Après en avoir été chassés: Des shegues réinvestissent le boulevard du 30 juin

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Vue d’un groupe de shegues aux abords du boulevard du 30 juin (ph tiers)
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La présence abondante de marginaux appelés communément «shegues » au centre-ville et particulièrement le long du boulevard du 30 juin, inquiète les bonnes consciences. « Chassez le naturel, il revient au galop », renseigne une sagesse. Les marginaux insécurisent, ils investissent le boulevard du 30 juin où taquinent, quémandent et parfois même raflent. Aux heures de pointe, les femmes doivent se faire escorter d’un homme, pour éviter le harcèlement. C’est qu’un groupe de shegues l’entoure et qui lui exige d’exercer la solidarité. Mardi dernier vers 14 heures, une jeune dame, la trentaine, attendant un taxi à proximité de la banque commerciale, a été victime d’(un vol à l’arrachée. En effet, un shegue mineur lui a arraché le téléphone VIP qu’elle tenait, et s’est introduit sous les caniveaux dallés qui bordent le boulevard. Des minutes plus tard, un policier et un jeune disponible ont suivi le fugitif dans son retranchement, mais c’était en vain.

Après l’opération Likofi, le relâchement

Deux articles ont paru dans les colonnes de L’Avenir, sous les signatures des consœurs Rebecca Muzama et Mamie Ngondo, intitulés : « Les enfants de la rue refont surface : Les ONGD de Droits de l’Homme interpellées » et « Sous l’œil de la Police : Des shegues s’affrontent à Kinshasa ». C’était respectivement le 7/10/2015 et 13/6/2016. A l’une et l’autre occasion, en effet, les reporters de L’Avenir ont établi des responsabilités du pourrissement de la situation au niveau des acteurs sociaux : l’Etat, la famille, la rue, l’Eglise, les médias…

C’est à juste titre que ces enfants dits de la rue refont surface, malgré les opérations menées contre eux par la police. Une opération saluée par une frange majoritaire de la population. Car mettre hors d’état de nuire cette catégorie d’enfants, a toujours été le vœu de paisibles citoyens. Ces marginaux sont très dangereux, dans la mesure où ils embêtent tout usager de véhicule sur le boulevard du 30 juin et ailleurs. Ils agressent physiquement, profèrent des injures lorsque leur demande n’est pas exhaussée. Force est d’interpeller les autorités en la matière qui laisse faire cette situation au centre-ville, où interagissent autochtones et expatriés. Car après le boulevard du 30 juin, les autres artères de la capitale risquent de connaitre le même envahissement, un effet de chaîne de ces hors-la-loi.

Pourquoi doit-on laisser ce phénomène prendre de l’ampleur dans la capitale qui pourtant jouit d’une vocation touristique avérée ? Tout le monde s’est dit soulagé lors de la traque de ces marginaux sur le Boulevard du 30 juin et dans les marchés urbains et municipaux. C’était, pour rappel, l’opération « Likofi » (entendez : Coup de poing), déclenchée en décembre 2013. Pour l’heure, où sont passées les autorités compétentes qui doivent les réinsérer dans la vie professionnelle ? Alors que certaines ONG qui les recrutaient en vue de leur réinsertion sociale, plusieurs parmi ces structures ont failli à leur mission.  Que de fois, les mêmes têtes gardées dans des auberges et des centres de formation ont  rebroussé chemin.

A en croire plusieurs frustrés, l’Etat est le premier responsable  de ce phénomène. D’où, il lui revient de garder constance dans les efforts amorcés : rechigner à  toute attitude passive, ériger des foyers sociaux pour leur prise en charge

La responsabilité est partagée entre l’Etat d’une part, et d’autre part, les parents géniteurs. Des parents ployant sous le coup des insuffisances et des irrégularités des salaires,  sont incapables d’assurer la scolarité de leurs enfants,  de leur offrir une alimentation équilibrée. Les situations de divorces déchirent certains foyers, ou soit le décès  de l’un de parents où les enfants sont souvent traités de sorciers ou porteurs de malheur. Tout cela entraine des enfants qui, n’étant pas à mesure de supporter la maltraitance, trouvent un refuge dans la rue.

Les enfants de la rue, un fonds de commerce ?

Des ONG locales plus d’une fois, ont pris le devant de la scène, prétendant récupérer et réinsérer des enfants de la rue. Et plus d’une fois, la plupart ont arrêté leur « aventure » à mi-chemin, après avoir crédité leurs comptes bancaires de la libéralité de bailleurs des fonds.    

Si l’on veut bien découvrir sa cause, c’est parfois une cause qui ne peut pas justifier l’accomplissement de cet acte de banditisme au grand jour et sur la place publique.

Toutefois, il est à démontrer que les autorités congolaises ont encore du pain sur la planche dans ce domaine de la récupération des enfants de la rue. Soulignons que la plupart de ces enfants se sont retrouvés dans la rue à cause des motifs divergents. Il y en a sur qui pèse la présomption de sorcellerie, d’autres à cause de la misère constatée dans leurs familles de provenance. Beaucoup aussi se sont retrouvés déchirés de leurs familles sans en connaître la cause, sous l’influence d’autres enfants de la rue.

Derrière tout comportement, il y a une dose de vérité, démontre une évidence. Dans cet ordre d’idée, il ne faut pas seulement privilégier le mauvais comportement de ces enfants. Un certain son de cloche résonne que ces enfants de la rue ont juste besoin d’une orientation. Car ils peuvent avoir développé un sentiment de manque qui les pousse à commettre tous ces actes de barbarie, en croyant satisfaire à leur manque.

Notons aussi que cette situation des enfants de la rue a prouvé la faillite dans le domaine de l’éducation auprès des familles qui n’ont pu maîtriser leurs enfants, pour les dissuader de l’errance. Pourtant, toute famille devrait s’assumer comme première éducatrice, malgré des difficultés qui peuvent survenir, afin de prévenir la délinquance juvénile. Et l’État congolais a la charge de l’encadrer la jeunesse.  Car dit-on, la jeunesse c’est l’avenir de demain. D’où, les pouvoirs publics et les familles doivent collaborer sans faiblir, en mettant des mécanismes en place pour contrecarrer ce fléau des enfants désespérés qui composent des gangs », (lit-on dans « L’Avenir » du 13 juin 2016).

(Payne)

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