Après des « Tous-Travaux » et des vendeurs: Des diplômés congolais se massent en Angola

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Depuis un temps, en effet, des sources signalent la sortie massive de jeunes diplômés congolais qui trouvent un terrain d’accueil en Angola. Cette vague s’observe à la suite de celle, massive et progressive des « tous-travaux » (terme qui traduit les gens de métiers et d’autres manœuvres) ainsi que des vendeuses et des vendeurs dont un grand nombre part de Kinshasa et des provinces frontalières à l’Angola : Bandundu, Bans Congo.                                                                                                                              Il nous revient que la plupart sont issus de l’enseignement supérieur et universitaire : l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA), l’Institut supérieur pédagogique technique (ISPT), l’Institut supérieur de Commerce (ISC/Kinshasa), l’Université pédagogique nationale (UPN), l’Institut  des bâtiments et des travaux publics (IBTP), l’Institut supérieur des arts et métiers (ISAM), l’Institut supérieur des arts (INA), et même l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Ces établissements autant que d’autres, forment et décernent des diplômes à des finalistes dont plusieurs s’arrangent à quitter le pays, dans les mois qui suivent la fête de collation des grades académiques. Des raisons évoquées pour justifier la fuite de cerveaux sont multiples, certes. Toutefois, elles convergent vers la quête d’un « ciel prometteur ». Comme on le comprend, une chose est de décrocher son titre au terme du cycle d’enseignement supérieur, une autre de trouver de l’opportunité d’être casé, embauché. C’est pourquoi, sans rien attendre au risque de voir s’étioler ses ambitions de jeunesse dans l’oisiveté postuniversitaire vécue dans des rues serpentées des quartiers de la populace, des cadres formés sortent du pays, peut-être sans nécessairement le maudire.

Des bureaux d’accueil et d’orientation opérationnels dans des villes angolaises

Des sources indiquent qu’après une certaine génération d’émigrés congolais ayant exploré  l’Afrique du Sud, une autre apprend à se constituer en «diaspora respectable », en Angola. C’est comme le témoigne un résident, fruit d’un établissement  d’enseignement supérieur technique à Kinshasa : Nous ne volons pas faire de l’exhibitionnisme d’habits prêts à porter, à l’instar de certains compatriotes qui se sont établis dans l’espace Schengen. Nous sommes au contraire, conscients des difficultés d’intégration qu’éprouvent les néo-arrivistes. C’est pourquoi nous organisons des bureaux d’accueil et d’orientation, pour rendre des services liés à l’intégration de ceux qui en font la demande. L’idée est née d’un groupe d’amis angolais et congolais, tous anciens étudiants de l’Ista. Cela (l’idée) s’est étendu à d’autres anciens résidents, en fonction aussi bien de leurs établissements de provenance que des services qu’ils peuvent rendre aux néo-arrivistes. Le secteur notamment des infrastructures est tenu par des Ong chinoises, qui doivent leur contrat au gouvernement angolais.

Le Bureau du Travail « Don Bosco Lukunga »  redoute des statistiques

En RD Congo, entre 7 et 10 millions de jeunes intègrent, chaque année, le marché du travail, et ce marché ne croît pas assez rapidement pour les accueillir. A peine 10 % trouvent un emploi correspondant à leurs capacités et compétences, et beaucoup continuent à souffrir. Car dans certains cas, les salaires sont extrêmement bas. Parmi eux, il y a de plus en plus de jeunes formés dans les centres de métiers, et leur nombre, entre 1999 et 2011, a plus que triplé, passant de 1,6 million à 4,9 millions. Ils seront pratiquement le double en 2020, soit 9,6 millions de jeunes chômeurs au Congo. Mais il y a le secteur privé qui émerge, et  cela offre certaines garanties en termes de bouffée d’oxygène, pour la survie de ce que les gens entreprennent.  En Angola, il s’avère que les diplômés qui quittent le sol congolais  et s’établissent en Angola, a ménagent le terrain, pour notamment faciliter l’intégration de ceux qui suivent. « Notre action consiste à recueillir ceux qui viennent nous aborder, les identifier et les orienter dans le choix du secteur où évoluer. A ce jour, nous apprécions le sens d’ouverture et de collaboration des Angolais qui ont obtenu leur titre académique à Kinshasa. (…) », a témoigné un voyageur.

Faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale 

Raymond Jarret, un néo-septuagénaire, est de nationalité française. Il a quitté la RD Congo en 1971, après avoir servi comme cadre technique de la représentation locale de l’industriel des chaussures Bata. Il y a peu, l’homme a entrepris des voyages de touriste dans des pays subsahariens de son choix. En RD Congo, il a visité Kinshasa après avoir relié la Centrafrique au Congo-Brazzaville, par voie fluviale. Quelle n’a pas été son émotion de voir que NDOLO, aux abords du fleuve Congo, n’était plus un quartier industriel, une vocation qu’elle avait pourtant sous l’administration coloniale belge, et aux premières heures de l’indépendance.  Et le touriste a tiré la sonnette d’alarme :

« Maintenant, il s’avère que restructurer les zones industrielles est un pari pour les dirigeants du continent noir. Aujourd’hui, il faut reconstruire un tissu industriel, sinon les gens pourraient se révolter. L’emploi des jeunes, il faut que les dirigeants politiques y pensent absolument. Il est impérieux de créer des structures d’accueil de grandes industries, pour donner du travail aux gens. Ce qui revient à faire revivre en eux l’espoir », a-t-il lancé.

En effet, Joret Raymond ne voile guère sa passion pour l’Afrique noire. Partout où il est passé, il a véhiculé un message d’exhortation. En effet, il a appelé les gouvernants africains à prendre à bras- le- corps la question de l’emploi des jeunes. Le contraire, a-t-il redouté, constituerait une bombe à retardement susceptible de faire fragmenter ces pays de l’intérieur. Ce message de sagesse qui laisse transparaître de la compassion, est tombé comme un grain dans une terre ciblée. L’Afrique noire partagée entre des conflits armés par procuration et des ambitions légitimes des générations montantes, est donc à la croisée de chemins. Le continent noir, en effet, est appelé à opérer des choix minutieux, pour préserver des lendemains souriants.

« Un grain jeté en terre ne pousse pas le même jour », renseigne une sagesse. Ceci laisse comprendre que l’Etat est en droit de planifier l’emploi des jeunes notamment pour arrêter la gangrène. Car plus d’une fois, de longues files de demandeurs de visa se sont livrées en spectacle  devant l’Ambassade d’Angola à Kinshasa, avec des concerts de casseroles. Cet empressement laisse comprendre une certaine pression sur les autorités de l’Ambassade, comme si ces dernières ne devraient pas s’en remettre à quelques consignes de leur gouvernement, avant « d’ouvrir la porte à tout le monde ». Cela va sans dire que les diplômés qui quittent le pays auraient pu en être dissuadés, si l’emploi des jeunes avait occupé une place de choix dans la gouvernance congolaise. « Si tu arraches le couteau des mains d’un enfant, donne-lui à la place un bâton », suggère une sagesse.

(Payne)

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