A trois jours des élections: Le discours incendiaire de la Cenco inquiète

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A trois jours des élections (présidentielle, législatives nationales et provinciales) en République démocratique du Congo, des discours incitant à l’intolérance et à la haine se multiplient, faisant craindre le pire le jour de la proclamation des résultats. Et ce, pendant que les élections ne sont pas une fin en soi et la Rdc a besoin d’oublier cette étape, pour se concentrer sur le développement du pays. Mais à ce jour, l’opinion a du mal à distinguer entre le discours d’un homme de Dieu et celui d’un politique ou un politicien. Ainsi, lorsque l’Abbé Donatien Nshole parle, l’on ne  comprend pas s’il le fait en tant que porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), ou  le fait-il par devoir de redevabilité vis-à-vis de Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur de la riche province de Katanga ?

Au vu de cette ambivalence, non seulement les fidèles catholiques, mais aussi une bonne frange de la population est surprise de constater que certains religieux profitent de leur position dominante au sein de l’Eglise catholique, pour battre campagne en faveur d’un camp, en l’occurrence celui de Martin Fayulu, candidat par procuration des puissances  impérialistes. L’Eglise est devenue un lieu indiqué pour eux de battre campagne en faveur de leur candidat, laissant dans émoi tous les autres fidèles qui ne partagent pas leur point de vue. Et ce, pendant que la Bible est claire à ce sujet : « Rendez à César ce qui est à césar, et à Dieu ce qui est à Dieu ». On a vite oublié que l’Eglise n’appartient pas seulement à l’opposition, mais aussi à la Majorité. Pour ce faire, elle doit rassembler tout le monde, en lieu et place de diviser ou d’opposer les Congolais entre eux.

Qui oublie que les paroisses ont  d’énormes difficultés de  fonctionnement et le peu d’argent mobilisé termine leur course dans des poches privées ? Le comble, c’est le fait qu’à ce jour, les paroisses vivent sur base des cotisations et il est prouvé que c’est la Majorité présidentielle à travers ses cadres qui contribue plus. Malheureusement, ce sont eux qui sont vilipendés à longueur des journées par la troupe à Monsengwo et Ambongo. Et cela, au vu et au su de tout le monde. Il importe de souligner ici que les chrétiens n’ont pas besoin de ce climat créé de toutes pièces, mais d’une Eglise qui soit au milieu du village. Sinon, à force  de sanctionner un seul enfant au milieu de tout le monde, celui-ci risque de se rebeller. Et ceci ne sera pas bon pour l’Eglise-mère.

Au-delà de la prise en charge des paroisses, il y a un sujet qui fait l’actualité : il s’agit de la guerre que mène le Pape Benoit XVI contre la pédophilie. C’est un thème important pour moraliser les prêtres, mais qu’on néglige éperdument en Rd Congo, pour se cacher derrière la politique. Des évêques ont démissionné pour avoir couvert ces pratiques et des paroisses sont tombées en faillite, faute de soutien des paroissiens. Disons aussi que les écoles catholiques ne sont pas épargnées par cette crise qui frappe l’Eglise, mais que l’on feint d’ignorer.  En dépit de la hausse du minerval constatée, les conditions d’études dans ces écoles ne se sont pas du tout améliorées. C’est ici que plusieurs historiens préviennent pour éviter que l’on ne retombe encore dans le conflit de triste mémoire entre l’Eglise et l’Etat, ou entre Mobutu et Malula.

L’appel à peine voilé à la violence

Un autre discours incendiaire a été tenu par Monseigneur Fridolin Ambongo Besungu, Archevêque métropolitain de Kinshasa. C’était lors de son message aux chrétiens de Kinshasa et aux hommes de bonne volonté, qu’il a intitulé : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1). Dans sa harangue à l’occasion de la Noël 2018, le nouvel archevêque s’est permis d’affirmer que la vraie paix aujourd’hui dans notre pays exige que les élections aient lieu à la date fixée du 30 décembre 2018. La vraie paix aujourd’hui, c’est aussi que les résultats qui seront publiés puissent réellement refléter la volonté du peuple exprimée dans les urnes.  Ceci pour dire que le remplaçant de Laurent Monsengwo à la tête de l’église de Kinshasa autorise à la population de recourir à des manières fortes, au cas où non seulement la date du 30 décembre ne serait pas tenue, mais aussi si les résultats publiés ne reflètent pas la volonté du peuple exprimée dans les urnes.

C’est ici où nombreux voudraient savoir, de quels instruments Mgr Ambongo ainsi que la population disposent, pour conclure que les résultats ne traduisent pas la volonté du peuple. Certains milieux avisés y décèlent un appel à peine voilé à la révolte et au chaos, mieux une stratégie bien connue pour conduire à une transition sans Kabila, en dépit de l’organisation des élections. C’est aussi une façon pour eux de lancer un appel de pied à cette communauté internationale, qui attend qu’une occasion lui soit offerte pour se déployer. Mais ils devraient savoir que le peuple congolais est déterminé à organiser des élections apaisées, pour une alternance pacifique au pouvoir.

L’Avenir

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