Affaire « tombe commune » de Maluku: Evariste Boshab fustige la récupération politicienne

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*A cause de l’absence du cadre réglementaire en ce qui concerne la procédure relative à l’organisation des cérémonies funéraires, la République Démocratique du Congo se trouve orpheline d’une législation en ce domaine. D’où la problématique de l’inhumation des corps dits abandonnés et des indigents. Répondant à la question d’information, Evariste Boshab a fustigé la récupération politicienne pour tromper la population

*Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas de la fosse commune puisqu’il n’y a pas eu massacre en masse, ni crime contre l’humanité, mais plutôt l’enterrement dans une tombe commune de personnes mortes naturellement, sans implication de la guerre ni les conflits communautaires

Sous un soleil de plomb, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et sécurité nationale à la tête des autres membres du gouvernement, a procédé hier à la visite de la morgue générale de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa, à l’occasion de la journée porte ouverte. Le but était de dissiper les malentendus orchestrés par une certaine opinion au sujet de la prétendue fosse commune de la banlieue de Maluku.

C’est Anaclet Ngemba Nzombo qui a présenté au Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur l’état de la morgue générale et ses différentes pratiques. Pour Anaclet Ngemba Nzombo, la morgue est un lieu sacré et de recueillement qui exige respect dû aux morts.

Historique de la morgue

Compte tenu du taux démographique dans la ville de Kinshasa, et vu l’incapacité du service mortuaire d’accueillir un nombre croissant de morts, il avait été procédé à la construction en 1984 de la morgue générale puis inaugurée en 1989 et cédée à l’Hôtel de ville de Kinshasa en 1999, avec le but social d’accueillir les indigents. En 2004, elle a été réhabilitée puis en 2012, elle a été baptisée Chambre Kimbuta. Au total, la Ville de Kinshasa compte 20 morgues, dont 8 de la compétence de l’Etat avec 399 places, 8 sous la gestion avec 192 places et 4 privées avec 137 places.

Par contre, la morgue de Kinshasa compte cinq chambres frigorifiques dont la première porte comprend 100 places, la deuxième porte 100 places, la troisième porte comprend 60 places, la quatrième porte comprend 27 places et la cinquième 23 portes avec au total 310 places.

Ainsi donc, la morgue reçoit des corps en provenance de partout, dont ceux qui sont identifiables, non identifiables et d’autres abandonnés. Pour ce faire, elle enregistre le nom de la dépouille, la personne qui l’accompagne en ce qu’il s’agit également de lien de relation familiale, puis un numéro est confié.

De la procédure à la morgue

Les morgues généralement sont bien organisées en ce qui concerne la procédure de conservation des corps dans les chambres frigorifiques, a dit Anaclet Ngemba. Pour tout corps qui fait objet de conservation à la morgue, le service social procède aux enquêtes pour vérifier les renseignements fournis quant à ce. Si le corps est abandonné, après un délai de 30 jours reconnu à la morgue de conserver la dépouille, et compte tenu d’un nombre croissant des cadavres qui arrivent de différents milieux, le service de la morgue générale sollicite auprès de service de division de l’intérieur de l’Hôtel de Ville un espace au cimetière. A cet effet, il sera réservé une suite en mobilisant les tombes et les fossoyeurs.

Situation des corps ensevelis

A en croire Anaclet Ngemba, la morgue générale reçoit par mois 622 corps dont 21 par jour, soit 82% identifiés, 2% d’indigents, 8% morts-nés et macérés, 26% abandonnés. A ce jour, la morgue générale compte 325 corps outre ceux ensevelis le 19 mars 2015, dont les statistiques dépassent de 15 morts sur la capacité de la morgue. Au total, 137 corps identifiés, 28 non identifiés, 30 abandonnés, 103 mors-nés et macérés et 27 indigents. Tel est le bilan communiqué au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et sécurité nationale par le service de la morgue générale à la journée porte ouverte.

Boshab fait taire les calomniateurs

Après la visite de la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa, ex-Maman Yemo, Evariste Boshab s’est dirigé à l’Assemblée nationale où il répondait à la question d’information soulevée en date du 06 avril 2015par le député national Martin Fayulu. Celui-ci s’est basé sur les données en utilisant le « conditionnel » sur une prétendue fosse commune au cimetière Fula Fula de Maluku. Information lui parvenue à la suite des plaintes de la population environnante à cause de la puanteur qui se dégageait à l’inhumation de ces cadavres.

Il est évident que la question d’inhumation des corps des Congolais a suscité beaucoup d’interrogations tant dans le milieu national qu’international. Partant, la Gouvernement de la République était sur le banc des accusés pour avoir enterré les victimes des événements du 19, 20 et 21 janvier, soit 421 corps.

