Aménagement des sites hydroagricoles dans le Kongo Central: Les parties prenantes valident l’étude de faisabilité

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L’étude de faisabilité du consultant Hydro Plante, recruté pour présenter une étude en vue de la mise en œuvre de la sous composante 1.1 du Projet du Développement des Pôles de Croissance (PDPC), qui prévoit des travaux d’aménagement hydroagricoles d’environ 1.154 hectares des bas-fonds dans les pôles de Kimpese, d’Inkisi, de Mbanza-Ngungu, de Boma, de Lukula et de Tshela, pour la promotion, le développement et l’intensification de la production du riz irrigué dans la zone du projet PDPC, a été validée hier par les parties prenantes, à l’issue d’un atelier organisé à cet effet au Secrétariat général à l’Agriculture. Après cette étape, le projet PDPC et la SNV vont choisir une tranche prioritaire, selon la disponibilité des ressources financières, pour passer à l’exécution d’ici quelques mois.  Et ce, en attendant qu’ils trouvent le financement pour le reste des périmètres.

La province du Kongo Central, mieux la République démocratique du Congo, dispose désormais d’une étude qui sera enrichie et qui consiste à l’aménagement  des périmètres de production rizicole dans six pôles du Kongo Central. C’était en présence de toutes les parties prenantes, à savoir la Cellule d’exécution des Financements en faveur des Etats Fragiles (CFEF) qui gère le PDPC, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural, la province du Kongo Central représentée par son ministre de l’Agriculture, les experts du domaine et les bénéficiaires.

Ceci, parce qu’en RDC, le riz occupe la septième place après le manioc, la banane plantain, les fruits, le maïs, l’arachide et les légumes. Au niveau de la production céréalière, il est classé en deuxième position après le maïs, et constitue une source importante de revenu pour le riziculteur. D’ailleurs en 2016, la consommation nationale a été évaluée à 7 Kg de riz blanc par personne et par an. Mais, au Kongo Central, les bas-fonds sont peu exploités et les systèmes de production sont à dominante pluviale, alors que les meilleurs résultats sont obtenus avec la culture de riz irrigué.

Parlant de l’étude, le chef de mission de Hydro Plante, le consultant qui a mené l’étude en trois mois et demi, M. Chokri Saffar a déclaré que celle-ci comporte 29 périmètres, soit une superficie de 1.145 hectares qui sera aménagé. Les taux de rentabilité interne  des investissements, de 20 à 30%, sont assez importants et le coût d’aménagement total est d’USD 16 millions. « Il y a aussi une étude d’impact environnemental, dont les mesures de compensation sont estimées à d’USD 1,2 millions. La rentabilité est variable d’un pôle à un autre et la superficie des périmètres varie de 200 hectares à 6 hectares », a-t-il expliqué à la presse, avant d’ajouter qu’après cette étude, le projet PDPC et SNV vont choisir une tranche prioritaire, selon la disponibilité des ressources financières pour passer à l’exécution dans quelques mois.  Le Consultant a promis qu’il y aura le tableau de priorisation, qui tiendra compte de la rentabilité, de la sécurité et, …des critères socio-économiques.

La nécessité de disposer des périmètres rizicoles aménagés

Force est de souligner qu’à cause de la détérioration des infrastructures de transport et la désorganisation des circuits de commercialisation, les productions vivrières sont largement destinées à l’autoconsommation et ou à la l’approvisionnement des marchés de proximité. En plus, la production est de type traditionnel sans utilisation de variétés sélectionnées – sauf dans de rares cas pour le manioc – ou d’intrants (engrais, produits phytosanitaires) et donc les rendements sont faibles. Disons aussi que les terres sont faiblement exploitées. Dans les périmètres concernés, le riz n’est pratiqué que sur une superficie de 90.5 ha. Toutefois, les enquêtes réalisées montrent une volonté manifeste de la population à pratiquer la culture du riz est si les aménagements  sont réalisés.

Pour le professeur Roger Ntoto, Expert agroéconomiste à la CFEF, le riz est aussi la base de l’alimentation pour beaucoup de gens, principalement dans la partie ouest de la RDC, notamment au Kongo Central, et il a été retenu par les producteurs du Kongo Central eux-mêmes comme étant une filière prioritaire pour laquelle le projet devait travailler. « On est parti du travail d’assurance de bonne qualité des semences, jusqu’à la mise en place des organisations des producteurs, mais il y a une contrainte importante pour booster la production agricole dans cette partie : c’est la difficulté d’accès et l’offre insuffisante des infrastructures de production. Ces infrastructures nous les appelons les périmètres rizicoles aménagées. Parce que, avec tous les problèmes que nous connaissons, le riz cultivé en  attendant la pluie du bon Dieu ne donne pas souvent de bons rendements : à cause de l’irrégularité des pluies, des changements des cycles climatiques etc. A l’heure actuelle, dans les cultures de riz pluviales, nous atteignons une production inférieure à une tonne par hectare. Mais en utilisant les périmètres rizicoles aménagés, nous avons des rendements qui dépassent 5 à 6 tonnes de riz à l’hectare. D’où l’intérêt de mener une étude pour l’aménagement des périmètres rizicoles dans le Kongo Central », dit-il. Et d’ajouter que dans le cadre de cette étude, il ressort que 1.154 hectares peuvent être aménagés, afin de permettre de passer de 90 tonnes produites actuellement dans ces périmètres, à pratiquement 9.300 tonnes par an. Donc, la production peut être  multipliée par 100, rien qu’en assurant ces aménagements hydroagricoles. Il s’agit quand même des infrastructures qui coûtent un peu cher et dans une certaine limite, elles devaient être considérées comme des biens publics.

A l’occasion, l’expert de la  CFEF s’est exprimé par rapport aux importations du riz. Voilà pourquoi il pense que si l’on atteint 9.300 tonnes de production locale, le projet aura contribué à la substitution de près de 15% des importations en riz pour la partie Ouest de la RDC. En effet, des statistiques montrent qu’annuellement, au moins 65.000 tonnes de riz sont importés. « Je pense qu’au niveau politique, la filière riz est très importante et nous sommes en mesure d’inverser la tendance. Au lieu d’être importateur net de riz, nous sommes en mesure de devenir exportateur net. Il suffit d’investir dans les infrastructures, dans les semences, de structurer les producteurs et de bâtir toute une stratégie à mettre en œuvre dans le cadre du développement de cette filières du riz », soutient-il.

M.Pierre Kabangu, ministre provincial sortant de l’Agriculture du Kongo Central, au nom de tous les bénéficiaires, a manifesté sa joie pour ce projet multidisciplinaire qui en principe devra servir à toute la population. Il a émis le vœu de voir ces aménagements des sites agricoles être mis en place très rapidement, parce que cela va accroitre le rendement mais aussi les revenus de la population. Concernant des potentiels conflits fonciers, ce membre du gouvernement provincial pense qu’il y a moyen de prendre des mesures de mitigation. « Pour l’instant, la province a fait un travail, avec une équipe qui a circulé pour identifier les sites afin de savoir quel en est l’état et des contrats ont été signés dans les sites à problème ».  Comme pour dire que le problème doit être résolu au cas par cas.

Jean-Marie Nkambua

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