Appel à la ville morte: Mi-figue mi-raisin

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Kinshasa, que d’aucuns croient être le bastion de l’opposition, a connu une journée particulière, contrairement aux autres provinces de la République. Hier matin 16 février, les habitants se sont réveillés sous une chaleur de la psychose à l’annonce de la ville morte avec menaces de la part des organisateurs d’aujourd’hui, alors que le dimanche du 16 février 1992, certains d’entre eux étaient aux affaires sous le régime du Maréchal Mobutu.

Il est évident que la population qui est restée à la maison ne l’a pas été pour avoir adhéré à l’appel quelconque relatif à la ville morte. La population est restée par précaution en évitant que les badauds surexcités par l’opposition en profitent pour faire la casse et s’attaquer à la population, selon des témoignages.

D’ailleurs, les présentes images illustrent que la Ville de Kinshasa n’était pas totalement paralysée comme au beau vieux temps. Elle s’est réveillée sous une psychose de ne pas tout perdre. Pourtant c’est un peuple habitué à vivre au quotidien.

16 février, hier et aujourd’hui

A l’époque, devoir de mémoire oblige, cette date avait été choisie pour faire pression sur l’ancien régime qui avait fermé les portes du Palais du Peuple aux assises de la Conférence nationale souveraine, CNS. C’était sous le Gouvernement Nguz A-Karl-I-Bond. Ce dernier, placé à la primature par la volonté de l’ex opposant sénégalais Abdoulaye Wade, après son constat amer   sur l’immaturité de classe politique congolaise qui roule en faveur du pouvoir pour le pouvoir et qui vole de contestation en contestation.

24 ans avant, lorsque l’opposition conduite à sa tête par l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS dans un bloc de la plateforme de l’Union Sacrée de l’opposition galvanisée le peuple zaïrois contre la dictature du Maréchal Mobutu, et en appelait à la ville morte. Rien ne bougeait ! Rien ne respirait ! Le mot d’ordre fut respecté à la loupe jusqu’au soir même et parfois la mi-journée du jour suivant. Boutiques, alimentations, transports, piétons, marchés, restaurant, écoles, universités étaient au bois mort. Même l’administration publique, entendue la Fonction publique brillait de la paralysie connue pour ses grèves ininterrompues.

Aujourd’hui, autre temps, autre mœurs, l’environnement politique a complétement changé quand bien même certains nostalgiques croient au même combat contre le Maréchal Mobutu, le réédité contre Joseph Kabila. Paradoxe de l’histoire, les commanditaires d’hier qui ont vu plus d’une soixante de zaïrois tombés sous les balles d’Honoré Ngbanda Zambo Ko Atumba, sont les organisateurs d’aujourd’hui, entendus qui célèbrent le sang qu’ils ont versé un certain dimanche 16 février 1992.

La Rédaction du Journal L’Avenir qui a baladé son micro pour avoir les avis de la population, n’a constaté que celle-ci par crainte et non par obéissance au mot d’ordre s’est résolue de préserver le peu qu’elle a, au lieu de se livrer à la confrontation de la majorité au pouvoir et celle de l’opposition en quête du pouvoir.

Ce qui fait croire à la Rédaction du Quotidien que les entreprises de ceux qui ont appellé à la ville morte ont tourné efficacement comme d’habitude. Leurs travailleurs ont répondu présent au lieu du travail. C’est le cas de l’hôtel Faden House, du célèbre député national Ecidé Martin Fayulu. C’est ici le lieu d’indiquer que la population congolaise en général et kinoise en particulier est invitée à plus de vigilance, de lucidité et de rationalité. Comment ceux qui les envoient à paralyser la ville, acceptent que leurs travailleurs ne paralysent pas leurs entreprises ?

Au marché Tip Ka dit Zigida, célèbre dans la vente des épices a connu la visite du Ministre de l’Industrie, Germain Kambinga. Les images vues sur les chaines de Télévision indiquent que le marché a fonctionné normalement. D’où, la thèse qui précise que « l’appel à la ville morte, était mi-figue mi-raisin ». Par peur, une frange de la population est restée à la maison, en réalité n’adhère plus aux fatwas et incantation de l’opposition qui se distrait dans la commémoration des événements que de préparer leurs militants aux échéances électorales, si elle en a du moins.

Pour les uns, la ville morte constitue l’unité de mesure du pouvoir qui tend vers la fin de son mandat législatif, pour les autres, la véritable unité de mesure ce sont les échéances électorales à venir. De la base au sommet, l’on connaitra l’encrage, la performance, la popularité de chaque parti politique au niveau de la base.

Confusion à l’UDPS

A qui revient la responsabilité de l’organisation de la ville morte ? S’interroge l’opinion. Le spectacle vécu au siège de l’UDPS témoigne que bon nombre de congolais n’ont plus confiance en ce parti qui, au vu de tous ne lutte jamais pour la conquête du pouvoir, mais s’illustre en parti contestataire. Bien que connu comme un parti non violent, mais en réalité, l’intolérance, la violence verbale, la dictature se portent mieux au sein de l’UDPS/Tshisekedi.

Parti familial, parti tribal et/ou parti national ?

Au regard de la confusion qui règne en son sein à travers la correspondance attribuée à Etienne Tshisekedi qui encourageait l’organisation de la Ville morte, les instances du parti, notamment le Secrétaire Général Bruno Mavungu et son adjoint Bruno Tshibala ont été passés à la déconfiture par les militants instrumentalisés. Ne reconnaissant pas la lettre du sphinx de Limete, les gestionnaires au quotidien du parti ont payé de leur frais pour avoir contesté l’ordre de Félix Tshilombo Tshisekedi. Ce dernier, fils biologique d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, semble outrepasser les décisions du parti, considérant que l’UDPS est un parti familial, et non un parti national. C’est lui le cerveau de la lettre attribuée à son père qu’il s’alliait à l’organisation de la ville morte. Ceci dit, avant d’accuser le pouvoir de dictature, il est logique de regarder dans sa propre boutique (parti politique) si la démocratie est une leçon à promouvoir, ou un simple slogan à faire passer dans les chancelleries occidentales. Il est vrai que, l’opposition a réussi à occulté l’incivisme de la population face aux autorités politiques actuelles. Attention au revers de la médaille lorsque, demain l’opposition sera à la commande du pays puis récolter ce qu’elle a réussi à semer dans le mental congolais, à un peuple au petit esprit, sans rationalité ni boussole.

(Pius Romain Rolland )

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