Accès aux soins complets d’avortement centrés sur la Femme: La 1ère phase de la mise en œuvre lancée en RDC

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Après l’étape de vulgarisation, appropriation et domestication du Protocole de Maputo, spécialement dans son article 14, alinéa 2, point C, lié à l’accès par les femmes aux avortements médicalisés en cas de viol, agression sexuelle, inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère et la vie de la mère et du fœtus, la République Démocratique du Congo entre dans la phase de la mise en œuvre. Etape importante qui vient réaffirmer l’engagement de la RD Congo à sauver des vies des femmes à travers l’accès aux avortements médicalisés conformément à l’article 14 du Protocole de Maputo et mettre fin aux avortements clandestins.
Vingt-deux formateurs de formateurs dont 18 médecins, deux sages-femmes et deux infirmiers sont en formation à Kinshasa du 20 au 23 février 2019 sur l’accès aux soins complets d’avortements centrés sur la Femme (SCAF). Activité rendue possible par l’Ong internationale Ipas et la coalition des partenaires pour la Santé de la Reproduction. Il s’agit-là de la première phase de la mise en application du Protocole de Maputo en République Démocratique du Congo. A en croire le docteur Jean-Claude Mulunda de l’Ong Ipas, en attendant l’élaboration des normes directives par le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR), les prestataires ainsi que les communautaires vont être formés, afin de les préparer à l’étape de l’offre des services à travers toutes les provinces de la RDC. Ainsi pour cette première formation, seules les provinces du Nord et Sud-Kivu, le Tanganyika et Kinshasa y prennent part. La deuxième concernera les provinces du Haut-Katanga et Lualaba, a révélé le Docteur Mulunda.
« Nous formons d’abord. Entretemps, les normes sont en train d’être élaborées, et d’ici fin mars, nous aurons les normes élaborées par le PNSR et les personnes déjà formées afin que les clients bénéficient des services liés aux avortements médicalisés. Ainsi, il y aura une cartographie des centres de prestation de services d’avortement installés dans certains hôpitaux publics qui sera publié dans les jours qui viennent », a-t-il indiqué.
Cela étant, IPAS et toute la coalition des partenaires pour la Santé de la Reproduction saluent l’implication du Gouvernement congolais, à travers la présence dans cette formation des directeurs provinciaux du Programme National de la Santé de la Reproduction, des Médecins chefs des zones de santé et des hôpitaux publics.

Le PNSR salue l’initiative
Cette formation des formateurs sur la maîtrise des normes de l’Organisation Mondiale de la Santé en matière des soins complets d’avortements ne passe pas inaperçue. Et c’est la directrice du Programme National de la Santé Sexuelle de la Reproduction (PNSR), Lis Lombeya, qui a salué cette initiative qui vient permettre aux praticiens formés d’offrir des soins de qualité aux femmes après avortement et de proposer la planification familiale.
« Vouloir ou pas, les avortements, les interruptions volontaires des grossesses se font dans des conditions médiocres et non optimales. Ainsi pour sauver la vie des femmes et préserver leurs fécondités, au niveau international, on a réfléchi sur cela et on a assuré un cadre légal, juridique, pour s’assurer que la personne qui en a besoin, puisse le recevoir de façon optimale. Ainsi, nous n’aurons plus autant d’avortements clandestins que dans le passé afin de préserver la vie des femmes et des adolescentes. On offre ces soins de qualité, mais aussi on s’assure que les femmes ne retombent pas enceintes quand elles ne les désirent pas ; en leur offrant des méthodes contraceptives pour qu’elles maîtrisent elles-mêmes leur fécondité. C’est l’importance de cette session de formation », a-t-elle ajouté.
De noter par ailleurs que selon l’étude EDS 2013-2014, 10% des grossesses non désirées se terminent par un avortement à risque en RDC, un pays où la mortalité maternelle est estimée à 846 pour 100.000 naissances vivantes. Ce qui constitue un des taux les plus élevés au monde. Avec cette phase de la mise en œuvre du Protocole de Maputo, la RDC vient ainsi réduire la tendance et pourquoi pas mettre totalement fin à cette mortalité maternelle.
Déjà à travers la formation des médecins, infirmiers, magistrats, journalistes et tant d’autres prestataires, l’Ong Ipas matérialise donc sa vision d’aider le Gouvernement congolais dans ce processus de vulgarisation, domestication et mise en œuvre du Protocole de Maputo.
Bernetel Makambo

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