Après des hommages lui rendus hier à Abidjan

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La dépouille mortelle de Papa Wemba arrive aujourd’hui à Kinshasa

C’est aujourd’hui jeudi 28 avril 2016 que la dépouille mortelle du roi de la rumba congolaise, Papa Wemba arrive à Kinshasa par un régulier de Congo Airways en provenance d’Abidjan. Les kinois sont donc mobilisés pour rendre hommages au Chef coutumier du village Molokaï. A cet artiste qu’ils ont tant aimé et adulés et dont les œuvres n’ont cessé de propulser sur l’échiquier international la culture de la République démocratique du Congo.

Parti à Abidjan répondre à l’invitation contractuelle de Salif Keita dit A’Salfo, patron de Magic System, commissaire général du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo, FEMUA, qui tenait à le voir sur la scène de la 9ème édition de ce forum. Il était compté parmi les 15 autres artistes africains invités sur place pour la même circonstance.

Et, c’est donc en pleine prestation que Papa Wemba s’est écroulé sur scène comme il ne cessait de le répéter à chaque occasion et Dieu vient d’exhausser sa prière en l’arrachant à l’affection des siens, micro à la main.

Artiste de renommée et auteur-compositeur infatigable, Wembadio bien qu’ayant dépassé depuis une décennie le cinquantenaire de sa vie ne paraissait jamais fatigué. Certains disaient de lui qu’il n’avait pas son vrai âge puisqu’il restituait toujours sa splendeur de la jeunesse.

Tout Matonge, son quartier chéri est en émoi. Ayant grandi dans ce coin de la capitale ses amis et connaissances voudraient que ses funérailles puissent se dérouler au stade Tata Raphaël proche de sa résidence au Village Molokaï.

De ses débuts

Venu au monde un certain 14 juin 1949 à Lubefu dans la province de Sankuru en République démocratique du Congo, c’est à l’âge de 11 ans qu’il débarque à Kinshasa avec ses parents. Fils d’une pleureuse, maman Liyondjo qu’il accompagnait souvent dans des veillées mortuaires, le petit Jules Shungu s’est inspiré de la vocation de sa mère pour s’intéresser à la chanson. Chose que son père, papa Shungu ne voulait pas entendre lui qui avait décidé de faire de son enfant un Avocat.

Mais, le petit entame la chanson à travers diverses chorales chrétiennes de l’Eglise catholique où il se fait remarquer avant de se frayer une voie en rose dans le royaume d’Orphée.

Et c’est en 1969, à l’âge de 20 ans que Jules Shungu débute comme chanteur au sein de l’orchestre Stukas de Lita Bembo au quartier « Immocongo » (20 mai actuellement) dans la commune de Kalamu. Peu après, il se retrouve avec d’autres amis pour le dégraissage de l’orchestre « Bel guide » qui renaissait autour du guitariste Pépé Felly Manuaku sous l’appellation de Zaïko. Il est le cofondateur du groupe et opte pour l’appellation de Jules Presley. Malheureusement il ne fera pas longtemps là-bas parce que dans la suite du chanteur Evoloko ils s’en iront créer l’orchestre « Isifi » à Yolo…

Tout au début de l’année 1976, le Jules Presley, Bozi Boziana et Siméon tourne le dos à « Isifi » et mettent sur pieds l’orchestre « Yoka Lokole » et font appel à Djo Issa ainsi qu’au jeune Nzolantima Mpoyo dit Mbuta Mashakado. Le groupe est placé sous le management  du courageux Champro King.

Cet orchestre a bien évolué normalement jusqu’au jour où, en plein concert Jules Presley Wemba est chassé de « Yoka Lokole » par Mbuta Mashakado qui lui dit : « Banda lelo, mwana mayi olongwe mouvement, na canaille kaka. Tout droit ! Kende na yo » (A dater d’aujourd’hui, cher ami, tu ne fais plus partie du mouvement, je te le dis ouvertement sans froncer ! Va-t-en).

Une injure grave et populaire d’autant plus que Jules Presley qui supporte mal l’abus d’autorité de Mavwela Somo présumé vrai patron de l’orchestre, cherche à regagner discrètement le groupe « Isifi » et il commence déjà à répéter avec Evoloko qui était resté seul maître à bord.

