Après les cannetes, les jus, les liqueurs, etc. L’essence de Lufu en vente à Kinshasa

par -
0 646
Une une vue du marché de Lufu
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Comment résoudre l’énigme Lufu, une bourgade la province du Kongo Central, non loin de l’Angola ? Parce que le Gouvernement a beau multiplier les missions dans cette municipalité, mais la gangrène demeure. Et ce, au moment où les perspectives économiques de la République démocratique du Congo ne sont pas du tout reluisantes, surtout pendant que les recettes dans le compte du Trésor public ne font que baisser. Même si des représentations comme celles de l’OGEFREM ou de la DGDA ont été installées tambours battants, on est loin d’arrêter cette hémorragie, voire cette fraude à ciel ouvert. Mais à qui profite-t-elle ? Et que faire pour que le peu d’entreprises qui nous restent ne ferment pas ? Parce qu’à l’allure où vont les choses et à l’instar de ce qui s’est passé à la Bralima/Boma qui menace de fermer d’ici décembre 2016, il y a risque que ce mouvement se généralise et que les opérateurs économiques ne présentent un bilan négatif, les empêchant alors de renflouer les caisses de l’Etat.

Tout le monde a trouvé normal le fait que les petits commerçants se débrouillent avec des produits vendus à bas prix à Lufu, parce qu’ils ne sont pas soumis aux impôts et taxes, mais moins se sont préoccupés des conséquences que cet acte pourrait engendrer dans les entreprises qui produisent les mêmes produits. « Acheter un jus ou une cannette était devenu un lux et un privilège qui étaient réservé uniquement à quelques Congolais. Mais depuis que Lufu a commencé à livrer ses produits, n’importe quel Kinois peut se les acheter à vil prix et sans problème », raconte un chauffeur rencontré sur le tronçon Rond point Huilerie-Boulevard, visiblement content, mais ignorant les dangers réels de cette activité économique de contrebande.

La Fédération des entreprises du Congo (FEC) n’a cessé de crier, mais la solution devra encore attendre. Comme pour dire que la Rd Congo paye la porosité de ses frontières. Sinon, si Lufu peut vendre les mousses, les tomates, les oignons, les habits, les souliers, les jus, les cannettes, l’huile, le sucre, le sel, voire même l’essence, mais qu’est-ce que les entreprises installées à Kinshasa vont-ils encore vendre ? Comment devront-ils dans le même contexte s’acquitter des impôts et taxes qu’ils doivent aux régies financières ?

C’est curieux quand même de constater qu’en plein Kinshasa, le phénomène appelé « Kadhafi »  est de retour, non pas parce qu’il y a pénurie de carburant à la pompe, mais parce que le carburant de l’Angola se vend moins cher que celui vendu à Kinshasa. « Avec 6500 FC, je peux acheter 5 litres d’essence chez les Kadhafi, pendant que dans les stations, il faut dépenser environ 7500 FC pour la même quantité », raconte le même chauffeur.

Cette situation doit interpeller les décideurs et le patronat pour voir dans quelle mesure ils peuvent approcher les prix, par rapport à ceux proposés à Lufu. Sinon, comment expliquer par exemple que le ciment vendu à Lufu soit moins cher que celui vendu par la CILU ? Pourquoi, ensemble avec le Gouvernement, on ne peut pas approcher différents prix pour permettre aux uns et aux autres de se retrouver ? Peut-être qu’on nous dira qu’il y a un problème de moyens de production et de l’outil de production. Mais pourquoi ne chercherons-nous pas, à cette époque de la haute technologie, à avoir un outil de production adapté ?

Il est vrai que le Gouvernement peut bien accorder les avantages fiscaux de diverses natures, mais aussi longtemps que les opérateurs économiques ne se seront pas adaptés au contexte du moment, il leur sera difficile d’émerger. De même, le Gouvernement pourra formaliser, mais aussi longtemps que le chômage et les salaires garderont toujours des proportions inquiétantes, on aura du mal à s’en sortir. Au-delà de tout ce qui a été dit, il y a le patriotisme qui doit primer et celui-ci, comme au niveau de l’Echelle de Maslow, ne se conçoit que lorsque certains besoins primaires ont été réalisés. Ne dit-on pas que ventre affamé n’a point d’oreille ?

JMNK

 

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse