Accès à l’électricité : grand défi des Congolais

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Dans un discours sur l’Etat de la Nation devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, le Président de la République Joseph Kabila Kabange avait entre autres indiqué que l’amélioration progressive des conditions de vie des populations congolaises passait également par la réforme et la libéralisation du secteur de l’Electricité. Et c’est le grand défi que doit relever le Gouvernement de la République et ses partenaires du secteur.

A ce jour, l’on estime à seulement 15 % la moyenne de la population congolaise ayant accès à l’énergie électrique. Et à cause de la vétusté des infrastructures énergétiques, la République démocratique du Congo arrive jusqu’à importer de l’électricité en certains coins du pays.

Et pourtant, en plus de ses innombrables ressources naturelles du sol et du sous-sol, la Rdc regorge également une forte potentialité énergétique. Rien que pour l’hydroélectricité (sans compter les autres énergies telles que solaires, éoliennes, etc.), le pays est à même de produire une capacité de 100.000 mégawatts (Mw) d’énergie électrique et ainsi, pouvoir électrifier voire toute l’Afrique.

Dans sa recherche des solutions pour relever ce défi du déficit énergétique dans le pays, l’Etat congolais s’investit dans la réalisation de divers projets spécifiques dans le secteur de l’électricité, à court terme. Entre autres, la construction achevée du barrage de 13,8 Mw à Matebe, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu ; la réhabilitation en cours des centrales d’Inga 1 et 2 au Kongo central, celle de Tshopo dans la nouvelle province de la Tshopo ainsi que celles de Nseke et Nzilo dans le grand Katanga qui devrait porter le productible de 800 Mw à 1.300 Mw.

Il y a lieu de noter aussi la construction largement engagée des centrales de Zongo 2 dans le Kongo-central (travaux avancés à 75%), de Kakobola dans la province du Kwilu et de Katende dans le Kasaï-central, qui, ensemble, devraient produire près de 230 Mw ; etc. Et à moyen terme, le Gouvernement de la République s’investit dans la construction du barrage d’Inga 3 basse-chute devant produire 4.800 Mw, dont 2300 Mw seront destinés à la satisfaction de la demande intérieure.

L’entrée en opération de ces différents ouvrages, avait indiqué le Chef de l’Etat, devrait ainsi améliorer le taux de desserte en électricité qui reste encore faible à travers le pays, par rapport à la moyenne africaine de 30 %.

Coup d’œil sur le barrage d’Inga 3

Sur les 100.000 mégawatts (ou 100 gigawatts) du potentiel énergétique estimé que possède la Rdc, 40 % de cette capacité (40.000 Mw ou 40 gigawatts) sont concentrés dans le seul complexe énergétique d’Inga dans la province du Kongo central. Deux grandes centrales hydrauliques existent déjà dans ce site : les barrages Inga 1 (d’une capacité de 351 Mw avec six tribunes dont deux seulement fonctionnent) et Inga 2 (d’une capacité de 1424 Mw avec 8 tribunes dont 5 en fonction), construits pendant la deuxième République.

Selon des experts, pour utiliser toute la capacité de 40.000 Mw du site d’Inga, il faudrait donc continuer à y ériger des barrages jusqu’à Inga 8. Voilà pourquoi, le Gouvernement de la République s’attèle-t-il, à travers le Partenariat public-privé, à réaliser d’autres centrales hydroélectriques en plus de celles qui existent déjà dans ce complexe énergétique d’Inga. D’où le projet Grand Inga (qui va d’Inga 3 à Inga 8) pour plus de 100 milliards de dollars américains.

C’est ainsi qu’il a été créé en date du 13 octobre 2015 par Ordonnance présidentielle, l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-Rdc) qui est l’autorité compétente notamment pour la promotion, le développement et la mise en œuvre du projet hydroélectrique Grand Inga. Lequel consiste dans le développement du site énergétique d’Inga, à partir du barrage d’Inga 3 jusqu’à Inga 8.

En vue de la mise en œuvre dudit projet, un Comité interministériel (sept ministères) pour le développement du site d’Inga (CODESI) a été ainsi mis en place, et est présidé par le Premier ministre.

Et au jour d’aujourd’hui, l’Etat congolais est déjà à pied d’œuvre pour la construction d’une troisième grande centrale hydroélectrique sur le site d’Inga. Il s’agit du barrage d’Inga 3 basse-chute (il y aura également Inga 3 haute-chute), d’une capacité de 4.800 Mw. Selon le Gouvernement, c’est donc la première phase de l’aménagement du Grand Inga en une série de projets hydroélectriques.

Les travaux pour la construction de ce barrage Inga 3 Bc devraient en principe durer cinq à sept ans. Le projet comporte donc sept phases. Le coût pour la réalisation de ce premier volet du projet oscille autour de 12 milliards de dollars américains. Un consortium privé (ou développeur du projet) devrait se charger de la construction du barrage ainsi que d’autres infrastructures connexes sur le site.