La nouvelle se repend telle une traînée de poudre et arrive aux oreilles des membres influents de « Yoka Lokole » qui, à l’unanimité, décident de l’exclusion de Jules Presley de l’orchestre. Personne alors n’avait eu le courage de le lui dire en face. C’est ce qu’a fait Mashakado qui avait choisi la voie de l’humiliation en créant l’abcès.

Quelque temps après Jules Presley a regagné le groupe « Isifi » mais son ami Pecho wa Ngongo lui suggère de monter son propre groupe afin d’échapper à cette sorte d’humiliation. Cette proposition était loin de rencontrer l’assentiment de Jules Presley Wemba qui ne s’estimait pas capable de diriger un groupe musical. Infatigable, Pecho wa Ngongo revoit Mavuela Somo pour tenter une réconciliation avec Wemba qui finira par signer son retour dans « Yoka Lokole ». Et ce retour sera concrétisé par la sortie des disques « Matembela bangi « de wemba, « Mabita » de Mbuta Mashakado et « Bana Kin » de Mavwela Somo.

Création de Viva la Musica et l’appellation Papa Wemba

En regardant à l’horizon, Pecho wa Ngongo, toujours lui, appuyé par Sacré Marpreza et Bayard de Munich ne se fatiguent pas et vont revoir Wemba et lui suggère de monter un orchestre. Et sans désemparer  Pecho va contacter Maxime Soki Vangu des éditions Bella Bella ancêtre de « Krubondo » qui accepte la suggestion de parrainer l’orchestre de Wemba surtout en représailles contre sa préférée Getou Salay qui se la coulait douce avec Mavuela Somo.

Tout en acceptant l’offre, le cocu (Soki Vangu) mettra un équipement de musique à la disposition de Wemba. C’est ainsi que Viva –la-Musica marquera sa sortie officielle, le 26 février 1977, au bar « Type K » de Tabu Ley qui était situé sur le prolongement de l’aérodrome de Ndolo (marché somba zigida) dans la commune de Kinshasa. On notera que c’est depuis ce jour là qu’à l’unanimité, les amis de Jules Presley qui avaient pris d’assaut ce sanctuaire pour assister au premier concert de Viva-la-Musica, l’ont baptisé « Papa Wemba ». Nom qui lui est resté collé jusqu’à sa mort. Du coup, le groupe installe son siège au domicile familial de l’artiste sur rue Kanda Kanda n° A/42 au quartier Matonge dans la commune de Kalamu. Du coup, Papa Wemba est surnommé Chef coutumier du village Molokaï qui est l’anagramme des avenues et rues Masimanimba, Oshwe, Lokolama, Kanda Kanda et Inzia. Cet espace est borné à l’Est par le complexe Ymca et à l’Ouest par le Carrefour des jeunes. Au nord par l’avenue Kasa Vubu et au sud par la rivière Kalamu.

Première équipe Viva la Musica

La première équipe de l’orchestre Viva-la-Musica était constituée de : Papa Wemba, Jadot le Cambodgien, Aziza, Djenga-Ka Espérant Kisangani et Bipoli na Fulu (chanteurs);  Bamundele Rigo Star et Liguagua Julva (guitares solo) ; Syriana (accompagnateur) ;  Pinos et Pepito (bassistes) ; Otes Koyongonda et Patcho Star (percussionnistes). Ce groupe a lancé ses premières chansons : « Ebale mbonge » et « Mère supérieure » qui ont fait fureur sur la toile avec la danse « Mukonyonyo ». Mais quelques temps après l’orchestre connaîtra sa première scission. Les chanteurs Bipoli na Fulu, Espérant Djenga-Ka, Jadot le Cambodgien et le guitariste Julva Liguagua feront défection pour aller intégrer le groupe « Karawa Musica » du trio Kangonia.

Papa Wemba ne tarde pas. Il recrute le chanteur King Kester Emeneya et le guitariste Bongo Wende.

(A suivre)

(Kingunza Kikim Afri  )

 

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