Annie Kenda : « …maintenant, l’homme et la femme ont des devoirs réciproques»

par -
0 603
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

A partir de l’an 2002, la République démocratique du Congo s’était engagée dans le processus de la révision de son Code de la famille. Le but de cette réforme était d’élaguer dans cette loi, des dispositions discriminatoires à l’égard de la femme et de la fille (incapacité juridique de la femme mariée; mariage de la fille à 15 ans mais à 18 ans pour le Garçon, etc…et de conformer certaines dispositions de ce code aux conventions internationales protectrices des droits de la femme et de l’enfant auxquelles le pays a souscrit. Et également, d’écarter les contradictions entre le Code de la famille et divers autres textes nationaux. Notamment, la Constitution de la République du 18 février 2006, le Statut des magistrats du 10 octobre 2006 ; le Code du travail du 16 octobre 2002 ; la Loi sur les violences sexuelles du 10 octobre 2006 et la Loi portant protection de l’enfant du 10 janvier 2009.

 

Ce processus de révision du Code congolais de la famille a donc duré 14 ans, avec l’accompagnement des partenaires techniques et financiers clés du secteur (UNICEF, Union Européenne, etc.). Et c’est le 15 juillet dernier que le Président de la République Joseph Kabila Kabange a promulgué le nouveau Code de la famille, modifié et complété.

 

Dans le cadre de notre édition Avenir-Femme de cette semaine, il nous a plu de réfléchir autour des droits et devoirs de la femme selon le nouveau Code congolais de la famille. Pour ce faire, nous avons interrogé une experte attitrée en la matière.

 

Directeur chef de service à la direction des services juridiques du Secrétariat général à la Femme, Famille et Enfant et secrétaire permanente du Conseil national de la Femme, Mme Annie Rebecca Kenda nous a signifié que la femme a acquis beaucoup de droits, dont la cogestion du ménage avec son partenaire homme. Quant aux devoirs, ils sont réciproques entre l’homme et la femme, a-t-elle indiqué.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview que Mme Annie Kenda (photo ci-contre) a accordée à L’Avenir-Femme.

Avenir-Femme : Mme Annie Kenda, pouvez-vous nous indiquer, même de façon disparate, quelques droits acquis à la femme dans le nouveau Code de la famille ?

Mme Annie Kenda : Les droits que les femmes ont acquis au niveau du nouveau Code de la famille c’est d’abord le principe de la cogestion entre les femmes mariés et les époux. Et aussi, le principe de la concertation, le principe de ne pas reléguer la femme au second rang. Il y a quatre livres dans le Code de la famille sur la personne, sur la famille, sur les successions, et sur les libéralités. Et chaque partie du livre a un certain nombre d’articles qui ont été révisés pour pouvoir écarter les discriminations qui pesaient sur la femme, surtout la femme mariée.

Par rapport à la gestion des noms, la femme n’avait pas droit de donner les noms à l’enfant. Et le nom était accordé seulement par le père. Mais aujourd’hui, la femme aussi a un mot à dire. Parce que la Loi prévoit que le nom soit accordé par les parents. En termes de parents, on voit papa et maman. Il y avait certaines dispositions qui limitaient la capacité juridique de la femme. La femme ne pouvait pas ester en justice, même si elle a des problèmes avec son mari, elle ne pouvait pas le traduire en justice. Mais aujourd’hui, la femme a cette capacité juridique. Elle n’est plus associée aux aliénés, elle est maintenant traitée au même titre que son conjoint.

Parce que la Constitution pose le principe de l’égalité des droits : tous sont égaux devant la Loi, l’homme et la femme, il n’y a pas de distinction ni de race, ni de sexe. Et ces principes sont maintenant acquis tant pour l’homme que pour la femme.

Quels sont alors, dans le même sens, quelques devoirs des femmes dans ce nouveau Code congolais de la famille ?

Les devoirs sont réciproques, et pour l’homme et pour la femme. L’homme a le devoir d’aimer sa femme, la femme a le devoir d’aimer son mari, et les deux ont le devoir d’éduquer leurs enfants de la même manière. Les deux ont le devoir de manifester l’affection, le respect mutuel et considération mutuelle. Parce ce qu’on ne peut pas parler seulement des devoirs de la femme, mais les devoirs sont et pour l’homme et pour la femme. Parce que, quand on s’engage pour vivre ensemble, chacun a des responsabilités, des rôles à jouer et des devoirs à accomplir. Que ça soit pour l’homme que pour la femme. Il y a aussi le principe de l’adultère qui est maintenant traité de la même manière et pour l’homme et pour la femme, il n’y a plus de distinction.

Pouvez-vous Madame nous parler d’autres avancées du genre dans le nouveau Code de la famille ?

Par rapport à d’autres avancées sur le plan du genre, il y a aussi le choix du domicile et de résidence. Entre l’homme et la femme, il faut faire le choix ensemble. Avant, la femme devrait seulement suivre le choix du mari, elle était considérée comme l’accessoire. Mais maintenant ils sont tous dans le même principe de pouvoir se concerter pour tout acte qu’il faut poser dans la gestion du ménage, la stabilité des foyers. C’est parce que notre Constitution pose le principe selon lequel, la famille est la cellule de base de la Nation. Et la famille est constituée de l’homme et de la femme. Et il n’y a pas de raison pour que l’homme puisse brimer la femme et puisse considérer la femme dans les ménages comme un être faible, alors que la Constitution parle du principe de l’égalité. C’est-à-dire que le principe est acquis maintenant par rapport à l’homme et à la femme.

Avez-vous d’autres commentaires sur les droits et devoirs de la femme dans le nouveau Code congolais de la famille ?

Il faut que les hommes et les femmes puissent avoir l’intérêt de connaître le contenu du nouveau Code congolais de la famille. Des dépliants de synthèse seront élaborés et mis à la disposition de toute la population. Pour que la population qui n’a pas l’occasion de pouvoir comprendre davantage le contenu de la Loi, puisse avoir la possibilité de la comprendre.

Nous voulons que les gens s’intéressent, que les gens lisent, que les gens comprennent, que les gens appliquent cela dans leurs foyers. Parce que les gens peuvent croire qu’on élabore des lois pour d’autres personnes et non pas pour eux. Il faut que tout le monde vraiment s’implique. Et la maltraitance des femmes pendant les deuils est interdite, la polygamie est interdite, la polyandrie ou la polygynie également.

Le principe qui est accordé dans notre pays c’est celui de la monogamie. C’est ce qui est reconnu par notre Etat. Et cela, pour l’intérêt et de l’homme et de la femme et surtout pour les enfants. Parce que la plupart d’enfants souffrent dans les foyers polygames et il y a des rejets, il y a ceux qui ne sont pas pris en considération. Et il y a aussi le principe de mariage des enfants, surtout des filles, parce que ce sont des femmes de demain, et le mariage entre les enfants n’existe plus.  

Il y a le principe d’interdiction des mariages des enfants et la majorité est acquise à l’âge de 18 ans pour tout fait. Pour le mariage, pour les élections, et pour tout engagement que ça soit pour le travail ou autre action à réaliser. Il faudrait que les parents arrivent à pouvoir protéger leurs enfants en privilégiant l’éducation et l’intérêt supérieur de l’enfant afin que celui-ci bénéficie de son enfance. Qu’il grandisse normalement jusqu’à l’âge de 18 ans, et qu’il murisse la vie avant d’entrer dans le mariage. Et en ce moment là, on peut construire un foyer stable, un foyer où l’homme et la femme sont responsables.

(Propos recueillis par Lepetit Baende)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse