Aimons-nous vivants”, un appel pathétique au commun des mortels: Les honneurs à titre posthume ne valent absolument rien, Papa Lufwa réclame d’être honoré de son vivant

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Au cours d’une causerie morale, l’artiste-comédien Masumu Debrindet, président du groupe “Théâtre Plus” est le premier, dans la société congolaise, à avoir lancé cette assertion. C’était simplement pour stigmatiser l’indifférence qui caractérise la vie des humains et, principalement, ce qui se passe dans son sphère de prédilection.

De nombreuses personnalités du monde culturel, après avoir ébranlé le public à travers de nombreuses pièces, à travers de nombreux chants, se sont retrouvées avant leur mort, dans la précarité la plus totale. Avant leur mort des avis d’assistance ont été lancé pour secourir ces icônes dont la plupart n’ont privilégié dans leur vie que la dolce vitae ne prenant pas en compte ce que dit le chanteur-interprète Bailo Canto Reddy Amisi dans l’une de l’orchestre ses chansons annonce:  “Soki ozwi mosolo yeba kobomba ndambo po ekoyela yo lobi oyebi te”…….

Nous référant, en outre, à ce que dit le chanteur Pépé Ndombe Opetum dans son titre ” Nayebi ndenge bakolela ngai”, où il n’est pas parti par quatre chemins pour dévoiler ce qui se passe normalement aux lieux de deuil. Il y a en qui viennent pleurer et compatir au deuil qui frappe une famille quelconque, tout comme il y en a aussi qui viennent nouer de nouvelles relations d’amour sur place. Cela, avant même qu’on ne lève le corps pour le cimetière. Le monde est ainsi fait.

En observant ce qui se passe partout, on se rend vite compte que, si pendant sa maladie, le disparu pouvait bénéficier de la contribution qui arrive pour organiser le deuil, il prolongera encore et, en beauté, sa vie sur la terre de quelques jours.

A Kinshasa, l’organisation de deuil coûte plus cher que les frais médicaux de la personne qui vient de mourir… Ainsi, saisissant la balle au bond, l’artiste-comédien Masumu Debrindet Yala la Yala demande au commun des mortels d’aimer, de leur vivant, ceux qui sont malades. De même de songer à honorer tous ceux qui abattent un travail conséquent pour le développement de la culture nationale.

Ils sont légion ceux qui font vraiment honneur au pays de leur vivant. Mais lorsqu’ils tombent malades, ce sont de communiqués de recherche d’aumônes qui passent à longueur de journées pour chercher à secourir tel ou tel autre qui, parfois, par manque de moyens est malade à la maison où même se trouvant sur le lit d’hôpital mais en manque de frais d’hospitalisation, ils sont refoulés à leur domicile attendant leur mort… L’ONG “Artiste en danger” de Tshaka Kongo en sait quelque chose.

Des exemples sont vraiment nombreux pour  cimenter nos propos. C’est par manque de moyens, pour ne prendre que deux échantillons, que, “chassé” de l’hôpital où il était interné, c’est à son domicile dans la commune de Matete, que le guitariste Johnny Bokelo, le champion du style “mwambe” est décédé.

En outre, c’est aussi par manque d’argent que le corps de l’artiste-musicien  Mbula Nkumu, connu sous le sobriquet de Fifi Mofude, chanteur du groupe Anti Choc, décédé à Kinshasa, le 15 février 1995, abandonné par son épouse Marie-Paule Muswamba, a été retenu à la morgue de la Clinique Ngaliema pour non-paiement de la facture qui s’élevait à 850$. Il a fallu qu’un bon cœur en la personne de Jeannot Kano N’Joli puisse payer une partie de la facture et que, grâce à la vente des appareils ménagers du défunt, que sa famille a pu apurer la dette. Heureusement que le cercueil a été payé par son patron, le Grand-père Mbenzu Bozi Boziana et il a été enterré, malgré tout au cimetière de Kintambo, alors dans quelles conditions ?…

Il y a aujourd’hui Me Lufwa, le doyen que tout le monde connaît parce que c’est lui le concepteur et le créateur du batteur de tam-tam à la Foire Internationale de Kinshasa. Âgé de 95 ans, il continue à réclamer ses droits d’auteur pour cette belle œuvre qu’il a faite et qui, depuis son placement à cet endroit depuis 1968 (entrée de la Fikin), continue à faire la fierté de visiteurs de tous bords.

Toutes les démarches entreprises tant au niveau du Ministère de la Culture et des Arts que de la Soneca, aujourd’hui Socoda, n’ont abouti à rien. Le vieux Lufwa (sur la photo avec Tshaka Kongo), fatigué par le poids de l’âge, demande à ce qu’il touche ses droits du moment où il est encore vivant. Aux décideurs de comprendre la peine qu’endure ce nonagénaire qui souhaiterait d’être honoré du moment où il est encore vivant.

Vraiment! Si les humains, tel que ne cesse de le répéter Masumu Debrindet, de temps en temps, pouvaient avoir un sens de complémentarité permanant et, de surcroît, s’assister mutuellement du moment où ils sont encore vivants, de telles humiliations ne se caractériseront point dans notre société d’autant plus que les honneurs, à titre posthume, ne valent absolument à rien…

Kingunza Kikim Afri/Cp

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