Au départ, il y avait neuf ou six développeurs qui étaient en lice. Quelques temps après, ils étaient restés à trois. Et actuellement, il ne reste plus que deux groupes de développeurs dans le processus compétitif de sélection.

Notamment, les chinois Sinohydro et Three Gorges Corporation (exploitants du barrage chinois des Trois Gorges, actuellement le plus important au monde) et les espagnols Activadades de Construccion y Servicios (ACS), Eurofinsa et AEE. Le groupe des coréo-canadiens Daewoo, Posco et SNC Lavalin ayant désisté en juin 2016.

Dans ces 4.800 Mw d’énergie électrique que devrait produire le barrage d’Inga3 Bc, il sied de signaler que la Rdc et l’Afrique du Sud (ESKOM) avaient déjà signé et ratifié en date du 29 octobre 2014, un traité pour la vente crédible de 2.500 Mw, lequel avait été validé par le Parlement de la République en 2014, et entré en vigueur le 20 mars 2015.

Il y aura la vente de 1.300 Mw à l’industrie minière de l’ex Katanga, dont également une partie sera accordée à la SNEL pour la population du Sud et de l’Est du pays (Kolwezi, Ruzizi), ainsi que la vente de 1.000 Mw qui seront destinés à la Société nationale d’électricité, SNEL pour la consommation domestique de la population de l’Ouest et du centre du pays et autres industries.

Plaidoirie pour la réhabilitation du barrage de Zongo 1

En outre, la Société civile recommande au Gouvernement de la République et aux partenaires du secteur de l’électricité en Rdc d’apporter leur appui, à réhabiliter la centrale hydroélectrique de Zongo 1 (61 ans d’existence), toujours dans la province du Kongo central, qui se trouve depuis quinze ans aujourd’hui, en état d’abandon total. Sur ses cinq groupes (puissance installée totale de 75 mégawatts), deux seulement fonctionnent et les trois autres sont en arrêt.

Pire encore, il n’existe aucun projet en perspective en faveur de la réhabilitation de ce barrage de Zongo 1. Voire son personnel, pourtant qualifié (l’occasion pour nous de saluer ici la SNEL pour avoir valorisé l’expertise nationale en positionnant dans différents sites des barrages, des ingénieurs congolais de haute facture), y est vraiment démotivé.

Toutefois, cette centrale a servi le pays pendant plusieurs années et continue de desservir aujourd’hui une bonne partie de la capitale Kinshasa, notamment, dans la commune de la Gombe, dans les quartiers Badiadingi, Lemba Salongo, Camp Kabila, etc. La Société civile conseille l’Etat  congolais de ne pas commettre l’erreur de négliger la centrale hydroélectrique Zongo 1, pour ne privilégier que la construction de Zongo 2, qui est  à ce jour, achevé à plus de 75 % grâce au concours de l’entreprise chinoise Syno Hydro.

Elle plaide pour que la réhabilitation de ce barrage, voire sa totale reconstruction, soit également prise en compte dans le programme gouvernemental de construction et exploitation des centrales à moyenne puissance, à l’instar de plusieurs autres projets spécifiques à court terme, cités ci-haut, dans le secteur de l’électricité. Aussi, mène-t-elle un plaidoyer pour que le Gouvernement de la République et la SNEL procèdent rapidement à la réhabilitation de la centrale hydroélectrique Zongo 1 et de motiver son personnel.

Si seulement cette centrale Zongo 1 est réhabilitée, elle est à même de continuer à servir le pays encore plus longtemps, en produisant plus de mégawatts d’énergie électrique pour la population de Kinshasa (qui souffre du manque criant de la desserte en électricité et du phénomène de délestage), pour celle du Kongo central ainsi que pour d’autres coins de la République. 

De l’implication de la Société civile

Signalons par ailleurs que la Société civile est très engagée au suivi des projets Grand Inga et Inga III basse-chute. Et dans le cadre du projet financé par la Fondation OSISA (Open society initiative for southern Africa), les acteurs de la Société civile mènent des plaidoyers en diverses directions pour que ce projet Inga 3 Bc profite plus à la population congolaise.

Ils recommandent au Gouvernement d’indemniser les populations affectées par la construction des barrages Inga 1 et Inga 2, et aussi, celles qui seront affectées par la construction du barrage Inga 3. Aussi, réclament-ils une implication totale de la Société civile et des communautés locales dans toutes les phases du projet.

La Société civile exige également des études complémentaires au préalable (dont les études d’impacts environnementaux et sociaux) avant le démarrage du projet, et cela, jusqu’à Inga 8. Et, encourage-t-elle le Gouvernement à développer aussi beaucoup plus de micro-barrages, barrages à taille moyenne, et d’autres énergies renouvelables.

Enfin, la Société civile voudrait connaître l’état des lieux de l’assistance financière de la BAD qui a notamment servi à la réalisation de l’étude de préfaisabilité (EDIRA : étude de développement d’Inga et des réseaux associés) réalisée par les firmes AECOM et EDS-France. Elle recommande en outre au Gouvernement de la République d’accorder des moyens nécessaires à l’ADPI pour l’aider à s’organiser.

Lepetit Baende

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