Affaire Ministère public-36 présumés terroristes Kamwina Nsapu: Les avocats de la défense se retirent de l’audience Ils veulent empêcher le Tribunal d’aborder le fond

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Chaudes empoignades hier entre le Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe et les avocats de la défense, à la prison militaire de Ndolo où se déroule le procès qui oppose le Ministère public aux 36 présumés terroristes Kamwina Nsapu. Et ce, suite à la décision du Tribunal d’accorder l’exclusivité à la Rtnc dans la couverture et la retransmission de ce procès. Cette décision n’a pas du tout plu aux avocats de la défense qui ont crié à l’injustice, avant de se retirer de l’audience. Le professeur Nyabirungu qui représente les intérêts de la partie civile se dit prêt à en découdre et ne comprend pas ce comportement des avocats des accusés, parce que le procès ne porte pas sur la liberté de la presse : mais sur des accusations d’une gravité particulière et à propos desquelles les accusés ont le droit de se défendre. C’est sur ces entrefaites que l’affaire a été renvoyée au 03 janvier 2018.

Après que le Tribunal de Garnison de Kinshasa/Gombe ait rejeté tous les incidents de procédure soulevés par les avocats de la défense, en principe, l’audience d’hier mercredi à la prison militaire de Ndolo devait permettre d’aborder le fond du dossier. Ceci, pour connaitre les vraies motivations des attaques sanglantes qui ont visé le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), les parquets de Kalamu et de Matete, le marché central « Zando », sans oublier la destruction des biens privés et mort d’hommes. Comme pour dire qu’ils ne sont pas prêts à lever le pan du voile de cette affaire, les avocats des accusés se fourvoient malheureusement dans le dilatoire, en exigeant la couverture de ce procès par tous les médias. Mais en oubliant que c’est le Tribunal, pour certaines raisons, qui peut interdire ou autoriser la couverture des audiences.

Me Sylvain Mutombo, avocat de la défense est revenu sur la nécessité pour cette partie au procès de s’en remettre à leurs clients et la déontologie professionnelle. « Le droit de la défense tendait  à être muselé. Quand un prévenu  s’attend à voir un dossier être bien traité par une juridiction,  et que le Tribunal a décrété une audience publique et arrivé aujourd’hui, l’on est surpris que d’autres chaines soient élaguées et l’on ne reprend qu’une chaine qui a une réputation autre dans notre pays.  C’est pourquoi les prévenus  ont demandé à leurs conseils de se retirer, afin de régler la problématique liée à la participation des autres chaines, privées comme internationales », dit-il, avant d’ajouter que s’il y a des maisons de presse qui ont commis des bévues dans le traitement de leurs données, il y a des organes professionnels compétents qui peuvent poursuivre la chaine ou le journaliste concerné.

Et de renchérir que ce n’est pas au Tribunal de les museler par une décision inique et cynique en demandant aux autres de ne plus participer. C’est pourquoi les prévenus ont demandé  à leurs conseils de se retirer parce qu’ils ne peuvent pas comparaitre devant une chaine nationale qui a tendance à donner une orientation. D’ailleurs, pour la Rtnc, la sentence est déjà tombée et ces gens sont des assassins, ils sont déjà condamnés. Donc, on ne peut venir avec une seule chaine ou un seul son de cloche. Ils veulent voir toutes les chaines venir collecter les informations et les traiter par rapport à l’art et à la déontologie, pour que la communauté internationale puisse connaitre la vérité sur cette question, pour laquelle les Nations Unies ont déjà pondu moult rapports. Nous sommes venus  pour les défendre avec tous les éléments de droit que nous avons. Au cas où le Tribunal maintenait sa décision, nous allons nous mettre à la disposition de nos prévenus et à la déontologie des avocats.

Tous les principes d’un procès équitable sont respectés

Avocat de la République, Me Nyabirungu a souligné qu’il n’y avait pas de discordance entre la partie civile et le Tribunal. Il y a plutôt un malentendu entre les avocats de la défense et le Tribunal. Et d’affirmer que la partie civile est prête à continuer la procédure, ce sont les avocats de la défense qui pensent que la présence de tous les médias est nécessaire. Ce qui n’est pas notre point de vue.  « La procédure pénale n’a rien à voir avec la médiatisation. Ce qui est prévu dans la constitution, c’est qu’un procès doit être public et contradictoire. Un procès public est celui qui se déroule en présence du public. Il suffit qu’une salle d’audience soit accessible à tout le public, pour qu’un procès soit public. Quant au contradictoire d’un procès, c’est le fait que chaque partie a la parole à tour de rôle. C’est ce qui se fait jusqu’à présent. S’il y a une motivation particulière des avocats de la défense, il faudra nous la réserver », insiste-t-il.

Et de souligner que les médias, ça n’a rien à avoir avec la publicité des débats. La publicité des débats, c’est le fait que toute personne qui en a envie a accès à la salle d’audience. C’est ça la définition qui est dans la constitution. La médiatisation, c’est une autre paire de manche dans le cadre peut-être de l’exercice de la liberté de la presse. Et de préciser que notre procès ne porte pas sur la liberté de la presse, mais sur des accusations d’une gravité particulière et à propos desquelles les accusés ont le droit de se défendre.

Rappelons que les présumés terroristes Kamwina Nsapu sont poursuivis pour terrorisme, participation à un mouvement insurrectionnel, association des malfaiteurs, assassinat, meurtre, coups et blessures volontaires aggravés, coups et blessures volontaires simples, évasion des détenus, outrage à sentinelle, détention illégale d’armes de guerre, refus de dénoncer et violation des consignes.

(JMNK)

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