Affaire Kamuina Nsapu à la prison de Ndolo: Ben Tshimanga, Christian Mukadi et Erick Ngalamulume désillusionnés par les relevés téléphoniques

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Grâce à la contribution des opérateurs téléphoniques Vodacom, Orange, Airtel et Africell, l’on a pu se rendre compte que du 6 mai au 20 juillet 2017, il y a eu 45 appels entre les prévenus Ben Tshimanga et Christian Mukadi. De même, l’on a  comptabilisé 63 appels, 19 SMS émis et 24 SMS reçus entre les deux prévenus. Et le 8 mai 2017, date qui correspond à l’attaque du point chaud à Limete, le prévenu Ben Tshimanga a été pris en charge par l’antenne Massamba, non loin du lieu du théâtre des opérations. Au cours de la même audience, l’on a aussi retracé, pour le 28 mai 2017, la réunion préparatoire du Commissariat urbain de Kalamu. Et du 13 au 14 juillet 2017 qui correspond à l’attaque du marché central « Zando », Ben Tshimanga est pris en charge par les antennes de Gombe, Kin-Zando, DG Kasaï, Marché, Bokassa, Aketi et Unikin. Et les antennes retracent le prévenu du 13 au 14 juillet sur comment il progresse de chez lui vers Lemba jusqu’au marché central. Curieusement, constate la partie civile Rdc, les gens qui ne se connaissent pas s’appellent régulièrement des dizaines de fois. Cela rassure d’avantage. Maintenant que les éléments techniques des sociétés téléphoniques viennent apporter un plus, la vérité va éclater au grand jour pour que l’on sache qui a fait quoi.

De plus en plus, les prévenus qui comparaissent à Ndolo, à l’audience foraine du Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, se rendent compte que l’étau se resserre contre eux. Il suffit tout simplement d’analyser leur comportement lorsqu’ils sont confrontés à leurs propres numéros de téléphone, pour s’en rendre compte. Des arguments démontrés jusque-là par le Ministère public, avec l’appui des opérateurs téléphoniques (Vodacom, Orange, Airtel et Africell), témoignent qu’ils ont effectivement adhéré au mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu, dans l’objectif d’attaquer la ville province de Kinshasa et de changer ainsi l’ordre institutionnel établi.

Dans l’audience d’hier, des numéros de Ben Tshimanga, celui-là même qui avait été investi commandant de la troupe après la mort de l’assaillant Promo à Matete, ont été confrontés avec ceux de Christian Mukadi et Eric Ngalamulume. Preuve à l’appui, tout le monde s’est rendu compte qu’effectivement, les trois prévenus se sont effectivement appelés, notamment du 06 mai au 20 juillet 2017, pour préparer et attaquer le point chaud de Limete, etc.

A l’occasion, les avocats de la défense ont fait observer que du 16 au 17 mai 2017, Ben Tshimanga est resté dans le district de la Tshangu et ne s’est pas déplacé. De même, du 06 juin au 26 juin 2017, pas d’appels de Ben. Le 29 juillet 2017, il est pris en charge par les antennes de Kisenso, Matete, Mont Ngafula, Masina jusqu’au 30 juillet. Donc, aucun passage signalé à Kalamu. La défense a même formulé un préalable, selon lequel depuis que le procès a commencé, la défense ne reconnait pas le numéro présenté par le Tribunal. Selon elle, il a fallu prouver d’abord que le numéro lui appartient.

Voilà qui a poussé Me Richard Ngoyi, de la défense à faire remarquer au Tribunal que l’arrestation de  Tshimanga, le 20 mai 2017, a permis de  confisquer tous ses téléphones et jusqu’en décembre, son téléphone continuait d’émettre. Là, le doute plane, selon lui. « Quelle fiabilité nous allons donner à ces relevés téléphoniques, alors que l’opérateur lui-même vous dit qu’après 6 mois, ces données-là ne sont pas fiables ? Ce sont des déclarations des opérateurs », dit-il, avant d’ajouter qu’aujourd’hui, nous sommes au-delà d’une année. Cela  vient réconforter notre position. Et pour finir, il souligne que le prévenu ne reconnait pas le numéro lui attribué.

La réplique du Ministère public

L’Organe de la loi a qualifié les arguments de la défense de mensongers, disant même que c’est de la pure distraction, parce qu’elle ne revient pas sur les dates probantes. Et d’ajouter que les relevés renseignent que le téléphone du prévenu était ouvert et plusieurs messages ont été reçus. « Il est resté ouvert, parce que le prévenu Tshimanga, après la mort de l’assaillant Promo à Matete, a été investi pour coordonner les attaques », dit-il, avant d’ajouter qu’il n’est pas interdit à l’enquêteur de laisser le téléphone ouvert. Il a aussi expliqué que ce n’est pas une surprise de dire que l’antenne BOA couvrait aussi l’ANR, parce que c’est là que les prévenus étaient en détention.

De son côté, Me Lunda Banza, avocat de la partie civile Rdc a précisé que nous avons commencé l’analyse des éléments techniques, notamment les relevés téléphoniques des prévenus qui ont prétendu ne pas se connaître. Curieusement, les gens qui ne se connaissent pas s’appellent régulièrement des dizaines de fois. Ça rassure davantage, dit-il.  Maintenant que les éléments techniques des sociétés téléphoniques ont apporté un plus, la vérité va éclater au grand jour, pour que l’on sache qui a fait quoi.

Il a insisté sur le fait que c’est le Tribunal en définitive qui doit trancher, mais nous constatons que les gens qui ne se connaissent pas s’appellent régulièrement sur différents numéros. « Un prévenu qui dit qu’il se trouve à Kingasani mais qui est pris en charge techniquement à Limete ou dans les parades de la prison centrale de Makala ou du grand marché ! Moi, ma conviction, mais ce n’est pas  celle du Tribunal », martèle-t-il.

Au sujet du numéro de Ben Tshimanga qui est resté opérationnel après son arrestation, Me Lunda pense que Tshimanga est arrêté dans un mouvement insurrectionnel et on a laissé le numéro ouvert, comme un attrape-jeu, pour voir sur qui on peut mettre la main. Mais malheureusement ou heureusement, la défense n’était pas en mesure de vous dire que son téléphone a été ouvert et on l’a manipulé pour appeler X ou Y.  « Des SMS qui ont été envoyés. On n’a pas non plus démontré qu’on a tripoté sur ses appels antérieurs. Des appels sur son téléphone sont restés intacts. Les opérateurs qui sont sur le plan international ne peuvent pas tripoter les données pour le besoin de la cause et il n’y a pas de raison », dit-il, avant de s’interroger, qui va oser corrompre les compagnies de téléphonie cellulaires qui sont du reste mondiales ?

Comme on peut bien s’en rendre compte, à travers l’exploitation des relevés téléphoniques, moyens de preuve supplémentaires, le Tribunal veut lever tout doute sur la participation de ces prévenus aux attaques qui ont ensanglanté la ville province de Kinshasa. Il voudrait aussi éclairer sa religion, pour que le verdict à intervenir soit proportionnel aux crimes perpétrés et pour décourager d’autres qui seraient tentés de  verser dans une entreprise criminelle similaire.

(JMNK)

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