Allégations sur l’instrumentalisation de contrôle parlementaire: Minaku remet les pendules à l’heure

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Le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku a réagi, hier lundi 9 mai en plénière au Palais du peuple, sur les allégations d’instrumentalisation de contrôle parlementaire à l’Assemblée nationale. L’affaire prend de l’ampleur depuis le dernier passage du Premier ministre Augustin Matata Ponyo à l’hémicycle du Palais du peuple, à l’initiative du député Crispin Mbindule, qui a été auteur d’une question orale avec débat portant sur l’évaluation du programme gouvernementale dans la période 2012-2016.

Rappelant les tâches traditionnelles de l’Assemblée nationale, à savoir: légiférer et contrôler, Aubin Minaku est loin d’apprécier la mauvaise compréhension qui résulte dans la mission de contrôle de la Chambre basse du Parlement. Il s’agit ni plus ni moins, de la politisation du travail classique d’une institution. Ainsi, l’affaire Crispin Mbindule relayée fortement par les médias, traduit une action préméditée de déshonneur contre le bureau de l’Assemblée nationale. Comportement que désapprouve le speaker de la Chambre, Aubin Minaku, qui s’est exprimé en ces termes : «Je stigmatise dans le chef de certain membres du gouvernement un certain comportement; une certaine tendance, à chaque fois qu’il y a une initiative de contrôle parlementaire croire qu’il y a toujours une main noire ou il y a le bureau qui pousse les Honorables députés. Je ne suis pas là, de par mon éducation, et de par un statut du Président de l’Assemblée Nationale, pour initier des questions orales,  des motions, etc., parce que mon travail de président de l’Assemblée nationale est de programmer ce que les députés ne déposent comme initiatives … »

Et pour l’honneur de l’institution, du reste, sapée par certains médias qui présentent les initiatives de contrôle de Mbindule adressées au Premier ministre comme une guerre menée par le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku entend saisir le Conseil supérieur de l’audio-visuel et de la communication (CSAC).

Par ailleurs, le speaker de la Chambre basse s’est longuement attardé sur la procédure parlementaire concernant le contrôle. Chaque député, a-t-il dit, s’assume à travers son initiative. Celle-ci peut-être une question orale avec ou sans débat, une question écrite, etc. Et le travail du bureau, à ce stade, consiste à programmer les initiatives dès lors qu’elles sont jugées conformes à la Constitution et au règlement intérieur de l’Assemblée Nationale.

Ainsi, un élu qui s’assume à travers une initiative mérite la protection aussi bien de l’Assemblée nationale que des autres institutions de la République. «II ne faudra donc pas que certains membres du gouvernement trouvent en l’exercice de contrôle parlementaire un règlement de compte », a affirmé Aubin Minaku, «c’est un exercice républicain» moins encore un acharnement.

Dans les pays de vieilles démocraties que la RDC prend pour modèles (France, Allemagne, Grande-Bretagne, etc.), le Premier ministre et les autres membres du gouvernement sont permanents toutes les semaines à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des élus du peuple. Pourquoi en RDC cet exercice régalien doit être compris comme un moyen de règlement de compte ou d’agitation?

Même dans ces pays pris pour modèles, un député de l’Opposition n’a jamais partagé le point de vue du gouvernement issu de la majorité. Ce qui est normal. Ce qui est de bonne guerre.

A l’Assemblée nationale, plusieurs fois, certains députés accusent le président de travailler pour protéger le Premier ministre et les autres membres du gouvernement.  En même temps, une certaine opinion et certains membres du gouvernement et mandataires publics estiment que le Président de l’Assemblée Nationale ne les protège pas assez. Qui dit vrai ?

L’Avenir

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