que les échanges ont porté sur la situation politique de l’heure, le travail que les évêques lui avaient remis, l’accord de la Saint-Sylvestre et comment pouvoir aller de l’avant afin de mettre en application cet accord de manière intégrale et le plus rapidement possible.

Il a dit à la presse avoir appelé M. Félix Tshilombo Tshisekedi pour lui demander pourquoi l’invitation du chef de l’Etat n’avait pas reçu satisfaction. Car selon lui, la formulation des consultations avait été acceptée à la CENCO. Et du moment où on accepte le principe de consultation, nous y sommes, estime-t-il. Il a par la suite encouragé cette démarche louable du président de la République pour autant que c’est le Congo, notre pays, qui est au cœur de cette consultation, et c’est ce que j’ai cru comprendre à l’issue de l’entretien avec lui. A l’en croire, il y a deux points qui achoppent actuellement. Il s’agit de la présentation et nomination du nouveau Premier ministre d’une part, et la présidence du CNSA d’autre part. « Le président attendait de moi de propositions concrètes et je l’ai fait, qui du reste avaient déjà été faites au niveau de notre groupe, le Rassemblement. Nous attendons qu’il mène ces consultations jusqu’à bon terme pour que le pays sorte de ce blocage », précise-t-il.

Une autre présence non moins surprenante, est celle du Rassemblement aile Olenghankoy, dont le porte-parole n’est autre que Bruno Tshibala. Celui-ci a justifié leur présence par leur volonté d’accélérer la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre. « L’entretien s’est déroulé dans de très bonnes conditions, essentiellement autour de deux points qui ne permettent pas la mise en œuvre de certaines dispositions de l’accord. Accord qui est le levier et l’instrument principal dont nous disposons à ce jour pour aller à l’essentiel, c’est-à-dire, aux élections, afin de permettre à notre peuple de parler », indique-t-il, avant de poursuivre que sa délégation qui était porteuse de quelques propositions pour résoudre ces deux points, a formulé son approche pour arriver à les résoudre.

Et de renchérir que Joseph Kabila a pris bonne note de ces propositions et il lui appartient désormais d’en tirer les conséquences, du moins en ce qui concerne le Rassemblement courant Tshisekdiste, humaniste et progressiste. En ce qui concerne la désignation du Premier ministre, martèle-t-il, le Rassemblement  a formulé une proposition au président et c’est à lui d’en donner la teneur au peuple congolais. Pareille en ce qui concerne le CNSA. Le courant Tshisekediste, en réaction à cette réforme non discutée, n’ayant obtenu aucun consensus, avait déjà désigné Olenghankoy en qualité de président de conseil de sages. Et de ce fait, il est aussi président du CNSA. Donc, pour ce qui est du courant Tshisekediste, la question ne se pose plus.

Kabila réaffirme son engagement d’aller aux élections

Fidèle Babala, cadre du MLC et représentant du Front pour le respect de la constitution a aussi été reçu par le président de la République. « En ce qui concerne la nomination du Premier ministre, nous avons réitéré notre engagement à ne pas prendre part au Gouvernement qui sera mis en place à l’issue de l’Arrangement particulier et nous avons  dit au chef de l’Etat que c’est une question qui devait être résolue entre la Majorité Présidentielle et le Rassemblement et ne nous concerne pas. En ce qui concerne la 2ème question, la présidence du CNSA, nous avons dit au chef de l’Etat, ce que nous avons dit aux évêques, que  le Front pour le respect de la constitution a reposé le problème de  la disponibilité au niveau du bureau de cette institution d’appui à la démocratie. Et ce, parce qu’au 31 décembre 2016, quand il s’est agit de signer cet accord, il y avait la configuration du moment qui faisait que es qualitate, le patriarche Tshisekedi a été retenu de manière consensuelle pour diriger cette instance », soutien-t-il, avant d’ajouter que : « le 1er février 2017,  nous avons tous fait le constat que le patriarche a eu un empêchement définitif. Cette question, nous avons réitéré notre ambition de diriger cette instance qui va nous conduire vers les élections. Et nous avons aussi récusé le caractère automatique que certains amis de l’opposition sont entrain de donner  à cette fonction qui ferait que le président du conseil de sage d’une structure devienne automatiquement président du CNSA ».

La Majorité Présidentielle n’était pas du reste. Elle était conduite auprès du chef de l’Etat par son Secrétaire général, Aubin Minaku. Au sortir de cette audience, il a expliqué que : « nous sommes satisfaits dans la mesure où il n’y a plus de temps à perdre. La République doit poursuivre et atteindre l’objectif essentiel défini depuis plusieurs mois, par tout le monde (les partis politiques, la société civile), celui d’organiser les élections dans ce pays ».

« Nous nous sommes rendus compte que le président Joseph Kabila a réaffirmé son engagement de tout mettre en œuvre pour que nous organisions les élections, surtout que la CENI est déjà à plus de 20 millions d’enrôlés », dit-il, tout en martelant qu’ils sont satisfaits du fait que sur pied de l’article 69 de la constitution, Joseph Kabila qui a le pouvoir d’arbitrage et qui est le garant du bon fonctionnement de la République, s’est engagé à lever tous les points d’achoppement qui ont fait à ce que l’Arrangement particulier ne soit pas signé, à savoir la nomination du Premier ministre conformément à la constitution et à l’accord du 31 décembre 2016 et l’installation du CNSA, soit une personnalité qui devra recevoir le quitus de toutes les composantes, apte à jouer le rôle de monitoring en vue des élections. « Entant que MP, nous allons veiller pour que toutes les composantes soient honnêtes, actives et participent à ce processus », rassure-t-il.

(Jean-Marie Nkambua)

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