Abandon de la révision du code minier: Global Witness demande à la Rdc de revenir à sa décision

par -
0 668
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Le ministre congolais des Mines qui aurait pris cette décision

La décision prise par la République démocratique du Congo (RDC) d’abandonner la réforme de son Code minier fait passer le pays à côté d’une opportunité cruciale d’améliorer la gouvernance de son secteur minier et d’apporter une importante contribution à la réduction de la pauvreté à travers le territoire congolais, a déclaré Global Witness aujourd’hui. Peut-être que la Rd Congo estime que le contexte international caractérisé par la chute des cours des matières premières ne permet de continuer la réforme de cet important instrument pour l’attrait des investissements dans ce secteur

Le ministre congolais des Mines a déclaré à des investisseurs que son pays renonçait au projet d’actualisation de son code minier, d’après Bloomberg. En effet, depuis 2012, le gouvernement congolais négociait les amendements à apporter à la version archaïque de cette législation datant de 2002. Cette décision revient donc à tirer une croix sur les quatre années d’efforts consacrés à la réforme, et tombe tout juste neuf mois avant l’élection présidentielle qui pourrait conduire à la première passation de pouvoir pacifique en RDC.

La RDC est le plus gros producteur de cobalt au monde et le plus gros producteur de cuivre d’Afrique. Sa richesse minérale se monte à plusieurs trillions de dollars, mais de vastes sommes ont été détournées du trésor public à cause de la corruption et de la mégestion, pour atterrir dans les poches de chefs de milices et de membres de l’élite fortunée. Les 80 millions d’habitants que compte la RDC, dont la plupart vivent dans une pauvreté extrême, ne bénéficient guère de cette richesse. Le pays souffre d’une violence cyclique depuis deux décennies, qui est en partie alimentée par la concurrence autour de la richesse minérale.

« La faiblesse de la réglementation du secteur minier fait que le gouvernement congolais ne dispose pas des recettes nécessaires pour payer les écoles, les hôpitaux et les routes dont la population a tant besoin. Tirer une croix sur les efforts de réforme de cette loi représente une opportunité manquée de grande ampleur pour un pays où, si elles étaient gérées correctement, les recettes de l’exploitation minière pourraient offrir un moyen crucial de se sortir de la pauvreté et de contribuer à la stabilité », a déclaré Nathaniel Dyer, chef de l’équipe Congo à Global Witness. « Le gouvernement congolais semble avoir cédé aux pressions de l’industrie visant le maintien des modalités fiscales avantageuses et des réglementations laxistes en vigueur dans le secteur minier de la RDC. »

Malgré une forte croissance ces dernières années, le secteur minier de la RDC a été mis à mal par une gouvernance insuffisante, qui a fait perdre au pays des recettes minières colossales. Dans l’est de la RDC, jusqu’à 98 % de la production artisanale d’or sort du pays en contrebande, ce qui, de nouveau, fait perdre au pays des millions de dollars de recettes fiscales qu’il pourrait consacrer à des travaux publics. Le manque d’application et la faiblesse des règles en vigueur ont facilité ces pertes.

Les discussions sur la révision du Code minier ont impliqué des consultants juridiques internationaux ainsi qu’une série de réunions de consultation de large ampleur dans la capitale congolaise, Kinshasa. Des ONG et le secteur privé s’étaient déclarés d’accord sur certaines réformes. Une version préliminaire de la nouvelle loi, datant de mars 2015, reposait entre autres sur l’emploi de nouveaux termes, certes vagues, mais prometteurs sur la publication des contrats, sur un processus d’appels d’offres transparent et sur la divulgation de l’identité des propriétaires réels. Le gouvernement a désormais abandonné toutes ces démarches d’une manière inexplicable.

« La République démocratique du Congo ne peut se permettre de maintenir un système par lequel des contrats de plusieurs millions de dollars peuvent être conclus dans le secret, au lieu d’être soumis à un processus d’appel d’offres ouvert, et aux propriétaires réels des titres miniers de se cacher derrière des entreprises anonymes. Il faut que le gouvernement revienne sur cette décision et reprenne les consultations sur une nouvelle loi qui permettra à la population congolaise de bénéficier des recettes minières », a commenté Nathaniel Dyer.

(JMNK)

 

 

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse