A travers une pétition:Jean Marie Kassamba alerte «Le Kasaï est sinistré »

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Une vue de Jean Marie Kassamba, chargé de visibilité du projet présidentiel de la Révolution de la modernité. Ph.Tiers
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Débarquer à Mbuji-Mayi par avion sans être scandalisé par l’ état piteux de la piste de l’ aéroport de Bipemba, c’ est comme aller à Paris sans visiter la tour Eiffel.

Démonstration combien   patente d’un Kasaï – Oriental qui se meurt à petit feu. Tenez, pas inutilement besoin d’ avoir des lunettes à monture dorée qui s’ obscurcissent aux rayons solaires comme celles du cardinal Monsengwo pour se rendre à l’ évidence de la très triste et cinglante réalité.

De Tshikapa à Kananga en passant par la désormais ex-capitale mondiale du diamant, la vie devient quasi intenable, la pauvreté outrée dépasse désormais les limites de l’ humainement supportable. Particulièrement à Mbuji-Mayi, tout ou presque est candidat à la réfection à défaut de la reconstruction. Pas d’ industries, les infrastructures vieillissantes, les routes impraticables, l’ espace Grand Kasaï attend toujours son Moise.

Qui pour lui sortir de cette pauvreté honteuse et lui ôter la sulfureuse figure de  parent sans ressources ? A Kinshasa, une des voix les plus audibles crient au secours. De retour de Mbuji-Mayi où il a séjourné avant la célébration de ses cinquante ans de naissance, feté avec faste à l’ hôtel du fleuve,  Jean Marie Kassamba veut interpeller la mémoire collective.

Digne fils du terroir, le patron de télé 50 a initié une pétition contre deux mandataires, celui de la régie des voies aériennes et son collègue de l’ office des routes. Le natif de Kabeya Kamuanga reproche à ses deux hauts gestionnaires, leur passivité dans le désenclavement notamment du Kasaï –Oriental. Dans cette interview, l’ enfant terrible de Kabeya Kamuanga n’ y va pas par quatre chemins pour dénoncer à haute voix les pratiques politiciennes incarnées par les ressortissants Kasaïens qui ont sacrifié le développement de la contrée à l’ autel des intérêts égoïstes.

Ci-dessous l’ intégralité de l’ interview d’ un JMK qui dit tout, sans détour ni management.

G.A : Jean Marie Kassamba, bonjour

JMK :Bonjour

G.A : Pourquoi une pétition pour le développement du Grand-Kasaï ?

JMK : Ma pétition porte essentiellement sur le désenclavement du Kasaï, notamment le Kasaï-Oriental. La réhabilitation de l’ aéroport de Mbuji-Mayi qui est un danger maintenant. Un danger parce que, non seulement, il y a eu des accidents mais il faut réparer la piste, ça ne coute que trois millions de dollars. Trois millions seulement. Il faut dire que sans cet aéroport, la province est enclavée. Deuxièmement, ma pétition vise la réhabilitation du tronçon Mbuji-Mayi, Lac Munkamba qui va relier la ville de Kananga pour permettre que les marchandises qui viennent de Lubumbashi arrivent aussi à Mbuji-Mayi

G.A : Une pétition, pensez – vous que c’ est tout ce qu’ il faut aujourd’hui pour le Kasaï ?

JMK : Non, je crois qu’ il faut aussi redonner confiance aux congolais notamment les Kasaïens, parce que ça fait très longtemps que l’ espace Grand Kasaï  est délaissé malgré la présence de beaucoup de ses ressortissants dans les institutions, au premier plan dans la gestion du pays depuis 1960. Aujourd’hui, le Kasaï  est sinistré…

G.A : A quoi consiste votre appel ?

JMK  :C’ est un appel à la prise de conscience des Kasaïens pour qu’ ils voient comment les autres provinces se sont développées. Dernière province en date, c’est celle du Maniema. Quand vous y allez, eh bien, Kindu est devenu une ville moderne, il y a toutes les infrastructures alors que Matata n’ a fait que quatre ans comme premier ministre.

G.A : Pourquoi s’ en prendre aux responsables de la RVA et de l’ Office de Route ?

