Afrique Subsaharienne Africa’s: Pulse table sur une croissance de 2,6% en 2017

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Au centre, M. Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale

C’est devant les journalistes Economiques de la Rd Congo, du Congo-Brazzaville, du Burndi, du Sénégal, du Mail, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, … que la Banque mondiale a délégué M. Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale, accompagné d’une de ses collègues, intervenant sur vidéoconférence, pour présenter les principaux résultats de la 15ème édition d’Africa’s Pulse, une publication semestriel de la Banque mondiale, qui analyse l’état des économies africaines et permet de projeter la croissance dans un horizon très proche.

Donnant la synthèse de son rapport, Albert Zeufack a indiqué que la croissance en Afrique va croitre de 2,6% en 2017. A l’en croire, cette croissance est un léger rebond par rapport à la croissance de 1,3% du PIB qu’on a enregistré en 2016. Et ce, lorsqu’on sait que 2016 fut une année la plus difficile en termes de croissance. Cette croissance sera portée par une amélioration légère des cours des matières premières. Elle va également être portée par une amélioration sensible de la croissance globale et l’amélioration des conditions dans certaines économies africaines. Mais il est important de noter que cette croissance demeure à vitesse multiples.

En effet, les plus grandes économies comme le Nigeria, l’Afrique  du Sud, l’Angola continuent de peiner et de croitre à peine 1%, pendant que dans d’autres économie en Afrique, la croissance croit de à plus de 6% par an.  Et ces économies incluent l’Ethiopie, le Rwanda, la Tanzanie, le Sénégal, la Cote d’Ivoire et la Mali, la Tanzanie. Ces économies continuent d’être l’Afrique résiliente et continuent de porter la croissance africaine à un niveau acceptable. Et ces économies représentent plus du tiers de l’économie africaine.

« Bien que cette croissance soit appréciable à 2,6%, elle reste  inférieure au taux de croissance de la population.  Le poids démographique en Afrique est tel que la croissance doit croitre au-dessus de 7% pour avoir une croissance par tête. Autant nous pouvons être content que l’Afrique reprend, nous devons également continuer à réformer, nous assurer qu’à l’horizon 2018, nous puissions retrouver une croissance positive par tête d’habitant.  Et nous projetons que l’Afrique pourra accroitre sa croissance à 3,2% et  en 2019, un peu plus, soit autour de 3,5% », dit-il.

Des risques sérieux

Albert Zeufack note que sur cette croissance pèse des risques sérieux, qui proviennent aussi bien de l’environnement international, que des politiques internes. Au plan international, dit-il, nous observons qu’il y a des risques dus au protectionnisme dans les grandes économies porté par le sentiment nationaliste dans certains pays.  Il y a également le risque du au renchérissement des conditions de financement, renforcé par la normalisation de la politique monétaire américaine qui a vu un accroissement du taux directeur, qui risque de continuer à augmenter. Sur le plan interne, explique l’expert de la Banque mondiale, les risques viennent de l’instabilité politique (le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Angola représentent à eux seuls près de 60% du PIB de l’Afrique).

Mais il y a des incertitudes politiques et de politiques économiques dans ces pays qui aggravent le risque.  Et cela affecte aussi significativement la croissance en Afrique.  Un autre risque, les économies riches en pétrole et  en ressources minières en Afrique, qui continuent à tirer la moyenne de la croissance vers le bas, rentrent  dans une phase d’ajustement fiscal. Et le risque est que cet ajustement fiscal s’accompagne d’une baisse de l’investissement. « Nous avons déjà noté une baisse du taux de croissance de l’investissement en Afrique.  En 2008, par exemple, le taux de croissance de l’investissement était à 8% pour l’Afrique Subsaharienne, et il était de -1% en 2015. Donc, l’ajustement fiscal brusque a déjà entrainé un arrêt des investissements publics dans certaines économies africaines », martèle-t-il. Et quand on ajuste sans préserver l’investissement, on risque de refaire les erreurs du passé, et l’Afrique ne pourra pas revenir au taux de croissance d’avant 2013. Donc selon lui, il est important  de continuer les réformes qui renforcent le cadre macroéconomique, qui permettent plus de stabilité macroéconomique ; les structurelles, qui permettront  à l’investissement de croitre.

Les infrastructures

L’économiste en chef de la Banque mondiale a souligné que le thème spécial de ce volume spécial porte sur les infrastructures.  C’est ici qu’il a insisté sur les réformes. Ces réformes consistent à améliorer le cadre et les institutions de promotion du secteur privé. Et ce, parce qu’il est important de noter que ni l’investissement privé, ni les ressources des pays africains, ni mêmes toutes les contributions des institutions internationales ne suffiront pas à combler le gap d’infrastructures. Et d’ajouter que le financement du gap en Afrique se chiffre à plus de 48 milliard de dollars par an. Il faut donc des réformes structurelles pour amener des partenariats publics-privés. Ceci, pour amener  un flot d’investissements privés. Il a insisté sur le fait que ces politiques structurelles n’auront  des impacts que si elles reposent sur la réforme de la passation des marchés publics, que si elles amènent l’amélioration de l’efficacité de l’investissement privé, et mettent en place des systèmes de mise en œuvre des projets, …

(JMNK)

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