Après les actes de xénophobie: RDC – RSA : nécessité de préserver la coopération bilatérale

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Cette pensée émane d’un spécialiste en Relations internationales, partant de ce que les étrangers, dont les Congolais, viennent de vivre comme calvaire en République Sud-africaine. Pourtant la RDC et la RSA ont aussi bien une histoire et un avenir enviables. Les deux pays sont devenus inséparables, surtout sur le plan des échanges commerciaux.

En effet, les violences xénophobes se sont multipliées rapidement à travers l’Afrique du Sud, notamment à Johannesburg et à Capetown. En ce qui concerne les ressortissants congolais, renseigne la source officielle, il y a lieu de signaler que tout a commencé le 14 Mars 2015, avec le meurtre de M. Noël Dintshiantshia, sauvagement brûlé vif à son lieu de travail à Durban par un groupe de jeunes Zulu, avant de succomber de ses brûlures le lendemain à l’hôpital.

Plusieurs autres étrangers d’origine africaine, surtout ceux opérant dans le secteur commercial et divers, ont été agressés et pillés par les Sud-africains. Au moins trois Congolais sont encore introuvables. Les autres pays, notamment le Botswana, le Malawi, le Mozambique et le Zimbabwe sont en train d’évacuer leurs ressortissants qui désirent rentrer chez eux. La réaction de Kinshasa est restée diplomatique.

Dans ce chapelet de malheur, on peut réveiller un autre dossier, vieux de 15 mois, raconte le relationniste. « J’ai un ami qui déplore la disparition de son frère depuis le 16 janvier 2014. Répondant au nom de Pongo Kabuya Tyty, celui-ci est venu d’Afrique du sud pour voler au chevet de sa mère malade à Kinshasa. Alors que les deux frères se dirigeaient vers la Pharmacie du 30 juin, sur l’avenue Batetela à la Gombe, prescription médicale en mains, il sera intercepté par des gens non autrement identifiés. Congolais ? Sud-africains ? Personne ne sait. Il sera enlevé, en ce jour férié, pour une destination jusqu’ici inconnue. Toutes les démarches menées pour retrouver ses traces se sont avérées vaines. La famille, éplorée, ne sait à quel saint se vouer tant l’on pense que Pongo Kabuya Tyty n’est plus de ce monde. Le mystère demeure entier même si l’Etat devrait lui garantir la sécurité », a-t-il lancé, visiblement inconsolable.

Ne pas couper le pont

Partant de la détérioration de la situation, Raymond Tshibanda avait convoqué l’Ambassadeur Sud-Africain en date du 16 avril 2015 pour réitérer les préoccupations du Gouvernement de la RD Congo toujours croissantes et lui signifier l’annulation de la visite que devait effectuer le Gouverneur de la Province de Kwazulu Natal à Kinshasa dans le cadre du projet de jumelage. D’ailleurs, certains députés nationaux ont souhaité l’annulation du contrat signé avec la République Sud-Africaine au sujet du Barrage Grand Inga, puis boycotter leurs produits particulièrement ceux de la société de télécommunications Vodacom, sans omettre leurs shops et autres alimentations disséminés en Rdc. Il y a risque que le pont soit coupé. Mais cela occasionnerait beaucoup de conséquences de part et d’autre. Côté Rdc, bien des Congolais perdraient leur emploi.

D’autre part, sans l’appuyer, la xénophobie aura relancé le débat sur la fuite des cerveaux. Bien des Congolais sont à la base de la montée en puissance de l’Afrique du Sud. Sans les médecins congolais, la RSA aurait du plomb dans l’aile dans son système de santé jusqu’à ce jour. Si du moins le gouvernement pouvait trouver comment encadrer ces dignes fils du pays que de recourir aux soins de santé d’une main-d’œuvre étrangère. De même, les étrangers n’ont jamais empêché les autochtones sud-africains, souvent peu ou mal formés, à exercer certains métiers. La chasse à la sorcière est partie de là, hélas. Mais la liste n’est pas exhaustive. Et les terres, ce sont les blancs qui en sont majoritairement seigneurs et propriétaires,… la cible a été mal trouvée dans cette affaire où l’intox a mis du feu aux poudres.

Même si aux dernières nouvelles l’on signale une accalmie relative à Durban et partout ailleurs suite au déploiement des unités des forces de défense Sud-Africaines dans les zones troublées depuis trois jours et au mot d’ordre du roi zulu, que d’aucuns voient en perte d’autorité, il est encore du chemin à faire en faveur de la sécurisation. Ce que le Gouvernement de la République à travers le ministère des affaires étrangères continue à suivre attentivement la situation, conclu le ministre.

Au-delà de suivre de près la situation des Congolais vivants en Afrique du sud, le ministre des Affaires étrangères a souligné que le corps du compatriote brulé et tué a été rapatrié puis inhumé dans les conditions humaines. Dans la même foulée, l’un des frères du défunt a été reçu à son ministère pour recueillir les identités de l’état civil du défunt.

Tout compte fait, la tempête a soufflé. Mais la vie doit continuer, la main dans la main. Rentrer au pays ou rester en Afrique du sud, n’est qu’une question de choix. Pourvu que chacun trouve son compte, dans le strict respect des droits de l’homme.

(MB)

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