JMK : Je lance cette pétition contre les dirigeants de la RVA qui doivent mobiliser les trois millions de dollars très rapidement pour les travaux de réhabilitation de la piste de l’ aéroport de Bipemba ainsi que contre les dirigeants de l’ office de route qui doivent mettre du carburant parce que le président de la République a déjà acheté les engins pour ouvrir la route Lac Munkamba-Mbuji-Mayi. On doit le faire dans un premier temps.

G.A : Vous affirmez que le Grand Kasaï  est délesté, peut-on dire que cet espace paye le prix de sa proximité avec les milieux de l’opposition ?

JMK :Non, le Kasaï  paye le mauvais message et la duplicité de certains de ses leaders politiques notamment Kalonji Ditunga, lui-même, qui au lieu de participer au gouvernement de Lumumba a préféré aller faire l’ Etat autonome du Sud Kasaï et la répression qu’ il y a eu avec les troupes du gouvernement central de Lumumba a fait que, on a été considéré comme une province rebelle. Pendant toute la période du règne de Mobutu, Tshisekedi qui accessoirement était au premier plan, parce que c’ est bien lui qui a rédigé notamment le manifeste de la Nsele, il a été parmi les commissaires généraux, eh bien, lui, les Mumkamba Kadiata Nzemba et les autres, n’ ont orienté aucun projet de développement au Kasai et la plupart de ceux qui ont dirigé notamment la Miba, ( Minière de Bakwanga, NDLR), ce sont les Kasaïens qui ont complétement détruit cette entreprise. Bref, aujourd’hui, le Kasaï est victime de sa prise en otage par certains de ses leaders qui continuent jusqu’à aujourd’hui à être considéreé comme le trouble fait de la marche de la nation. Conclusion, c’ est le petit peuple qui paie. Donc, moi j’ alerte pour que la nouvelle génération ne soit pas toujours victime des gens qui prennent l’ argent la nuit et le jour, ils se disent « Opposants ». Voilà mon cri de cœur…

G.A : Vous pensez mieux faire que les parlementaires ressortissants du Kasaï ?

JMK : Je veux mieux faire que ces députés qui ont été élus et qui ne partent jamais là –bas. Qui touchent chacun dix mille dollars et qui n’ont même pas, réhabilité un banc. Citez – moi un seul député qui est rentré à Mbuji-Mayi, à Ngadanjika et ailleurs. J’ en connais aucun. Personne ne rentre pour ne serait – ce que s’ occuper des problèmes du Kasaï. Personne n’ a déposé au niveau de l’ assemblée nationale, des projets de loi ou même des questions au gouvernement par rapport à tel ou tel autre dossier du Kasaï. Donc, c’ est un échec patent.

G.A : Jean Marie Kassamba, comment expliquer ce réveil spontané ?

JMK : Il n’est pas tardif ni spontané, nous, nous avons fait confiance aux élus et au leadership de notre province mais le Congo ne fait que continuer son bonhomme de chemin. Je vous ai parlé de 1960, je n’étais même pas encore né. Tout le monde a fait confiance à un réveil d’ Etienne Tshisekedi dans les années 80, ça montre aujourd’hui les catastrophes. On commence à recruter des enfants qu’ on drogue pour aller tuer leurs propres frères. Bruler le peu d’ infrastructures qu’ il y a, ce n’ est ça de la politique ni la démocratie.

G.A : Vous lorgnez sur un poste ?

JMK : Pas du tout. Je suis préoccupé par le sort des miens. Je suis allé dans l’école où j’ ai appris, j’ ai trouvé que c’ est pire encore qu’à l’ époque du maréchal Mobutu. Il faut qu’ on fasse passer un message autre que celui du mensonge permanent.

G.A : Etes-vous en train de préparer le terrain pour les législatives ?

JMK : Nul n’ est besoin de se présenter aux élections pour s’ occuper des problèmes des siens. Moi, j’ ai ma famille là-bas, elle souffre, il faut que ceux qui ont l’ imperium, le vrai puisse investir aussi chez nous. Donc, être élu pour ne rien faire, ça ne fait rien. Qu’ont fait ceux qui ont été élus ? Pas grand-chose. Je veux seulement alerter les consciences de tous les Kasaiens, partout où ils sont, ici ou ailleurs qu’ ils se rappellent quand même d’ où ils viennent.

G.A : Nous vous souhaitons une bonne chance

JMK :Merci

 

Interview réalisée par Jean Pierre Kayembe

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