Affaire Chebeya en appel: Le verdict de la Haute Cour Militaire attendu le 17 septembre

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La Haute Cour Militaire a entendu hier à l’ex- Prison centrale de Makala la réplique de différentes parties au procès, à savoir les parties civiles, le Ministère public, la défense et la République. Toutes ces parties ont confirmé leurs plaidoiries de la dernière audience.

Elle a pris l’affaire en délibéré et a fixé le verdict au jeudi 17 septembre prochain après avoir donné la parole aux prévenus qui, dans leurs dernières déclarations, ont tous clamé leur innocence et réclamé leur acquittement pur et simple.  

 

Les avocats des parties civiles, de la défense, de la République ainsi que l’Officier du Ministère public ont répliqué aux différentes plaidoiries de la dernière audience. L’on a assisté à une envolée oratoire des avocats de différentes parties au procès. Au finish, toutes ont confirmé leurs plaidoiries faites à la dernière audience.

Controverse autour de l’autopsie de Chebeya

Les avocats des parties civiles sont revenus sur l’autopsie de Chebeya dont ils contestent le rapport médical au motif que ledit document est écrit en néerlandais et dont la traduction en français faite par le Dr Tshomba, médecin légiste est inexact, selon eux.

La République dira que cette autopsie a été faite en présence de 17 personnes y compris des médecins néerlandais, deux directeurs de la Police scientifique, un photographe et le 2è secrétaire d’ambassade de l’Ambassade des Pays-Bas à Kinshasa. Rappelons que pour la Défense et la République, Chebeya est mort d’une mort naturelle (causée par des abrasions et équinoses), tandis que les parties civiles affirment que l’infortuné a été asphyxié.

Les préjudices sexuels subis par les veuves Chebeya et Bazana

S’agissant des préjudices sexuels subis par les veuves Chebeya et Bazana auxquels les parties civiles ont fait allusion dans leurs plaidoiries qualifiés d’immoralité par la République, celle-ci, citant un doctrinaire, a dit qu’on ne peut parler de préjudices sexuels que dans le cas où il y aurait eu des lésions des organes génitaux qui pourraient affecter la procréation. Pour elle, paraphrasant Montesquieu qui fut avocat, a dit qu’il faut prôner les bonnes mœurs dans son œuvre « Esprit des lois ».

« Un réquisitoire pédagogique », dit le Ministère public

Quant au Ministère public, il est revenu sur son réquisitoire musclé où il a de nouveau chargé le Colonel Mukalay, le traitant de cerveau-moteur de l’association des malfaiteurs ainsi que son « jumeau » (le mot est de lui) Georges Kitungwa. Pour lui, ce réquisitoire est plutôt pédagogique.

Un avocat de la défense le prendra au mot : « Où a-t-on vu un réquisitoire pédagogique où il n’y a que des supputations, des conjectures, des hypothèses, un réquisitoire dépourvu de preuves palpables. Car, le Ministère public ne nous a pas dit avec précision où, quand, qui, comment, avec quoi et pourquoi Chibeya a été tué ? C’est un réquisitoire qui, plus tard, sera jugé et condamné car toutes les questions posées demeurent sans réponses précises ».

« La défense a craché sur le cadavre de Chebeya », a dit les parties civiles

Les parties civiles ont vivement fustigé les propos de la défense qui a qualifié tous les activistes des Droits de l’homme comme des aventuriers. Par ces propos, « on a craché sur le cadavre de Chebeya, ce qui est intolérable ».

Mais, la défense a démenti ces propos et a mis plutôt l’accent sur le fait que le Renadhoc n’avait pas qualité juridique quand il a comparu à l’audience du 3 décembre 2010 puisque, selon elle, cette structure n’a eu la personnalité civile que 23 jours plus tard, soit le 26 décembre 2010.

Les dernières déclarations des prévenus

Après avoir entendu la réplique des différentes parties pendant plus de 6 heures (avec une petite interruption de cinq minutes), le président de la Cour a accordé la parole aux cinq prévenus. Tous ont clamé leur innocence et ont demandé leur acquittement pur et simple.

Daniel Mukalay a notamment dit qu’il n’avait aucun problème avec Chebeya, celui-là même qu’il a fait libérer quand il était incarcéré pour avoir écrit un document où il demandait que le système carcéral en RDC soit humanisé. Et c’est lui qui le lui a rappelé lors d’une rencontre fortuite dans une banque de la place. Et de poursuivre : « Je n’y suis pour rien dans la mort de Chebeya. Je suis innocent. C’est un montage grossier, œuvre de mes détracteurs. »

Pour lui, c’est un procès politique qui a des ressemblances avec le cas de feu Koyagialo dans l’affaire « lititi mboka » en 1990 où il n’y avait qu’un seul étudiant mort pendant que les politiciens et la presse internationale l’avaient récupéré et on connaît la suite. Un procès, à l’en croire, où l’on a « fabriqué des témoins » pour faire de faux témoignages en son endroit.

Face à la cour, Georges Kitungwa Amisi, Ngoy Mulongoy, Michel Mwila et Blaise Mandiangu ont tous abondé dans le même sens. Ils ont clamé leur innocence et demandé leur acquittement pur et simple.

Sur ce, la Haute Cour Militaire a clos les débats, et a pris l’affaire en délibéré et annonce le verdict pour le jeudi 17 septembre 2015.

(Denis Lubindi  )      

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