Au regard de la propension et les allures de la récupération de cette question par les acteurs politiques pour en faire un fonds de commerce électoral, il faille que le patron de la territoriale remette les pendules à l’heure. C’est à cet exercice qu’il s’est déployé avec son collègue de la Justice devant la représentation nationale. Les questions auxquelles les élus du peuple se posaient, notamment ceux de l’opposition qui voulaient porter le chapeau du massacre au gouvernement, Evariste Boshab n’a eu que des mots justes pour élaguer les allégations de l’opposition sur la prétendue fosse commune. Cette dernière, à travers la connotation, indique le massacre, le crime contre l’humanité puis les cadavres mis en terre par la fosse commune. Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas de la fosse commune puisqu’il n’y a pas eu massacre en masse, ni crime contre l’humanité mais plutôt l’enterrement dans une tombe commune de personnes mortes naturellement, sans implication de la guerre ni en proie aux conflitscommunautaires.

Toutefois, Evariste Boshab a déploré l’absence de la législation quant à la procédure d’inhumation, étant donné que la réglementation en vigueur bien qu’obsolète qui date de l’époque coloniale signée par le Roi des Belges en 1952, est la résultante même de difficultés que connaissent le service de la morgue générale. A l’occasion, 178 corps non identifiés gisent encore dans la morgue générale, a dit Evariste Boshab à la représentation, et dans les jours qui arrivent, le gouvernement provincial procédera à la même pratique d’inhumation dans la tombe commune des corps non identifiés, abandonnés et des indigents.

Le gouvernement reste ouvert aux enquêtes

N’ayant pas une conscience troublée malgré les vociférations des ONGD et quelques compatriotes congolais qui voulaient faire profiter de la question pour se refaire la santé politique, les autorités politiques membres de l’exécutif central invitent toute personne qui a encore de doute qu’il est prêt d’exhumer tous les corps à condition que le Parquet Général de la République à travers l’enquête judiciaire donne l’autorisation. Puisque l’enquête administrative relevant de la compétence du ministère de l’Intérieur et sécurité nationale, a atteint son objectif en ayant l’état de lieu des nombres des cadavres qui sont reçues dans les chambres frigorifiques, dont sa capacité est de 310 corps.

Cependant, il est permis de dire qu’il n’y a pas eu fosse commune, plutôt tombe commune qui a une longueur de 3m48 centimètres et une largeur de 3 m36 centimètres. Ainsi donc, le Gouvernement affirme que la tombe commune a reçu 421 corps avec un procès-verbal à l’appui. Est-ce en dehors de Maluku, existe-t-il dans d’autres communes d’autres tombes communes ? Est-ce il y a eu dans le passé des enterrements communs ? A toutes ces questions, le Vice-Premier ministre répond par l’affirmative.

Pourquoi la nuit ? Le Gouvernement indique que dans le passé, la population a agressé les agents commis à cette tâche. Pour éviter ces agressions, le temps nocturne semble bien indiqué pour ce genre d’opération. Est-ce la réglementation a été respectée et que prévoit-elle ? Oui, l’Hôtel de Ville a respecté puisque le service de la morgue a pratiqué toute la rituelle réservée à la dépouille, nettoyer le corps, puis l’envelopper dans le linceul conformément au Décret royal en vigueur bien qu’obsolète.

Comment a-t-on procédé ? Il y a un rapport qui a été établi et la capacité de la morgue est insuffisante pour accueillir plus de 310 corps. Y a-t-il de l’odeur, des mouches autour de la tombe commune ? Faux !, rétorque le Gouvernement. Tout a été fait selon l’usage requis de respect aux morts. Ces indigents n’ont qu’une seule formule pour leur enterrement, c’est la tombe commune et le service de la morgue ne se limite qu’à cela. Les hommages funéraires ne sont pas de la responsabilité du Gouvernement, plutôt de la famille.

Un million d’euros pour enquêter sur les morts en Rd Congo

Cette annonce est une injure et un manque d’égard à l’endroit du Gouvernement de la République. Que cache ce pays derrière ce geste injurieux ? Obtenir comme jadis les accusations mensongères sur le prétendu massacre des étudiants de Lubumbashi, dont les conséquences sont perceptibles. N’ayant d’argument solide à s’attaquer aux prouesses du gouvernement congolais dans les différents domaines, le moins que l’on puisse dire pour ce pays, c’est d’offrir facilement un million d’Euro pour enquêter sur les morts, comme si les morts sont plus importants que les vivants qui souhaitent voir leurs routes asphaltées, leur parc agro industriel de Bukanga Lonzo fournir plus de nourriture.

C’est de l’injure, a dit Alexis Thambwe Mwamba. Le Gouvernement est d’accord pour exhumer tous les corps qui font l’objet de fonds de commerce politique. A cet effet, le gouvernement de la République invite les élus directs et indirects d’y être présents, aussi bien les ambassadeurs accrédités à Kinshasa pour laver tout soupçon et que les uns et les autres aient la conscience tranquille. En sus, Evariste Boshab a plaidé pour la dépénalisation de l’avortement car, plusieurs jeunes filles jettent et abandonnent leurs bébés dans les avortements clandestins.

(Pius Romain Rolland)

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