Ange Madifuta creuse le Sextape à la lumière de l’évangile du Christ « Tout arrive quand le diable prend la direction de nos vies »

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Les Nouvelles technologies de l’information et de la communication, NTIC, à l’instar d’autres grands courants à travers les âges, ont d’une manière générale, révolutionné les modes de pensées. Et la nouvelle dynamique qui en a résulté n’a pas manqué d’écorner l’idée que l’individu se fait de soi-même, de l’autre et du monde qui l’environne. Tout ou presque est banalisé à souhait. Le sextape s’inscrit dans cet ordre d’idée. Mme Ange Madifuta (dont l’interview suit), est ménagère établie à Kinshasa. Elle scrute cette pratique à la lumière de l’évangile du Christ. «Tout arrive quand le diable prend la direction de nos vies », a-t-elle déploré.

L’Avenir : Est-ce que l’Internet vous intéresse en tant que ménagère ?

A.M : Effectivement, dans le cadre professionnel, et j’en profite comme moyen qu’offre notre temps, pour communiquer : une adresse mail, une page Facebook.

Quelle lecture faites-vous de la pratique appelée  sextape qui déferle sur la toile ?

Comme j’ai dit tantôt, je profite de l’Internet pour communiquer et non pour déraper. Ma foi chrétienne me recommande d’honorer le lit conjugal. Dans le même sens, l’apôtre Paul lance la mise en garde suivante : « Que la débauche, ni aucune impureté, ni la cupidité, ne soient pas même nommées parmi vous, ainsi qu’il convient à des saints. (…) » (Ephésiens 5, 3).

En somme, le sextape par rapport à la chrétienté, c’est comme le jour et la nuit. Quand l’un est là, l’autre n’est pas. Sous le fouet de l’autosatisfaction, on s’arrange à tricher avec sa conscience. En fait, les avancées technologiques sont comparables à un grand fleuve et, les utilisateurs embarqués chacun dans leur navire, ont des visées qui divergent.

Le sextape est devenu familier à notre société. La plupart des femmes dont les images intimes font le tour de la toile se  déculpabilisent. Qu’en dites-vous ?

Humm ! C’est un argument « cure-conscience », en comparaison au cure-dent. En effet, celui qui va à la fête se prémunit notamment d’un cure-dent. De la même manière, quiconque s’égare, prend pour paravent un « argument cure-conscience ». Ces femmes sont soit naïves soit consentantes, quand bien même elles se feraient conscience tranquille en disant : « ce n’est pas moi, c’est l’autre… ». Un tel argument avancé en son temps par Adam : « Ce n’est pas moi ; c’est la femme que tu m’as donné… » (Genèse 3), ne n’épargna guère le premier homme de la sentence du Jardin d’Eden. C’est autant dire qu’à la lecture de leurs images ou vidéos intimes, ces prostituées du net ne sont ni enchaînées ni pleurantes. Le matérialisme est un piège à la vie chrétienne. L’argent et le plaisir dans ce marché d’images intimes,  occupent une proportion plus grande que la probabilité d’un règlement des comptes. Ceci s’applique dans un contexte planétaire, car les NTIC ont réduit les distances.

Et quand s’applique donc les violences faites à la femme dans ce domaine précis ?

Lorsqu’une personne consent, pour ses motivations propres de balancer ou faire balancer ses images ou vidéos intimes sur le net, elle est libre de le faire. Il y a violences quand cela lui a été suggéré et que le cas échéant, le contrat à cet effet n’aurait pas été respecté par l’autre partie. Mais sans être juriste, je pense que le consentement exclut la présomption de violences subies.

La jeune génération est bien fascinée par le net et enthousiasmée par les réseaux sociaux. Craignez-vous pour le futur un déferlement  d’adeptes du sextape?

Le danger, c’est l’ignorance qui engendre notamment la naïveté. Les enfants d’âge scolaire doivent être instruits sur les différents contours du net et partant, les avantages des réseaux sociaux. Mais le comble c’est que l’on apprend sur le tas, l’école elle-même ne met pas ce genre de programmes à l’avant-plan.

Et alors ?  

J’invite les acteurs sociaux : parents, école, église, médias et pouvoirs publics à considérer la question avec tact et précaution. Le Christianisme tel qu’il est vécu en RDC, pourrait se révolutionner, en ce sens que la vulgarisation des Ecritures saintes ait pour champ les utilisateurs de la téléphonie mobile, et ceux des réseaux sociaux. Dans les écrits bibliques, l’apôtre Paul s’adressant aux Hébreux (12, 13 à 17), a mis un accent sur la nécessité de se sanctifier. Dès lors, il a écrit dans des épîtres : « Et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse. Recherchez la paix avec tous et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.  Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu, à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés ; à ce qu’il n’y ait ni débauché,  ni profane comme Esaü, qui pour un mets, vendit son droit d’ainesse. Vous savez que plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il l’ait sollicitée avec larmes, car il ne put amener son père à changer de sentiments ».

(Propos recueillis par Payne)

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