Acteurs politiques : les responsabilités partagées

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La situation politique qui prévaut en République démocratique du Congo est atypique face aux enjeux de l’heure. Le pays de Lumumba est sur une mauvaise pente et ça sent mauvais dans les états-majors des partis politiques. Les uns jouent aux sapeurs-pompiers, les autres jouent à la pyromanie  tandis qu’une autre catégorie joue à l’opportunisme.

Face  à cette situation dangereuse qui guette le pays, les sensibilités se surchauffent face au processus électoral. Les uns appellent ce processus de tous leurs vœux, tandis que les autres ne jurent que sur l’embrasement du pays pour trouver leur compte, bien entendu partager le pouvoir pour éviter la sanction populaire.

Face à l’impasse provoquée par la classe politique, en tout cas pas le peuple, les acteurs politiques se réfugient tous, derrière ce même peuple qui joue également à l’ambivalence au moment de tenir les discours politiques. Rien de surprenant, lorsque ce peuple se retrouve avec les T-Shirt de tous les partis politiques puisqu’ayant  décelé que l’homme politique congolais ne joue pas franc jeu. Ainsi donc, aucun parti politique ne peut s’arroger le droit de la popularité surtout dans la Capitale Kinshasa, devenue une unité de mesure de chaque acteur politique. Au lieu de miser sur les meetings, les présidents des partis politiques doivent miser sur le recrutement, sur les candidats potentiels de pourvoir un siège au parti. Malheureusement, bon nombre aligne leur copine, ami, membres de famille pourvu qu’il soit là. Une erreur !

 

L’enjeu électoral face à la mort politique

Pour les analystes et observateurs de la scène politique congolaise, au regard du populisme de certains acteurs politiques de croire avoir conquis tel ou tel coin du pays, seul les élections peuvent déterminées le potentiel de chaque parti politique. Pour y parvenir, l’organisation des élections à la base sont aussi importante que de viser l’élection présidentielle. Le Président élu n’appartient pas à un parti politique fut-il qui a présenté sa candidature, mais au peuple. Tandis que, les partis politiques qui aspirent à la conquête dudit pouvoir doivent avoir une base susceptible de lui octroyer des sièges de leurs élus.

Ironie du sort, bon nombre d’acteurs politiques n’entendent pas de cette oreille !

Que veulent-ils, s’interroge l’opinion ? En réalité, beaucoup d’entre les partis n’ont pas une base populaire susceptible de leur octroyer même un siège aux locales, municipales et même provinciales. C’est tout l’acharnement sur le refus d’organiser les élections de la base au sommet.

Compte tenu de cette insuffisance de faire asseoir le parti sur tout le territoire national, les analystes et observateurs de la scène politique ont catégorisé les acteurs politiques en 5 catégories.

Il y a ceux qui sont philosophes. Ces derniers n’ont aucune valeur de la mise en place d’un plan de développement du pays. A ces philosophes s’ajoutent les politiciens médiatiques. Sans médias, ils sont nuls, sans capacité mobilisatrice. Ils amplifient souvent ce qui est minimisable ; susciter la population dans les médias. A eux, s’ajoutent les politiques de la confrontation et surtout des insultes. Cette catégorie n’est pas en même de développer un projet de société, développant par conséquent un discours de haine contre un individu. Sa formule de développer le pays, c’est lorsque Kabila va quitter le pouvoir. Ce qui importe c’est la réplique sur tout ce qui bouge. Sans événements de l’autre camp, rien ne peut se faire dans son parti politique, souvent composé des membres de famille et autres suiveurs.

En plus d’eux, il y a les politiciens idéologues. Ils ne sont pas avec la population ; ils ne développent que les théories politiques. Souvent, ils sont en arrière-plan. Enfin, les opportunistes. Cette catégorie est très dangereuse dans la vie politique de la nation. Souvent ambivalente selon la direction du vent. Le cas de le dire, le respect de la Constitution n’est pas un projet de société. En fait, c’est de la mascarade.

Somme toute, au lieu que les acteurs politiques sensibilisent les leurs à l’enrôlement en fonction de la détermination de nombre de sièges par rapport aux enrôlés, l’homme politique se caractérise dans le rejet de tout processus, au point de condamner le Chef de l’Etat qui a relayé la pensée de la Ceni. Surtout lorsque cette dernière affirme que le processus d’enrôlement prendra 16 mois. Donc, le calendrier d’élection ne peut qu’être proposé à la classe politique qu’après ce processus. Quoi de plus normal de sensibiliser la diaspora, à qui le vote lui a été privée depuis la Constitution du 18 février.

Responsabilité partagée

Espérons que le Calendrier  qui sera élaboré, proposé par la Ceni ne subisse le même sort que les deux précédents qui ont prévu la date de l’élection présidentielle dans le délai constitution. Donc, la classe politique est responsable du processus électoral en commençant par l’opposition qui l’avait rejeté ; puis le Gouvernement qui est resté bloqué, passif au financement dudit processus. Quant à ce du fait que le processus a de problème, on y croit plus par le rejet du calendrier par l’opposition. Comment le gouvernement pouvait-il donner les moyens à la Ceni, alors que le processus était contesté? Toutefois, sa responsabilité ne pouvait pas l’empêcher de commencer les activités quelque part. Vint ensuite la Communauté internationale qui a alimenté la polémique entre Majorité présidentielle et l’opposition. Depuis 2013, elle a promis le financement qu’elle n’a jamais débloqué. Pour preuve, depuis l’autofinancement de 2011 par le gouvernement et même de l’octroi à la Ceni des véhicules de l’armée et d’un avion-cargo qui assure les opérations dans la province du Nord Ubangui Donc, il y a volonté d’organiser les élections, tandis que  la communauté internationale ne brille que dans les vociférations juridique, que juridisme du respect des délais constitutionnels par l’organisation des élections du sommet à la base. Son acharnement quant à ce, un arbre qui cache la forêt et ce qui se passe à l’Est du pays n’est pas anodin.

Il faut épingler également la classe politique en général. Depuis que les deux calendriers ont été récusés, ils multiplient les débats dans des médias au lieu de travailler sur la faisabilité des élections. Plus ils débattent, moins le délai s’écourte.

Enfin, la société civile qui a attendu 2016 pour s’alarmer alors que son rôle de gendarme est d’observer les élections. C’est elle qui devrait rappeler à l’ordre la classe politique qui se dispute le sexe des anges et la couleur de la peau de Dieu. Elle a contribué également à la contestation du calendrier. Elle a manqué à son devoir également. D’où, les responsabilités partagées de la classe politique.

(Pius Romain Rolland)

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