Afrique subsaharienne En 2015 : La Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance à 4,2 %

par -
0 678
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Selon les nouvelles perspectives de la Banque mondiale, les pays en développement sont confrontés à de redoutables défis en 2015, notamment la menace d’une hausse des charges d’emprunt, alors même qu’ils s’adaptent à un nouvel environnement, caractérisé par le faible niveau des prix du pétrole et d’autres produits de base essentiels, qui se traduit par une croissance économique décevante pour la quatrième année consécutive : telles sont les conclusions de la dernière édition des Perspectives économiques mondiales que le Groupe de la Banque mondiale publie aujourd’hui.

On estime en conséquence que la croissance des pays en développement atteindra 4,4 % cette année, 5,2 % en 2016 et 5,4 % en 2017. « Moteur de la croissance mondiale après la crise financière, les pays en développement sont confrontés aujourd’hui à un contexte économique plus difficile », constate Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. « Nous mettrons tout en œuvre pour aider les pays à revenu faible ou intermédiaire à accroître leur résilience de sorte qu’ils puissent gérer cette transition de façon aussi sûre que possible. Nous pensons que les pays qui investissent dans l’éducation et la santé de leurs citoyens, qui améliorent le cadre de l’activité économique et créent des emplois en améliorant les infrastructures se trouveront en bien meilleure position dans les années à venir. Ces d’investissement aideront des centaines de millions de personnes à échapper à la pauvreté ».

La hausse attendue des taux d’intérêt américains accroîtra le coût des emprunts des pays émergents et en développement dans les mois à venir. Ce processus devrait toutefois se dérouler de façon relativement ordonnée grâce à la poursuite de la reprise économique américaine et à la persistance de la faiblesse des taux d’intérêt dans les autres grandes économies de la planète.

Selon les auteurs du rapport, cette perspective comporte cependant d’importants risques. De même que l’annonce initiale de la normalisation de la politique monétaire des États-Unis a créé des perturbations (le taper tantrum) sur les marchés financiers en 2013, le premier relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale des États-Unis depuis la crise financière mondiale pourrait engendrer de l’instabilité sur les marchés et réduire les flux de capitaux en direction des pays émergents dans une proportion pouvant aller jusqu’à 1,8 point de PIB.

Une hausse des taux pénaliserait principalement les marchés émergents les plus vulnérables dont les perspectives de croissance se détériorent. Un ralentissement des mouvements de capitaux aggraverait les défis auxquels sont confrontés les pays émergents exportateurs de produits de base, qui peinent déjà à s’adapter à la faiblesse persistante des cours, et compliquerait aussi la tâche des pays où l’incertitude pèse sur l’action publique.

La baisse des prix du pétrole et d’autres produits de base stratégiques a accentué le fléchissement de l’activité économique des pays en développement, dont un grand nombre sont fortement tributaires des exportations de ce type de produits. Certes, les importateurs de produits de base tirent profit du ralentissement de l’inflation, de l’atténuation des pressions en matière de dépenses budgétaires et de la réduction des coûts d’importation, mais le recul des prix pétroliers tarde à stimuler l’activité économique en raison des problèmes auxquels de nombreux pays continuent de se heurter : pénuries d’électricité, manque d’infrastructures essentielles, notamment dans le domaine des transports et de l’irrigation ; incertitude politique ; inondations et sécheresses d’une gravité exceptionnelle dues à des conditions climatiques défavorables.

La chute brutale des cours pétroliers pointée du doigt

En Afrique subsaharienne, la baisse des cours pétroliers a considérablement réduit la croissance des pays exportateurs de matières premières (Angola, Nigéria) et a ralenti aussi l’activité des secteurs non pétroliers. L’Afrique du Sud devrait être l’un des principaux bénéficiaires de la baisse des prix du pétrole, mais sa croissance est freinée par les pénuries d’énergie, par le manque de confiance des investisseurs dû aux incertitudes qui entourent l’action publique et par la probabilité d’un resserrement progressif des politiques monétaire et budgétaire. Selon les prévisions, la croissance de la région ralentira pour descendre à 4,2 %, rythme plus faible que prévu, principalement en raison de la réévaluation des perspectives au Nigéria et en Angola à la suite de la chute brutale des cours pétroliers, mais aussi en Afrique du Sud du fait des problèmes d’approvisionnement en électricité que le pays connaît en permanence. En 2016-2017, le taux de croissance ne devrait être que légèrement supérieur, car ces difficultés annuleront en partie les effets de la hausse de la croissance des partenaires commerciaux et la poursuite de l’expansion des pays à faible revenu de la région.

(Jean-Marie Nkambua)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse